Retraites : je suis fort âgé, mais j'émets quelques évidences…

Fort âgé, je ne serai pas concerné par ces réformes. Mais l’expérience du passé permet de conserver quelques lueurs…

Avant toute chose, la bataille engagée est un leurre. Le système est modifié régulièrement tous les 5 ans environ.

Prévoir à 42 ans est soit idiot, soit hypocrite, soit les deux… Faisons avec…

 Commençons par une évidence… même ringarde.

L’homme vit plus longtemps, les enfants ne travaillent plus dès huit ans. Les familles qui abritaient les vieux n’existent plus. La vapeur, l’électricité, maintenant le numérique, ont tout bouleversé.

La victoire des 40 heures, devenues 35, la consommation, les loisirs, ont changé la donne.

Les 65 ans de 1981 devenues… 60… Qui le dit ?

Banalités ? Direz-vous ? Mais tellement explicatives.

La retraite fut un ultime repos. Elle devient pour certains une seconde jeunesse, pour d’autres une attente interminable. C’est selon…

 Ce mode de calcul à « points » est le plus juste qui soit.

Il est lié à l’activité de l’individu durant toute sa vie professionnelle. Une forme de « capitalisation » de l’effort d’une vie. Une addition de « points » qui s’accumulent tout au long de la vie. !

Il ignore toute forme de solidarité, c’est vrai, puisqu’il se rattache à la seule personne et à son seul travail.

Les retraites complémentaires l’utilisent depuis longtemps, à bon escient, et ça marche !

« À chacun suffit sa peine »... Faut-il supporter celle des autres ? Un choix !

 Nous vivons de deux maux, le corporatisme des professions organisées et celui d’un service public privilégié.

 La liste des corporatismes serait interminable, au-delà des 42 régimes spéciaux dénoncés, celle des fonctionnaires d’État, territoriaux ou de service public, tout autant, quand on entre dans les détails.

 « Toute peine mérite salaire », tout salaire mérite retraite. Évidence. MAIS…

 Première question ? Les régimes spéciaux qui remontent au XIXe siècle, avec les primes de charbon !

Ils n’y sont pour rien, mais en profitent. Beaucoup l’ont choisi pour ça. Hélas, l’État « historique » devra payer.

 Deuxième question ? Chaque peine au travail n’est pas égale… Entre les 3 x 8 de l’ouvrier et les technos de Bercy, ce n’est pas pareil… Cols bleus et cols blancs. Une valeur du point positive ou négative pourrait y pourvoir.

 Troisième question ? La condition féminine dont les maternités sont, à la fois, une chance pour le pays, mais aussi une interruption d’une vie professionnelle. Quand on sait combien la politique familiale a été rabotée ! Une honte.

Des points gratuits seraient une solution.

 Quatrième question ? Les accidents de la vie. Tout simplement. Ceux qui, par leur naissance, ou des accidents, perdent l’accès au travail.  L’invalidité vaudrait des points.

 Alors ? LA solution ?

 La question de base à se poser est la suivante :

 « Le montant de la retraite doit-il être calculé en fonction de l’âge ou en fonction des années de cotisation ? »

 « L’âge pivot », tant décrié, impose une durée de travail non uniforme, du fait de l’âge d’entrée au travail. (études ou apprentissage, etc…). Même si ceux qui ont commencé tôt auront « capitalisé » plus longtemps.

 La durée de cotisation est plus proche de la réalité personnelle, même si elle peut défavoriser les accédants après de longues études. Mais, en général, ils gagnent plus.

 Dans les deux cas, le départ à la retraite devrait se faire sur la base de l’estimation des points accumulés, donc d’un niveau de pension, selon leur choix personnel, à leurs risques et périls, sans retour en arrière. !

 Afin de protéger les « inconscients », un minimum de points sera exigé !

 Dans un système « universel », les Caisses complémentaires actuelles seraient supprimées et ponctionnées ?

 L’argent ainsi accumulé serait redistribué aux ayants droit, à chacun d’en faire l’usage. Cela concerne plus de 150 Mds ! Mais l’État lorgne dessus… Insupportable.

 Et c’est là où les économistes matheux et non les politiques et syndicalistes entrent en scène.

 Chaque année, chacun devrait recevoir un document « ET SI JE PARTAIS MAINTENANT ».

Un simple tableau indiquant, en fonction de l’âge (espérance de vie) et stock de points accumulés, la retraite « éventuelle » en cas de départ.

À chacun de choisir ! N’est-ce pas la démocratie ?

 Plus de discussions inutiles !

Consensus sur une liberté individuelle et responsable.

 Pour terminer sur une touche d’humour ?

Seule l’euthanasie obligatoire, comme variable d’ajustement serait la bonne solution !

Michel Rondepierre

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32 Commentaires

  1. « Seule l’euthanasie obligatoire, comme variable d’ajustement serait la bonne solution ! »
    C’est ce que préconise Jacques Attali, sans rire et depuis 40 ans.

  2. Je suis extasié de voir notre bon giscard encore salarié a 93ans . Que les jeunes prennent exemple sur ce grand homme qui a mis la France dans l’opulence et qui malgré son grand age s’échine encore au travail pour un maigre salaire . Il est honteux de la part de notre gouvernement d’exploiter des gens d’un age pareil et je pense que la retraite a 82ans serait déja un grand pas en avant car a cet age là en général vos enfants ont quité le toit familial …a part quelques exeptions !!!

  3. Les points dont on peut baisser la valeur ne sont peut-être pas une bonne idée.
    J’aimerais qu’on commence par les retraites « d’en haut » puisqu’ils nous disent qu’ils veulent un système universel.

    • comme au danemark où la retraite est uniforme pour tous!
      mais là le président des super riches et autres syndicalistes n’en parlent pas, n’en voudront jamais!

  4. Je suis d’accord, c’est la durée de cotisation qui doit être prise en compte.
    Entre celui qui est entré dans la vie active à 14 ans et celui qui est entré à 30 ans, il est normal que le 1er parte plus tôt en retraite.
    D’autre part, pour les entrées tardives (longues études, mais qui en général, génèrent des revenus conséquents, avocats, médecins, etc.); il existe un système depuis longtemps dont personne ne parle : le rachat des trimestres manquants.

  5. Problème évident : qui distribuerait les points ?
    Il est évident qu’il y aurait au moins deux critères : le mérite (on peut l’espérer tout de même) et surtout le piston.

    • Problème évident : qui distribuerait les points ?
      Il est évident qu’il y aurait au moins deux critères : le mérite (on peut l’espérer tout de même) et surtout le piston.
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      A condition d’avoir un syndicat unique et obligatoir !!!

  6. Cet article manque de logique.
    En quoi un document annuel est-il une solution ???
    En quoi serait-il incompatible avec une retraite par point ???
    Sans commentaire sur la touche d’humour… qui pour le coup s’assoit sur la liberté individuelle mise en avant.

  7. Fonction de l’age ou des années de cotisations ??
    Mais comment répondre de manière aussi péremptoire que le système actuel…
    Quid d’une personne ayant commencé à travailler à 16 ans chez papa / maman avant de prendre les rennes de l’entreprise ?
    Quid à l’inverse d’une personne ayant fait des études qui ne servent à rien (de type universitaire non sélective) et faisant des ‘petits’ boulots toute sa vie.
    Les vues simplistes amènent des solutions caricaturales, pour ne pas dire syndicales.
    Dans l’idéal, l’age de la retraite devrait dépendre de l’état de santé de chacun et non de critères systémiques simplistes.

  8. Point 1: Je ne vois pas pourquoi on devrait payer. Ces gens ont été les électeurs privilégiés des politiciens, je n’ai pas peur de penser qu’ils ont volé leurs privilèges. En quoi ces rackets corporatistes historiques devraient rester en l’état. Quand en plus ils gagnent maintenant plus que les autres (en moyenne) ? Certains privilèges compensaient des désavantages, qui ont à priori tous disparus. Ils sont indus, injustes, honteux.
    Point 3, il me semble que la retraite propose une solution: le partage des points du foyer. Que l’on pourrait appliquer au système actuel…
    Par point ou comme aujourd’hui, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Tout est possible, en particulier l’irresponsabilité et la démagogie.

  9. De manière générale, un système équitable devrait se baser sur les mêmes règles simples, avec des dérogations individuelles selon l’état de santé.
    Il est inadmissible de pouvoir cumuler retraite et vie professionnelle.
    Pourquoi ceux qui partent tôt, au prétexte de pouvoir plus travailler, pour la plupart se remettent au travail immédiatement? Pour quoi un pompier/militaire/etc en pleine forme physique est-il incapable de changer de métier ou de continuer à travailler, pour le faire dès qu’il est en retraite en cumul?
    Oui et il ne faut pas se cacher derrière le cas Delevoy. Il faudra bien un jour empêcher les politiques de pomper la nation à des niveaux plus qu’indécents. Ils seraient mieux dans le privé? qu’ils ne viennent pas faire de la politique si de fait seul l’argent les motivent.

  10. Et ce que michel oublie de poser! Le système par répartition a été instauré en plein boom économique et démographique, sans solidarité initiale envers les vieux, qui n’avaient pas cotisé.
    L’économie n’est pas une science, oui les temps qui s’annoncent seront plus durs, plus de boom nataliste, économie en berne, la terre ‘à bout de souffle’.
    Ceux qui ont profité et fait ‘ça’ auraient droit à une retraite juteuse garantie ? et bien NON !!! Cette solidarité à sens unique doit cesser.
    Ce pacte entre une génération et des générations pas encore nées, il est aisé d’en comprendre les dérives faciles. Contrat ou pas, ce pacte est caduque, inique, invraisemblable. Basé sur l’argument de l’espérance de vie estimé dans 40 ans… digne de la cartomancie. Arnaquer ses enfants…

  11. Système à points = enfumage gouvernementl !! L’ARCOO et l’AGIRC, complémentaires employés et cadres sont des système à points, ce qui n’empêche pas que les versements sont gelés depuis quatre ans. Inutile de nous raconter des balivernes, quelques soient la valeur du point et son nombre, les montants en sont bloqués ! En quoi en généralisant toutes les caisses de retraites par un système à point cela en améliorerait les montants. Que le gouvernement arrête de nous prendre pour des billes. CQFD

  12. augmenter l’âge de la retraite car « nous vivons plus longtemps » est un leurre.
    j’ai 4 oncles nés dans les années 30-40 qui ont vécus jusqu’à pratiquement 90 ans , bien qu’ayant fumé toute leur vie. mais , mais, mais..
    plus de la moitié de leur vie ils ont fumé du tabac seul (sans les 250 substances chimiques), ils ont respiré un air pur et mangé des aliments sains à haute valeur nutritive!
    il y’a 50 ans , quand une voiture était sale , la pluie la nettoyait complètement ! Aujourd’hui vous faîtes nettoyer votre voiture et si il pleut elle est dégueulasse !
    Depuis 2 ans il y’a régression sur l’espérance de vie et cela va aller de pire en pire car nous sommes empoisonnés de tous les côtés et bombardés d’ondes de plus en plus fortes (linky, 5g …)

  13. En tant qu’auteur de cet article (je n’ai rien à cacher) je voudrais ajouter que :
    Notre Monde n’agit plus sur la Raison, mais sur l’Emotion, cachant les vérités scientifiques qui seules sont légitimes.
    Retraites, Ecologie, Immigration voire Religion.
    Cacher les paroles, les chiffres, au nom d’idéologies partisanes ne peut que conduire à l’obscurantisme.

    • Tiens, tiens, l’athée païen perdu rationnel scientifique dit que Son monde rationnel scientifique n’agit plus sur la Raison. Bah ça alors! Oh! pauvres athées païens perdus rationnels scientifiques, que c’est triste, j’ai de la peine pour vous, attendez, j’essuie mes larmes.
      Ah bon! Ton monde athée païen perdu rationnel scientifique cache les vérités scientifiques qui seules seraient légitimes. Aïe! aïe! aïe! ça va vraiment mal dans Ton camp, c’est le capharnaüm, le bordel, le mensonge. Mais dites-moi, pourquoi entre vous, vous vous cachez les vérités scientifiques?

    • Ah bon! enfin vous nous avouez candidement que Votre camp athée païen perdu rationnel scientifique conduit à l’obscurantisme. Mais quel aveu, monsieur rend les armes, tombe à genoux, avoue Son échec, Sa défaite, Son impuissance.
      Moi aussi, je n’ai pas trouvé drôle votre humour.
      «Seule l’euthanasie obligatoire comme variable d’ajustement serait la bonne solution!»
      C’est ça votre humour? Mais comment peut-on écrire de telle monstruosité? Réfléchissez!

  14. Bien sûr ce que vous émettez à une grande apparence de bon sens (hormis l’humour final), sauf que :
    1) Quel que soit l’âge de la retraite, il y a une période de creux ou de vide dramatique, car en France le « jeunisme prévaut », et on commence à chercher à dégager les « travailleurs » ou à réduire leurs salaires à partir de 45 ans… Il faudrait aller vois du coté des pays nordiques, anglo-saxons ou scandinaves combien la mentalité des employeurs à l’égard des « seniors » est différente (meilleure utilisation des compétences complémentaires,cumul emploi-retraite…),
    2) On oublie un peu vite qu’une grande partie du déséquilibre financier procède d’un taux de chômage massif et qu’il serait peut-être plus intéressant de mieux utiliser les enveloppes de formation et d’améliorer notre

    • Education nationale en allant voir par exemple ce qui se passe en ces domaines du coté de certains pays nordiques ou asiatiques pour améliorer notre taux d’activité (en atteignant un maximum de 5% de taux de chômage),
      3) Les fonctionnaires ne se rendent pas bien compte de que coûtent leurs retraites puisque ce sont nos impôts qui les financent pour la plus grande partie (certains syndicats comptent même vraisemblablement la-dessus pour conserver certains privilèges d’un autre âge !), il faudrait donc mieux les responsabiliser en mettant en place des indicateurs objectifs de productivité par secteur; je pense qu’on ferait ainsi clairement apparaître les disparités ce qui permettrait de mieux lisser ainsi les ressources disponibles pour les salaires immédiats et différés ,
      ,

      • de cette catégorie de travailleurs. Il n’est pas inutile de rappeler ici que la question du surcoût de la fonction publique en regard des autres pays à niveaux économique et social pas trop éloignés a été savamment éludée par ‘ensemble de la classe politique,
        4) Si le miroir de la solidarité nationale aveugle et sans limite semble chevillé au corps d’une majorité de Français, il y aurait lieu de réserver le système de la répartition à niveau de retraite minimum pour tous – salariés des secteurs public et privés, indépendants, agriculteurs etc. (par exemple, dans les conditions actuelles de 1000 euros, en pouvoir d’achat évolutif avec réversion à 70%) à conditions d’avoir travaillé par exemple au moins 10 ans,
        5) Offrir à tous ceux qui ne se contentent pas de ce niveau moyen de pension

        • un choix entre adhérer à des systèmes complémentaires par répartition professionnelles ou par capitalisation à titre individuel (le plus juste financièrement). Quant aux cris d’orfraie que j’entends déjà à l’utilisation du seul mot de capitalisation (qui contient en soi le mot horrible et détesté de capital), mon expérience de financier me permet de balayer les contre-arguments qu’on va immédiatement m’opposer : – sur une longue durée (40 ans de formation d’épargne pendant qu’on est actif et 20 ans de consommation de cette quand on est inactif ) les seules sources de vraies créations de richesses réelles sont les entreprises et toutes les économistes « objectifs » savent bien que la croissance (plus-values + profits) est largement supérieur à celui de la production nationale ; et

          • heureusement car s’il n’en était pas ainsi cela voudrait dire que nous serions en faillite !
            -Si la capitalisation des entreprises en tendance longue période est positive, elle progresse d’une manière sinusoïdale avec des pics et des creux (des hauts et des bas) il est clair qu’il vau mieux éviter les « bas » quand le capital se transforme en rentes ! Les financiers, grâce aux nouveaux instruments financiers, savent maintenant parfaitement gérer ces risques; ne serait-ce qu’en fonction d’une date de sortie en tente prévisible la possibilité de transférer petit à petit les actifs en une série de produits obligataires à maturité adapté (ps de risque de perte en capital).
            D’ailleurs ce serait « gagnant-gagnant » car tous les financiers avertis savent très bien qu’ainsi les efforts d’épargne

            • seront largement récompensés (rendements 2 à 5 fois supérieurs que la répartition, à gestion par ailleurs fort coûteuse, à condition que l’Etat exerce sa fonction de contrôle avec rigueur pour écarter tous les futurs gestionnaires-escrocs trop appâtés par des gains immédiats…
              Et puis cette épargne, elle existe déjà pour partie ; elle s’étale sur grande quantité de livrets où elle dort tranquillement au lieu d’aider aux financements d’entreprises françaises, créatrices d’emplois !
              Quant au fameux âge-pivôt de la retraite, adptons la donnée moyenne pratiquée en Europe et basta…

    • On a déjà vu plus court. Un conseil, recommencez et envoyez votre article à la rédaction de RL pour publication.

  15. Un plaisir de vous retrouver Michel, au travers de cette brillante analyse.
    Humour ou pas, votre conclusion est à revoir !
    Bien à vous,
    Marie

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