RER D : aucun agresseur n’ira en prison, bravo Valls-Taubira !

En mars 2013, suite à l’attaque d’un RER D en gare de Grigny par une bande de jeunes voyous, qui ont frappé et dépouillé les voyageurs, Manuel Valls déclarait : « J’ai dénoncé ces faits avec la plus grande fermeté en me rendant sur place. Il est intolérable que des bandes sèment la terreur et s’en prennent ainsi aux Franciliens qui doivent pouvoir emprunter les transports en commun en toute tranquillité. Je ne veux pas banaliser ces violences…. Nous allons les harceler en permanence et les résultats viendront très vite ». Mais trois mois plus tard, le verdict du tribunal d’Evry en dit long sur la « fermeté » du gouvernement ! Dix mois de prison avec sursis pour les peines les plus sévères, avertissement « solennel » et 70 heures de travaux d’intérêt général pour les autres. Autant dire que ce genre de sanctions, loin d’avoir un effet dissuasif, ne peut que renforcer le sentiment d’impunité des délinquants et même les auréoler au sein de leur clan, car chez des jeunes hostiles à l’autorité de l’Etat, toute condamnation a valeur de décoration.

Contrairement au discours de Christiane Taubira, ce n’est donc pas la prison qui est source de récidive, mais la clémence, laquelle, en brouillant l’image du bien et du mal, ne fait qu’encourager la fuite en avant dans la délinquance. Que peut signifier un « avertissement solennel » pour un jeune qui n’a plus aucun repère et ne comprend que les rapports de force ? Ce nouvel exemple du laxisme judiciaire de notre pays prouve si besoin est, l’immense fossé entre le discours de fermeté affiché devant las caméras et les actes qui en découlent. Le bilan du ministre de l’Intérieur est d’ailleurs éloquent. Cambriolages et violences contre les personnes explosent tandis que le taux d’élucidation des crimes chute, au point qu’on ne peut plus parler seulement d’un échec, mais d’une véritable débandade du gouvernement face aux voyous.

Voilà où mène la politique du renoncement permanent de Christiane Taubira, à la capitulation pure et simple de l’Etat devant la violence. Quant à Manuel Valls, que certains ont pris un peu vite pour le « dur » de l’équipe gouvernementale, il n’est qu’un imposteur dont les boniments ne trompent plus personne. Hormis ses déplacements sur les lieux de chaque crime, pour y afficher sa « condamnation la plus ferme », il ne fait que subir la loi des voyous. Avec son bilan accablant, pas de quoi pavoiser et jouer les gros bras. Aussi longtemps que nos gouvernants ne connaîtront pas les vertus « éducatives » de la tolérance zéro, ainsi que la nécessité d’impliquer les familles en les touchant au portefeuille, la délinquance ne pourra qu’exploser. Jusqu’où ?

Jacques Guillemain

image_pdf
0
0