Rigueur : les naïfs et les vautours

Un modeste député de la « Droite Populaire » voulait que, pour montrer l’exemple, les députés de « notre » Assemblée Nationale » s’imposent une diminution de 10% de leur indemnité mensuelle…
Le « pôvre » homme !
Il a été tout aussitôt renvoyé à ses « chères études » par le président de son groupe, sous l’approbation de la caste parlementaire unanime outrée que l’un de ses membres ait eu cette idée saugrenue de faire participer à l’effort collectif ceux qui, par leur action quotidienne et législative, sont les outils actifs de la dégradation financière de notre pays !
Quelle idée saugrenue, en effet, de demander à ceux qui votent les lois de s’appliquer à eux-mêmes ces mêmes lois !
Quelle idée stupide, en ces temps de carriérisme politicien ambiant, que de demander à ceux qui sont censés servir la République et la Nation de renoncer à se servir d’abord !
Quelle idée incongrue que de vouloir envoyer un signal fort au peuple de France, à qui l’on va demander pendant des années de se serrer encore plus la ceinture, en lui montrant que chacun est à même de participer à l’effort collectif, là où il se trouve, et en proportion de ses revenus réels !
On comprend que l’imprudent parlementaire en soit à raser les murs et à se couvrir la tête de cendres pour expier une aussi grande faute : montrer que la caste parlementaire n’est, en effet, qu’une caste politicienne dont le but avoué de ses membres est de faire une carrière politique qui les mettra, eux et leur famille, et leur clan, à l’abri des décisions politiques européennes et nationales qu’ils préparent et votent !
Il n’y a que les naïfs, les rêveurs, les nostalgiques des discours enflammés destinés à tromper l’électeur qui peuvent croire, aujourd’hui, que ceux qui s’agitent sur les tribunes politiciennes n’ont pas pour but premier, et inavoué, que de se payer « sur la bête », vautours affamés prêts à dépecer la dépouille d’une Nation dont ils préparent la disparition.
Et pourtant, que d’initiatives pourraient être prises pour redonner couleur à l’appareil politique et administratif dans son ensemble…et permettre de sacrées économies qui, pour être faibles par rapport à la dette nationale colossale, seraient un signal positif pour chaque citoyen.
Il y a, actuellement, 350 sénateurs et 577 députés… En diminuer le nombre de 20% ne gênerait en rien le rôle respectif des 2 assemblées …et effacer 20% de leur indemnité ne les appauvrirait pas ! …sans oublier, d’ailleurs, de s’attaquer à leurs avantages divers (et non repris dans leurs indemnités) : retraites, prêts à taux dérisoires, avantages en nature … sans oublier encore que nombre de ces parlementaires bénéficient (grassement) de mandats multiples (maire, conseiller général, conseiller régional….). Ne dit-on pas, de plus, que le Sénat et l’Assemblée ont des cagnottes de plusieurs millions d’euros, cagnottes dues à la trop grande générosité de l’ État ?
Voilà un gisement d’économies particulièrement productif sans toucher en quoi que ce soit à l’efficacité de l’élu national, au service de la République et de la Nation, répétons le.
Mais il y a d’autres pistes à explorer… Celles des collectivités locales et territoriales où le nombre d’élus rémunérés directement (par leur indemnité mensuelle) et indirectement (par leur participation, liée à leur mandat, à maints organismes distributeurs de jetons de présence et de prébendes diverses) a explosé du fait de la décentralisation.
L’exemple le plus criant ici est celui des structures intercommunales qui ont vu le nombre de vice présidents et d’adjoints délégués se multiplier tout aussi allègrement que les petits pains dans une parabole célèbre, chaque « responsabilité » étant accrochée à une indemnité et à maints avantages indirects.
D’ailleurs, le seul fait que notre pays soit organisé en 6 échelons administratifs conduit à grever la ressource publique par des frais de fonctionnement injustifiés. La fusion réelle Région-Département conduirait à 3 milliards d’euros d’économies chaque année !
Le gisement d’économies dans les structures locales et territoriales est particulièrement productif quand on sait, de plus, que ces structures doublent les emplois administratifs par des emplois contractuels à travers des cabinets pléthoriques, des chargés de missions, des attachés, des organismes d’études, des agences de toutes sortes…
Et l’on ne parlera pas ici des gaspillages et des dépenses somptuaires que relèvent chaque année les chambres régionales des comptes…sans que cela ne change le moins du monde !
Faut-il continuer ?
Oui, il faudra continuer, car le poids financier de l’exécutif est lui-aussi exorbitant et mériterait une purge sévère… car il y a de trop nombreuses structures (observatoires, hautes autorités, conseils de ceci ou de cela, ….) qui ne servent à rien sinon à caser et à recaser les « amis » et « les amis de mes amis » (comme le sont, d’ailleurs, maints emplois de hauts fonctionnaires, d’inspecteurs de l’éducation nationale, de responsables « gradés » de toutes les administrations et ministères…) …car il y a à cerner le coût de la technostructure européenne et des euro-députés…
La question est posée, et il faudra qu’elle soit débattue lors de la prochaine campagne électorale. Nous saurons y veiller !
Toujours est-il qu’il est inadmissible que « le personnel politique » de notre pays, en ces temps où le peuple de France doit éponger la dette que ce même personnel a institutionnalisée, ne rende pas des comptes , ne serait-ce qu’en participant spécifiquement à l’effort demandé qui, pour être injuste, sera bien réel.
C’est inadmissible et contraire aux valeurs démocratiques qui nous fondent…et opposé à la vertu républicaine qui doit habiter celui qui se met au service de tous.
Seuls les naïfs pouvaient encore croire que ces valeurs historiques étaient représentées par ceux qu’un suffrage universel biaisé a porté aux différents échelons des différents pouvoirs.
Seuls les rêveurs pouvaient encore penser que les vautours avaient disparu.
Seuls les ingénus à l’angélisme incorrigible pourraient encore se reconnaître en la caste politicienne qui vit et se renouvelle dans le monde très fermé des privilèges et des prébendes publics.
Empédoclatès

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