Résumé du discours de Valls aux émeutiers : « Messieurs les jeunes, je vous ai compris »

Publié le 15 août 2012 - par - 2 226 vues
Share

Messieurs les « jeunes », messieurs les encapuchonnés, rassurez-vous :« je ne suis pas venu passer ce quartier au kärcher, je ne suis pas venu pour insulter. » a tenu à préciser Manuel Valls, si l’on avait un doute quelconque sur sa détermination de Ministre de l’intérieur.

Rassurez-vous, vous tous qui avez canardé et caillassé la police et blessé dix-sept policiers.

Rassurez-vous, tous ceux qui avez incendié une école maternelle -cet odieux symbole de l’oppression « néocoloniale » et de la discrimination-stigmatisation des « jeunes »…

Rassurez-vous, vous qui avez carbonisé des voitures de voisins à l’arrêt, incendié un bâtiment communal, brisé des abri-bus, stoppé des voitures et sorti de force les conducteurs pour mettre le feu à ces véhicules…dormez sur vos deux oreilles.

Vous qui êtes sorti du « quartier », vous qui avez battu la campagne amiénoise et frappé à coups de barre de fer un paysan sur son tracteur, n’ayez pas d’inquiétude.

Dormez en paix, braves « jeunes » mal-compris

Dormez tranquilles, vous autres, toutes victimes de la maladresse et du manque de considération de nos forces de l’ordre : Je ne viens pas pour vous capturer. Je ne viens pas pour vous faire déférer ni en comparution immédiate ni plus tard.

Je ne viens pas non plus pour vous faire condamner  -comme notre juge l’a fait il y a quelques jours, avec célérité et détermination, avec cet affreux couple de méchants néocolonialistes qui s’étaient crus autorisés à pouvoir impunément injurier les vôtres et à tirer à la carabine à plomb, en leur direction, parce que la rupture du jeune sacré les aurait gêné.

Même s’il n’a blessé personne, même si cette arme n’était qu’un jouet, ce vilain couple illustrait un passé excécrable. Nous lui avons fait passer le goût d’exprimer avec vigueur une exaspération dont nous ne voulons pas entendre parler.

Vous, les « jeunes », ce n’est pas bien ce que vous avez fait, c’est sur, mais il y avait certainement des causes légitimes. Nous allons les rechercher, ces causes.

Comptez sur notre hollando-taubirisme ; grâce à lui nous châtierons les fautes professionnelles des policiers, s’il y en a eu, comme vos proches le pensent et comme l’IGS va le montrer.

Bouxviller est l’objet de nuits de violences

Comme à Amiens, la ville alsaciene est en état d’assiégée. Ici aussi, la violence décomplexée, provenant de « jeunes », se décline vigoureusement en caillassages de la police, -et ici, pas des pompiers mais des forains-, et en incendies de voitures.

Ignorons-le !

Faisons comme si cela n’avait pas lieu, semble dire -de conserve avec les médias télévisés- le ministre de l’intérieur hollando-taubiriste. Bouxviller, ça doit être loin, très loin, ou quelque part, ailleurs, on ne sait où. D’ailleurs, l’Alsace, est-ce que ça existe ?

Quant à Toulouse, le secrétaire général de la Préfecture a commis un sommet d’hypocrisie, passé sur « Itv » ce matin : Il ne s’y passe rien à Toulouse. Toulouse ce ne serait pas Amiens. Rien à voir entre les deux villes, parce qu’ici, dans la ville rose, on n’aurait pas affaire à des « violences urbaines », on ne serait pas en présence d’une explosion forcément légitime de « jeunes », mais seulement confronté à un groupuscule, à quelques « jeunes ».

Dormez en paix braves gens, les autorités hollando-taubirisées  veillent sur vous.

Un million d’euros de dégâts à Amiens. Combien à Bouxviller ? Combien à Toulouse ?

Ne parlons pas d’argent, semble dire, grand seigneur, le doux et gracieux ministre de sa majesté Normal Premier.

D’ailleurs, nos « jeunes » et leurs familles sont le plus souvent non-imposables, insolvables donc.

Comment pourraient-ils rembourser ce qu’ils ont détruit, ou que leurs fils ont détruit, par le feu, les balles, les battes de base-ball et les barres de fer, ces braves « jeunes » en colère ?

Ce sera donc aux caillassés, aux propriètaires de voitures incendiés, aux assureurs et à tous les contribuables, de régler la note.

Solidarité et ouverture aux autres obligent !

Rassurons-nous, nous aussi, la « visite de la famille du jeune qui a succombé à moto a pu apaiser (…) je vous rappelle qu’un jeune sur deux est
ici au chômage »
concluait, ce midi, la journaliste du journal régional de la « trois ».

Et les « colonies » me demanderez-vous ? Pourquoi les évoquer dans votre titre ?

Pourquoi, vous ne voyez pas ?

Je voulais commencer par là cet article. En effet, ce matin, le journal d’ITV (« Direct »- 9h14) donnait en brève : « Israël proteste contre une résolution de l’UE concernant les colonies ».

Comme pour Amiens, Bouxviller et Toulouse, on était là dans le langage convenu, dans le langage politico-journaleux distordant la réalité, pour la rendre méconnaissable et normalo-compatible.

Dans cette information, le noyau réel, les faits qu’il fallait découvrir sous la capuche du traitement journalistique, était celui-ci : l’Union européenne avait exclu, de l’accord de libre échange avec Israël, plusieurs localités israéliennes devenues des « colonies » pour l’AFP et ITV. C’est en particulier le cas de Modi’in.

Modi’in est une petite localité agricole

Modi’in est coincée entre Petah tikva (une des localités juives fondées, sous l’empire ottoman, par les kibboutzim de la décennie 1880-1890) et la ligne d’armistice de 1949.

L’union dite européenne qualifie de « territoires contestés ou contreversés » ces quelques centaines d’hectares de terres agricoles méthodiquement cultivées depuis 1870 et les années suivantes par des pionniers, des Juifs revenus à l’agriculture qui leur était interdite par leur statut de dhimmi (dans les pays d’islam) ou par différentes législations discriminatoires, dans la majorité des pays de chrétienté.

Du côté palestinien, personne n’avait encore contesté ces parcelles agricoles et leur localité adossées à la ligne d’armistice de 1949. L’union dite européenne le fait pour eux.

Ne dit-on pas d’ailleurs, de ce côté de la barre, -à savoir, les organisations constituant l’Autorité palestinienne-, que si l’on ne reconnaît pas les frontières israéliennes résultant de la guerre déclenchée et perdue en 1967 par la nouvelle coalition des pays « arabes », on reconnaît par contre celles produites par la ligne d’armistice de 1949, la ligne née de la guerre lancée par les Frères musulmans et la Ligue arabe fin novembre 1947 pour réaliser l’extermination des Juifs et l’expulsion des survivants s’il s’en trouvait?

Une nouveauté donc, l’Union européenne ne reconnaît plus cette ligne de 1949. Elle avantagerait Israël et les Juifs…

Elle déclare : territoires à la possession étatique « contreversée », ces quelques parcelles de quelques centaines d’hectares chacune, souvent méthodiquement cultivées par des Juifs, depuis un siècle et demi. Pour les médias (ITV), cette décision revient à qualifier de « colonie », donc de présence juive illégitime, ces quelques arpents méthodiquement mis en valeur depuis un siècle et demi.

Cette agriculture là est déclarée personna non grata par la ci-devant « union européenne »

J’entends déjà votre question : mon ami, quel est le rapport entre ces faits politiques là et les nuits d’incendies de Toulouse, Amiens, Bouxviller ? Vous ne voyez pas ?

Valls aime la loi. Notre ministre la fera respecter, vient-il d’affirmer, la sueur visible au front et à la commissure des lèvres. Il fera respecter la loi… en passant l’éponge sur les attaques à main armée subies par des unités de police.

Il aime la république, notre gracieux ministre, c’est pourquoi il ne déclarera pas crime contre la république l’incendie d’une école maternelle et l’attaque armée d’un poste de police.

Son chef et sa collègue, le/la Garde des Sceaux, n’ont pas réagi à cette couardise pitoyable. Vous trouvez cela incohérent et lamentable ? Moi aussi, mais je n’en suis pas du tout étonné.

Valls, Hollande, Fabius, Moscovici, et tant de leurs collègues, tous ardents soutiens de ce gouvernement, aiment Israël, eux aussi…ils le disent

Ils aiment la résurrection étatique de Sion. Ils s’en vont, de commémoration en commémoration, pleurer sur les mânes de ses enfants assassinés. Mais ils votent, au sein de l’union européenne, un processus économique et politique mettant en route un mortel étouffement d’Israël, en l’écartelant, en lui contestant des portions vitales de son minuscule territoire.

Ils aiment Israël, ces doux seigneurs. Ils aiment les Juifs, ces ministres normaux et leurs émissaires normaux siégeant dans les instances de l’union européenne. C’est sur, on le voit.

Ils détestent la shoah. Elle ne doit pas être oubliée, ils le disent !

François Hollande l’a annoncé, solennellement, les sanglots dans la voix et la main sur le cœur le 14 juillet dernier. C’est pourquoi ce brave homme, ce parangon de vertu normale et de sincérité faite homme, vote, comme membre de l’union européenne, le démantèlement d’Israël.

Valls et tout le gouvernement, -dont il est un des ministre d’Etat-, aiment la république.

Ils aiment la paix civique. La preuve : on ne vient pas insulter les caillasseurs, on vient apaiser. On ne nettoiera donc pas Amiens de son groupe d’incendiaires. Par contre, Messieurs et Mesdames, on va enquêter sur nos propres actions de maintien de l’ordre et, s’il le faut, on sanctionnera, une fois encore…les policiers.

Dans les deux situations, la normalo-taubirie, c’est le double langage, à un échelle tendant vers l’infini.

Dans les deux situations, c’est aussi et c’est surtout : la débandade.

Dans les deux situations, c’est une tactique et une gestion calamiteuses rappellant celles de ceux qui, face aux forces armées hitlériennes déferlantes, affirmaient : qu’ils allaient « gagner la guerre » et que, déjà, ils avaient coupé la route du fer », vitale à l’industrie de guerre hitlérienne.Et l’on a vu.

Alon Gilad

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.