Risque de guerre nucléaire ou imminence de frappes ?

On se demande si Joseph Biden est assez fou pour risquer une guerre nucléaire plutôt que de lâcher l’Ukraine (https://ripostelaique.com/biden-est-il-assez-fou-pour-risquer-une-guerre-nucleaire-plutot-que-de-lacher-lukraine.html). L’excellence de l’article de Jacques Guillemain, et la pertinence des deux réflexions qu’il cite, ne laissent au polémiste que le titre.

Tout d’abord il n’est pas certain que la santé mentale du de cujus (ou de l’intéressé, dans ses phases lucides) importe beaucoup plus que la couleur du pyjama de Paul Deschanel. Et au-delà de la question de qui dirige vraiment la politique des États-Unis d’Amérique si ce n’est l’exécutif indirectement élu, se pose, en cas de réponse multiple, la question de la cohérence de cette direction. Il n’y a aucun doute que chacun des centres de pouvoir pense décider rationnellement en fonction de ses intérêts, même ceux qui, forgés dans la culture générale du pays, se focalisent plus sur leurs intérêts à court terme que sur ceux à long terme. Par contre rien ne permet de supposer que les intérêts à long terme des différents centres de pouvoir convergent, ou qu’un centre de pouvoir domine suffisamment les autres pour imposer une cohérence et une rationalité à la politique du pays. Si on peut voir sur le terrain deux services étatiques étatsuniens (par exemple CIA et DEA, ou forces armées et CIA) soutenir des factions combattantes opposées sur certains théâtres d’opérations extérieures, des conflits d’intérêts bien plus titanesques ont lieu au niveau macropolitique et méta-étatique. Par rapport aux enjeux actuels, on peut considérer les événements de 2008 comme un symptôme mineur et ceux de 2011 comme un palliatif mesuré.

Par ailleurs l’Ukraine, ou Hunter Biden, ne sont que des prétextes fort mineurs. Dès la fin 2013, par son ultimatum à l’Ukraine, puis par l’annulation de son prêt accordé, l’Union européenne a montré que l’avenir de l’Ukraine lui importait bien moins que le différend civilisationnel avec la Russie, révélé plus tôt par l’ampleur des investissements, puis des mesures coercitives, pour l’imposition du transhumanisme asexué en Russie.

Surtout, la décision de risquer une guerre nucléaire induit la perception d’un risque, c’est-à-dire de probabilité de danger. Si le décideur, qui n’est pas nécessairement un politicien responsable de populations, pense que la guerre nucléaire n’est pas un danger, il peut la décider sans y voir la prise d’un risque. De même, si le décideur, qui n’est pas nécessairement un polémologue, confond guerre nucléaire avec guerre mondiale, et s’il est marqué par la courte histoire d’un pays pour lequel la guerre mondiale a été (et est généralement perçue comme) une période très bénéfique pour le pays, il peut décider la guerre nucléaire, vague concept théorique, en croyant décider la guerre mondiale, expérience connue et très positive. Et même s’il sait ce que signifie guerre nucléaire, il peut la décider s’il est convaincu qu’il la gagnera (avec ou sans dommages civils).

D’autre part, si le décideur a de bonnes raisons de penser que l’adversaire refusera la guerre nucléaire, c’est-à-dire soit qu’il encaissera sans riposter, ou juste symboliquement, soit qu’il ripostera par des moyens non nucléaires, soit même qu’il préférera la reddition à l’apocalypse (cas d’un gouvernement rationnel et à plus forte raison d’un gouvernement chrétien), ce décideur peut conclure qu’il n’y a pas de risque, c’est-à-dire que toutes ses actions, y compris d’éventuelles frappes nucléaires, ne comportent aucune probabilité de conduire à une guerre nucléaire.

Enfin, si l’enjeu pour le décideur est tel que même le risque correctement perçu d’une guerre nucléaire lui paraît un moindre mal par rapport à d’autres catastrophes imminentes, et qu’une assertion nucléaire au moment idoine lui paraît avoir quelque chance de différer voire d’écarter ces catastrophes, il peut décider de prendre ce risque. Le gouvernement français ne le ferait pas pour sauver son « île de Guyane », mais les pouvoirs étatsuniens peuvent le faire pour sauver leur privilège du « repas gratuit » aux dépens du monde, comme ils l’annoncent depuis vingt ans.

Quant aux gouvernements européens, qui envoient leur armement à la casse avant d’attaquer frontalement la Russie, ils préparent leurs états-majors (leurs opinions publiques ne comptent plus) à l’inéluctabilité d’un recours au nucléaire.

On a systématiquement exploré toutes ces questions, et conclu à la certitude d’une « ultime assertion » nucléaire étatsunienne (avec ses cibles probables), dans le Onzième Coup de Minuit de l’Avant-Guerre (https://www.amazon.fr/onzième-coup-minuit-lavant-guerre/dp/1913057984).


Stratediplo
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13 Commentaires

  1. Je suppose que bombe nucléaire ou pas les cibles humaines sont déjà désignées par les russes et ne passeront pas entre les vagues ! Si certains pensent échapper à leur sort ils se trompent fortement…et je m’en réjouis.

  2. les américains ont laché des bombes à faible charge nucléaire en serbie , on en trouve des traces encore aujourd’hui, alors les gendarmes du monde peuvent tout se permettre

  3. A l’Auteur: Votre texte est très difficile à lire dans le formattage actuel… Vous devriez insérer des lignes blanches, au minimum 🙁

    Ah ça a été arrangé, je vois, merci 🙂

  4. les bombes thermonucléaires.ya bon, dans la directive de la propagande de masses!que nenni!grosse entourloupe pour les gogoys que nous sommes à gober!va falloir se réveiller!

      • voila, le tsar de service.toujours aussi prompt à bombarder d’injures.ceux qui ne pense pas comme lui!.un star thermonucléaire du clavier.sans rancune.

    • Développez donc !! je voudrais comprendre ce que vous sous-entendez bien plus clairement !!!

      • l’explication vous l’avez plus-bas!voir le post de massabielle.salutations bobby.

    • La bombe atomique n’ existe pas ….celles envoyee à Hiroshima et ailleurs sont des thermobariques …ces dernières sont aussi redoutables et meurtrières à grande échelle….toutes ces propagandes sont diffusées dans les merdias comme toujours pour FAIRE PEUR….entretenir la peur pour contrôler l’ âme des gens …technique machiavélique arme première des politichiens

      • Vraiment n’importe quoi, il y a au moins 3 ordres de grandeurs (voire 4) entre les thermobariques et les bombinettes « A » et plus que 5 pour les armes à fission dopées ( 400 kt).
        Les thermobariques ne peuvent pas dépasser quelques tonnes de TNT (18 tonnes estimées pour la MOAB à comparer avec 20 000 tonnes environ d’Hiroshima) soit 3 ordre de grandeurs de différence.
        Ceci dit, les effets ne sont pas identiques, en particulier les effets de souffle..
        Mais quitte à être bombardés mieux vaut encore avec une thermobarique !

        • La seule thermobarique dont on dispose en France est notre Martine la maire-picon de Lille.150 kilos dont l.essentiel en gros rouge qui tache, parfumé à la cannelle. Il paraît que l‘armee française pourra la larguer sur le Burkina, histoire de donner une leçon à ses dirigeants.

          • bonjour, martine.j’ai beaucoup apprécié votre commentaire.j’ai bien ri, vu l’état de notre armée, vous avez trouvé la solution.fallait-il y penser.150 kilos de graisse thermobarique.voila,de quoi faire de gros dégats.la star bomba à taille humaine.pierre75.

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