Retour bref sur les “Versets sataniques” et le silence mélenchonien

Cette dénomination (qui n’est pas de Rushdie) fait référence à de réels versets (sourate 53) relatant la tentation qu’a pu avoir le leader islamique de poursuivre la politique tolérante de sa famille et des habitants de La Mecque car ils vivaient pour une part du pèlerinage que faisaient certains dans l’enceinte nommée bien avant l’islam “Le Cube” et qui abritait plusieurs icones de diverses religions, certains parlent même d’une représentation de Marie mère de Christ ; mais Mahomet refusa que ce lieu fut partagé, aussi sa famille et les habitants  le chassèrent (et non pas violemment comme l’historiographie le reconstruit) et, pour preuve, lorsqu’il revint en conquérant à la Mecque il détruisit toutes les autres représentations religieuses, confirmant ainsi qu’il en avait fini avec la tentation de partage indiquée dans ladite sourate 53…

Aussi et sans revenir spécialement sur l’historique de la controverse (sanglante) autour du livre qu’écrivit Rushdie à partir de cette sourate (quelques paragraphes sur cinq cent pages) il est possible d’interpréter le geste de l’écrivain comme cet effort (désespéré) cherchant à renouer précisément avec cette idée de tolérance gisant dans cette sourate 53 et qui semble provenir moins du “côté obscur de la Force” et plus de son versant “rationnel” qu’autrefois les mutazilites tentèrent de continuer à insuffler avant d’être détruits par les littéralistes intransigeants qui donnèrent un Ghazali (refus de la philosophie) puis un Wahab (refus de la séparation “moderne” entre politique et religion) et qui aujourd’hui dominent l’exégèse malgré les tentatives de l’islam dit “libéral”.

Or Rushdie semble bien réfléchir, quoique en agnostique selon ses dires, à la lumière même de ce dernier courant de pensée qui fut appelée en France “islam des lumières” une texture en réalité introuvable ailleurs sinon en un Occident protégeant comme toujours ses futurs ennemis (il en fut de même pour le FNL vietnamien, le FLN algérien, Khomeiny, sous pression de Foucault sur Giscard, et diverses autres structures tiersmondistes…). Les principaux intellectuels du globalisme transnational (façon BHL et consorts) firent ainsi croire qu’il était possible de réitérer l’effort des mutazilites à vouloir “réformer” un texte classé pourtant d’emblée surnaturel c’est-à-dire “incréé” sacré donc intouchable gravé dans le marbre et qu’il s’agit seulement de réciter de s’y mouler tout en imitant dans chaque geste le dit “envoyé” y compris lorsqu’il égorge par exemple  les Banu Qurayza et il fut imité en “Algérie”, avant et après 62, mais aussi plus récemment par les combattants “français” d’Isis en Syrie et ailleurs…

Bien sûr ce “littéralisme” est combattu, du moins sur le papier, par les représentants de l’islam “officiel”, mais ce pour des raisons tactiques, du moins en majorité ; pour preuve d’ailleurs la façon dont leurs principaux recteurs refusent aujourd’hui l’expulsion de cet imam controversé (aux propos violemment anti-républicains sur les femmes et les homosexuels) expulsion exigée par le ministre de l’intérieur français, mais refusé par le tribunal…français également…

Certes Saddam Rushdie, ayant vécu depuis des années cette intolérance que défendent les assassins à ses trousses, a bien vu au fur et à mesure l’impasse de son geste qui permit cependant à nombre d’huluberlus de la lumpen intelligentsia (telle une Fourest, avant de se recycler dans la chasse aux dits “antivax”) de se faire un nom, brandissant bien sûr l’étiquette “extrême droite” à la moindre critique ou mise en lien de l’islam et de l’islamisme oubliant que la “vraie” extrême droite admire l’islam et les Arabes à commencer par le nazisme (tendance historique)…

Nous en sommes donc là : l’assassin de Salam Rushdie plaide “non coupable” ce qui est parfaitement compréhensible, au-delà de sa consonance juridique US, il n’est pas coupable puisqu’il ne fait que son devoir imitant ainsi son Guide ; certes, et sans doute d’aucuns trouveront son geste “injustifié” alors qu’il se situe pourtant dans la droite ligne de ce que subissent nombre d’occidentaux en l’occurrence français, et ce tous les jours, signant ainsi l’échec total de tout ce courant dit “tolérant” dont est issu Rushdie, aujourd’hui battu en brèche désormais par le mélenchonisme prônant un aggiornamento avec l’islam (admiré par leur Guide) à l’instar de ses camarades trotskistes anglais (SWP) et français (Mediapart) par ailleurs violemment antisioniste (subtilité linguistique pour les différencier de l’antisémitisme traditionnel façon Drumont plutôt que Bloy) jusqu’à fignoler récemment une proposition de loi en rapport (sur l’apartheid supposé en Israël) et surtout classer sans suite ou comme “faits divers” toute action maléfique opérée par l’un de leur protégé du moment qu’il se dit musulman ; pour preuve la difficulté de trouver une occurrence sur Google concernant une réaction de Mélenchon envers la tentative d’assassinat à l’encontre de Rushdie, et ce pas plus sur son fil Twitter, pas plus sur celui de LFI, or qui ne dit mot consent ?… Selon l’adage…”français”, il est vrai (donc d’ “extrême droite”)…

Lucien Samir Oulahbib

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2 Commentaires

  1. qui ne dit mot consent ! LFI est bien muette , eux pourtant si diserts à blablater devant n’importe quel micro…

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