Rien ne justifiait l’arrêt des soins de Vincent Lambert

Publié le 11 juillet 2019 - par - 267 commentaires
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Vincent Lambert, qui n’était pas dans un état végétatif comme les médias aux ordres ont voulu le faire croire,  est décédé ce matin après neuf jours d’arrêt non pas des soins – il n’en recevait pas – mais d’arrêt de nourriture et d’hydratation. Vraisemblablement il est mort d’un arrêt cardiaque, à la suite de la forte sédation subie et de l’absence de nourriture et d’hydratation, qui avaient fortement détérioré ses fonctions.

C’est probablement la sédation, couplée à la dénutrition, qui l’a tué. Il n’est donc pas mort de mort naturelle, mais de la main de l’homme.

On ne peut, très loin d’être soulagés, qu’être atterrés par un tel gâchis. De toute évidence la loi Clays-Léonetti a montré là ses limites. Elle a totalement manqué de précision.

Cette loi n’aurait pas dû aller contre le simple bon sens. En effet la nourriture et l’hydratation d’un malade, d’un mourant, sont un devoir, et non un soin, depuis toujours. Il faudra donc si nous voulons récupérer notre humanité, revenir un jour là dessus.

Un immense gâchis car Vincent Lambert était devenu l’otage – au sens propre du terme puisque enfermé à double tour et ne pouvant jamais voir la lumière du soleil – d’un lobby de partisans de sa mort programmée.

Alors qu’il n’était que handicapé, et avait seulement une sonde gastrique, laquelle aurait pu être supprimée avec un peu de bonne volonté et de rééducation, car Vincent déglutissait et acceptait de manger des yaourts et des compotes.

Un gâchis, car qu’est-ce qui empêchait qu’il soit confié à un autre hôpital qui l’acceptait, ou à ses parents qui le réclamaient ?

Dans le doute, on devrait toujours choisir la vie.

Vincent Lambert est mort. Mais ce n’est pas du tout la fin de l’affaire. Elle ne fait peut-être que commencer. On apprend qu’une autopsie va être pratiquée, que Rachel Lambert va être entendue, suite à une plainte déposée par les parents Lambert il y a quelques jours. On va encore en parler.

On va d’autant plus en parler que Jean-Luc Romero, ancien président de l’association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) en profite aujourd’hui même pour demander qu’enfin on légalise l’euthanasie.

On va en parler, parce que cette affaire va longtemps poursuivre les acteurs.

D’abord la famille, qui s’est déchirée. Il est fort possible que Rachel Lambert connaisse un syndrome de regret, malgré ce qu’elle prétend. On ne peut pas passer cinq ans de sa vie à tout faire pour que son conjoint meure, sans en subir les conséquences psychologiques. Et si elle souhaite à nouveau refaire sa vie (déjà refaite) il est à parier que les candidats se méfieront un peu d’elle, on ne sait jamais ce qu’un être humain peut porter en lui de maléfique.

Vincent Lambert laisse une fille de onze ans, il est probable que sur elle aussi il y aura des dégâts, lorsqu’elle s’avisera que son père est mort sur ordre des médecins, du lobby pro-euthanasie et de sa propre mère. Les psys de tous ordres ont de beaux jours devant eux.

Quant aux parents de Vincent Lambert, ce sont peut-être eux qui auront le moins de suites, car ils ont fait ce qu’ils ont pu, ils se sont battus et débattus, même affublés de l’étiquette discriminante de cathos intégristes, même si Viviane était un peu agaçante. Mais sa vie conjugale à multiples rebondissements était-elle celle d’une intégriste ?…

Les handicapés vont monter au créneau pour lutter contre leur euthanasie programmée. Tous les malades vont désormais se faire du souci pour leur survie…

Quant aux médecins, on n’aimerait pas être à leur place, cette affaire les place les uns et les autres dans un embarras mortel autour des tenants et des négateurs du serment d’Hippocrate.

Vincent, lui, deviendra une icône pour les deux camps, ce qui est un comble. Pour l’un il sera le moteur de l’euthanasie, pour l’autre le modèle de ce qu’il faut craindre. On continuera à se déchirer en son nom.

Lui, « aurait dû savoir, mieux que tout autre, que l’hôpital public avait autre chose à foutre que de maintenir en vie des handicapés (aimablement requalifiés de « légumes »). » nous dit Michel Houellebecq, pour lequel rien ne justifiait l’arrêt des soins, ajoutant qu’il n’y a pas lieu de se réjouir de cette mort. Comme il a raison.

http://www.fdesouche.com/1235239-selon-lecrivain-michel-houellebecq-rien-ne-justifiait-larret-des-soins-de-vincent-lambert-mort-ce-matin-apres-onze-ans-detat-vegetatif

Oui cette mort programmée ne peut que laisser un goût amer. Ses organisateurs pourraient bien se réveiller demain avec des remords, ou avec la peur d’être exécutés à leur tour.

En déclarant que selon eux une vie quelle qu’elle soit pouvait ne pas être digne d’être vécue, et que le droit à la vie ne pouvait être une valeur, ils ont rejoint ce que l’humain peut avoir de pire.

Sophie Durand

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Notifiez de
"à la" poubelle !

Mes directives anticipées : une belle infirmière en jupe et chemisier décolleté comme autrefois !

Spipou

Comme Brassens, en somme ? ☺

Mike732

Pas mal !
Je suis preneur !

andrej

Je suis heureux pour Vincent : sa mère écervelée ne pensait qu’à son égo et nullement à son fils.
J’execre ce genre de souhait mais j’espère que cette mère indigne soit, un jour, dans la situation ;de Vincent.
Lamentable.

Travier

andrej

T en sais des choses, dis donc…
C est beau les certitudes carrées comme ça…
Et en plus méchant le bougre…!

Aux Armes Citoyens

andrej, vous êtes abject !

Sophie Durand

@andrej
Cette mère est indigne parce qu’elle a voulu que son fils vive ? Ce n’est pas pour vous le rôle d’une mère ? Vous auriez préféré qu’elle se joigne au choeur des tueurs ?…Drôle de perception de ce qu’est une mère.

Mike732

Bonjour,
Elle fait preuve d’un amour égoïste.
Il faut savoir laisser partir la personne aimée quand il n’y a plus d’espoir.
Enfin c’est ma conception de l’Amour.
Lisez l’histoire de DJ Fabo et vous comprendrez (même si ce n’est pas exactement le même cas que VL)