Respecter la démocratie, c’est accepter le verdict des urnes

Publié le 31 mars 2014 - par - 1 406 vues
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sortons-lesSoyons cohérents : ou le Front National est un parti « raciste », « fasciste » et « xénophobe », et l’on doit l’interdire ; ou il est un parti respectueux des lois de la République, et l’on doit le respecter. Or, jusqu’à nouvel ordre, le Front National est un parti légaliste, qui n’appelle à aucun soulèvement armé, et qui comprend dans ses rangs des Français de souche, des Français issus de l’immigration et des Français de couleur. Que faut-il donc de plus pour que ce parti soit considéré comme un simple « parti politique », et non comme le retour des « heures les plus sombres de notre Histoire » ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la réponse n’appartient pas au Front National, mais à ses adversaires, dont le dénominateur commun affiche la même politique sitôt qu’il s’agit de battre le Front National.

Si encore il s’agissait  de « politique » ! Il s’agit en réalité d’« éréthisme », chacun voulant la mort du Front National !

Les actuelles élections municipales nous en donnent d’ailleurs un aperçu. Ainsi, à Billy-Montigny, dans le Pas-de-Calais, le candidat UMP n’hésite pas à s’allier avec le maire communiste sortant, pour faire barrage au Front National. De même, à Forbach, le député UMP apporte son soutien officiel au candidat socialiste, pour battre Florian Philippot. Mieux : le candidat UMP et le candidat socialiste ont organisé, à cet effet, un meeting commun !

Et ce n’est pas près de finir : un grand démocrate, assurément, envisage de délocaliser le festival d’Avignon si le candidat du Front National triomphe dans cette ville, tandis qu’un autre (1) entend annuler un match de rugby à Béziers, si Robert Ménard l’emporte.

Mais ces décideurs aux mains pures – qui ne cessent de défendre « des idées d’ouverture, d’accueil de l’autre », ou encore le « goût du vivre-ensemble » ! (2) – savent-ils qu’un candidat à la fonction de maire n’est élu maire que s’il obtient la majorité des suffrages ? Savent-ils ce que signifie le mot « majorité » ? Savent-ils que dans une démocratie véritable, le peuple est « souverain », comme le rappelle à juste titre Rousseau ? Savent-ils enfin qu’un vote doit être respecté, comme doit l’être la personne qui l’exprime, sans quoi il ne sert à rien de voter ? Quelle idée se font de la politique et du peuple français ceux qui ne tolèrent jamais que le peuple français puisse penser autrement qu’eux-mêmes ?

L’incohérence et l’intolérance vont ensemble, hélas ! Si, après avoir voté à droite, je vote à gauche, je suis en progrès, puisque la gauche – et elle seule, évidemment ! – représente les « forces de progrès » (3). Dans le cas contraire, je régresse, et me voilà « réactionnaire ». Et si, d’aventure, je décide de voter pour le Front National, je « dérape », « glisse », et « m’égare » dans les eaux « nauséabondes » des politiques de fin du monde.

Mais qu’au soir du 30 mars 2014, le Front National obtienne de nombreuses municipalités, et les réactions de violence que l’on est en droit de redouter ne seront pas « nauséabondes » : elles auront le parfum de la liberté ! Il n’y aura ni « dérapages », ni « glissades », ni « égarements » : nous vivrons la grandeur du « front républicain » ! La démocratie, dans sa vitalité même, s’illuminera comme s’illuminent les véhicules incendiés, et nous aurons sous les yeux le vrai visage de l’UMPS, c’est-à-dire le mépris jeté à la face de tout un peuple !

Maurice Vidal

(1) Il s’agit respectivement d’Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon, et de Mourad Boudjellal, président du Rugby Club Toulonnais.

(2) « Moi (…) je ne vois pas comment le festival pourrait vivre, défendre ses idées qui sont des idées d’ouverture, d’accueil de l’autre, je ne vois pas comment le festival pourrait vivre à Avignon avec une mairie Front national, ça me semble inimaginable » (Olivier Py).

De son côté (mais sur un autre sujet), Mourad Boudjellal  en appelle au « goût du partage et du vivre-ensemble, comme le Rugby Club Toulonnais le fait au quotidien » (Lettre adressée au Président de la République, 29-03-2014).

(3) On se demande donc ce que peuvent bien représenter les autres partis !

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