Retour du Cambodge : l’incroyable impunité des Khmers rouges

Publié le 30 juin 2014 - par - 1 326 vues
Share

Mon très récent séjour au Cambodge a réactivé le concret d’une des plus sanglantes horreurs contemporaines. Le massacre de masse d’un quart de la population de ce pays, dans un cadre de souffrances indicibles n’a épargné personne.

Tous ont été touchés, laminés par les tueries, les déportations, l’esclavage, la famine organisée, la destruction systématique des relations familiales, la volonté d’abolir les cultures, les identités antérieures et le plaisir, l’inhumanité extrême d’un système de pensée censé viser le bonheur pour tous dans un ordre nouveau, et promouvoir un homme nouveau dans une société parfaite, sans classes…

Une telle intensité des drames soulève des séries de questions majeures :

Comment cela peut-il se produire, quelles conditions, quel contexte psychique rendent possible de pareilles « folies » meurtrières, comment des hommes parviennent à détruire leurs semblables sans hésitation, sans sentiment de culpabilité, avec autant de détermination … ?

Et tout penser en seuls termes politiques ou sociaux m’apparaît dérisoire devant l’ampleur et la fréquence du phénomène.

Pour quelles raisons l’impunité des bourreaux s’avère t’elle si habituelle après des faits aussi évidents?

Existe t’il actuellement  des modes de pensées dogmatiques et totalisants susceptibles de reproduire des catastrophes analogues à celles du Cambodge de 1975 ?

Peut-on agir préventivement et qui est en mesure de diffuser des informations claires et efficaces ?

1)  Le contexte psychique des folies meurtrières massives:

On retrouve dans ces grands massacres un certain nombre de constantes, non exhaustives :

– un ensemble systématisé de « vérités explicatives » globales et closes, présentées comme scientifiques ou religieuses, supposées reposer sur un socle de « valeurs morales supérieures», sur ce que devrait être l’homme idéal pour un monde parfait : altruisme total tendu vers le bien pour tous, prêt au sacrifice suprême pour son identité, pour l’avenir d’un bonheur enfin sans conflits, avec un mode d’emploi plutôt vague, puisque le plus urgent est de se débarrasser du Mal, incarné par le différent, l’ennemi désigné et déshumanisé, obstacle à détruire ou au mieux à « rééduquer » durement jusqu’à sa conversion ou sa mort.

khmersrouges1 khmersrouges2

– ces vérités fortes sont diffusées par une autorité : un chef charismatique, des disciples souriants et sûrs d’eux-mêmes, un culte religieux flatteur, des rites de communion, un parti qui a toujours raison, sauf quelques erreurs bien humaines, des penseurs… (en l’occurrence, au Cambodge, il faut croire que les promoteurs de la révolution formés dans le Paris stalinien ne se considéraient pas comme intellectuels, puisque tous ceux qui étaient affublés de cette tare étaient systématiquement tués, porteurs de lunettes, lecteurs de livres, photographes, médecins ou parlant une langue étrangère, par exemple…)

Foi totale, vérité incritiquable et autorité respectée légitiment  ensemble la violence qui tient alors du sacré, de la défense de la Cause, de la défense contre « l’agression » des autres et du sentiment d’être victime des ennemis de la révolution.

Le monde est simplifié sur un mode manichéen, binaire, sommaire, facile à catégoriser, séparé en nous-bien-supérieur-moral-humain/eux-mal-inférieur-diabolique-inhumain, mode de relation au monde et aux autres classiquement paranoïaque…

(Note : le paranoïaque « découvre » chez l’autre ce qu’il ne peut voir à l’intérieur de lui-même, en « projetant » son insupportable à l’extérieur et en se parant de vertus internes souhaitées et improbables…

Les idées paranoïaques, les plus apparemment nobles, aboutissent alors aux pires exactions, le bon et juste droit justifie les comportements les plus simplement criminels, et finissent souvent dans une implosion autodestructrice, comme on peut le constater aujourd’hui dans certains pays).

– un nombre suffisant d’adeptes convaincus dans leur foi et d’autant plus décidés qu’ils sont soumis et obéissants, à la « vérité » et à « l’autorité » dans une crédulité à toutes épreuves, surtout celles de la réalité. Leur recrutement ne s’opère pas seulement dans la pauvreté culturelle, intellectuelle et sociale, les dividendes de la foi se récoltent dans tous les refus infantiles de la réalité, aux bénéfices de ce que l’on souhaiterait être.

Parmi les signes caractéristiques du fanatique réussi, l’on retrouve souvent cette certitude totale d’avoir raison , cette absence de sentiment de culpabilité, cette haine profonde pour tout ce qui n’est pas perçu comme identique à soi-même, ce désir d’emprise sur autrui, un mode de relation maître/esclave, dominant/dominé, et la violence comme moyen moteur pour des objectifs interminables…

– ces paramètres sont efficacement verrouillés par un dispositif élaboré de contraintes, sanctions et violences internes et externes qui renforcent la foi par la peur et le non-retour des croyants.

2)   L’impunité :

Seuls les crimes des nazis ont été jugés, à l’issue de leur défaite militaire totale, même si les jugements à terme furent bien imparfaits et limités.

L’épuration (quel mot !) en France n’a duré qu’un temps assez court, interrompu par l’idée de « réconciliation nationale » souhaitée par De Gaulle.

Les éradications massives de Staline, Mao, du Ruanda, du Biafra, des arméniens, n’ont pas connu de procès des responsables, au moins informatifs, vu l’ampleur des horreurs en cause.

Seuls peut-être, les procès d’Afrique du Sud ont pu avoir vertu thérapeutique aussi bien chez les victimes que chez leurs bourreaux.

Au Cambodge, à ce jour , UN seul bourreau a été condamné (en 2012) à la prison à vie. Aucun autre n’a été réellement inquiété. Certains sont morts de vieillesse (ou liquidés par les leurs), d’autres se sont « ralliés » au gouvernement actuel conduit par d’anciens Khmers Rouges « repentis ».

Mais le discours des assassins d’hier comporte des caractéristiques significatives : aucun sentiment de culpabilité, la soumission, l’obéissance absolue, la déshumanisation et la haine du désigné ennemi, la certitude de la foi, la confiance et la peur de l’autorité… (c’était les ordres,… on devait torturer avant de tuer,… si on n’obéissait pas, on était exécuté,… on nous avait dit que c’étaient les ennemis, on devait tuer les enfants des ennemis, car ils deviendraient grands, l’Angkar ne se trompait jamais…).

Guy Sauvage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DES PAROLES AUX ACTES,HIER AU LIBAN, AUJOURD’HUI EN SYRIE,ET DEMAIN ??
Quant au musulman lambda, quel est son profil : A.Malraux « nous avons d’eux une vision trop occidentalisée » Ce sont généralement de braves gens, qui connaissent mal leur religion (idem les catholiques) mais qui sont viscéralement éduqués dans la soumission (islam=soumission) Devant la notion de groupe (louma) la notion d’individu est reléguée au second plan. La recherche des emballages dans les poubelle, l’observance du ramadan du vestimentaire… attestent l’emprise des radicaux sur les modérés, proies et victimes potentielles. Nos craintes sont attisées, suite au contenu et à l’engouement du scandaleux salon du Bourget de l’UOIF. De même selon un récent sondage, 60 % des Musulmans préfèrent la charia, et pour 75 % il n’y a pas d’interprétation possible du coran. Il y aurait donc (pour le moment) 40% de Musulmans préférant les lois républicaines  d’où pas d’attaque aveugle aux personnes. La coranisation des sociétés, phénomène récurrent, a toujours fait débat :

 Islamophobes illustres  des 18-19-20e siècles  : Chateaubriand- Condorcet-Schopenhauer-Bosset- -Tocqueville-deVigny- A.Malraux-W. Churchil-Ch.de Gaulle « Colombey les deux mosquées »…

Islamophiles illustres :  Himmler- von Keyserling-Hitler… Halte à l’imposture alors que :

LE CORAN EST LE CATALOGUE XENOPHOBE RACISTE BLASPHEMATOIRE MORTIFERE ANTI-FEMINISTE

E. Renan conférence à la Sorbonne 1883 « la chaine la plus lourde que l’humanité ait à port

Réquisitoire controlable sur :  lecoran.over-blog.com site d’ex-musulmans athées

le coran folio 4697 (bonne lecture)                                                                                                                                                           

 .                       

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.