Robert Ménard ou la grande illusion

À l’instar de Saint-Paul sur le chemin de Damas, Robert Ménard aurait eu la révélation sur le chemin de Béziers. Si l’on en croit ses déclarations au Figaro du vendredi 11 mars, il a suffi d’une rencontre avec une famille de réfugiés ukrainiens en sa mairie pour que l’édile retrouve tout à coup son cheminement de pied-noir qui, de son Algérie natale, le conduisit en 1962 en France, laquelle, on le sait, réserva un bien mauvais accueil à ces Français d’outre-Méditerranée.

Et s’il a mille fois raison de dire qu’il n’a pas envie « d’offrir cette même froideur » aux victimes de Poutine, doit-il pour autant récuser toutes ses positions antérieures, tout son discernement d’antan et avoir honte de ce qu’il disait hier encore du danger de l’immigration musulmane incontrôlée que subit notre pays sans vraie résistance du pouvoir ni protection efficace pour nos concitoyens ?

Doit-il confondre ces réfugiés provisoires qui ont fui l’Ukraine bombardée mais qui entendent bien y retourner dès que les combats auront cessé afin d’ y retrouver leur famille, leur mari ou leurs parents qui combattent l’envahisseur russe, doit-il les confondre avec les migrants tant légaux que clandestins majoritairement d’origine musulmane, qui viennent dans notre pays perçu comme une vache à lait offrant des avantages sociaux et médicaux uniques au monde, pour s’y installer à demeure en refusant bien souvent de s’assimiler ; au contraire, ils se communautarisent, constituant des enclaves obéissant plus aux lois de la charia qu’à celles de la République et considèrent comme mécréants tous ceux qui n’appartiennent pas à la “vraie religion” qui, bien souvent, doivent quitter leur habitation quand ils le peuvent.

L’invasion de l’Ukraine aurait-elle brouillé les esprits au point que Robert Ménard voit dans la réticence manifestée par certains Français devant une immigration incontrôlée, les prémisses « d’une guerre de religion » ? Y aurait-il, à ses yeux, un affrontement à craindre entre chrétiens et musulmans ? En l’occurrence, c’est plutôt l’islam qui menace ou qui, à travers ses fidèles radicaux, assassine, ou encore manipule en banalisant le voile dans l’espace public ou en cherchant à imposer l’appel à la prière dans les rues, sous prétexte d’égalitarisme, puisque les cloches, elles, ont le droit de sonner. Sauf que les cloches sont la voix des églises qui ont marqué notre histoire depuis 1500 ans, alors que l’appel à la prière est le marqueur d’une religion importée qui ne fait pas partie de notre civilisation et qui veut s’imposer. Religion ou plutôt idéologie conquérante, elle n’est pas, contrairement à ce que prétendent ses thuriféraires, une religion d’amour et de paix : il suffit d’étudier son histoire passée et présente avec son cortège de meurtres et de destructions, comme on l’a vu en Syrie, en Irak, en Afghanistan, ou en France qui subit depuis une décennie le terrorisme islamique.

Mais, adepte du grand écart, Robert Ménard poursuit : « On peut être ferme sur les sujets de l’immigration, de l’insécurité et de l’identité, tout en étant dans l’optimisme et la bienveillance. » ! Et d’enfoncer le clou : « Dire : ceux-là sont européens et chrétiens, on peut les accueillir, et ceux-là, parce qu’ils sont musulmans et pas européens, il ne faut pas, c’est dégueulasse. C’est une saloperie. » D’où sa condamnation de Zemmour, un idéologue « d’une brutalité excessive », et la confirmation de son ralliement à Marine Le Pen qui apporterait « de meilleures réponses et qui se serait « arrondie » et serait moins prisonnière de postures ». Opportuniste, pourrait-on dire…

Robert Ménard se recentrerait-il ou rejoindrait-il le camp de la bien-pensance, inlassable dénonciatrice d’une prétendue islamophobie ? Il devrait alors se demander pourquoi la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la Moldavie, la Roumanie qui, refusant d’être submergées par les migrants et les clandestins, leur ferment leurs frontières, les ouvrent, au contraire, toutes grandes aux Ukrainiens et dans des proportions sans commune mesure avec les autres pays européens, alors que leur niveau de vie est nettement inférieur. D’une part, parce qu’ils savent que ce sont des réfugiés qui n’ont pas vocation à s’incruster, d’autres part parce que ce sont des Européens avec lesquels ils partagent les mêmes valeurs culturelles, historiques et spirituelles. Rappelons, au passage, que ce sont les Polonais aujourd’hui décriés et sanctionnés par l’Union européenne pour refus de quotas des vagues migratoires, qui, par deux fois, aux XVIe et XVIIe siècles, ont sauvé l’Europe en repoussant les Ottomans qui assiégeaient Vienne, dernier verrou avant la conquête du continent. Ce que, contrairement à nous, ils n’ont pas oublié.

Robert Ménard donne l’impression de réagir aux sentiments, non à la raison, tout le contraire du politique qui ne doit pas se laisser gouverner par l’émotion. D’autant qu’il faut aussi s’interroger sur les tenants et aboutissants de cette guerre barbare déclenchée par Poutine que rien ne saurait excuser ni justifier, mais qui est l’aboutissement du jeu de l’Union européenne qui, sous influence américaine, n’a tenu aucune des promesses faites par Busch à Gorbatchev en 1991, au moment de la chute de l’URSS, de ne pas élargir l’UE et son bras armé, l’OTAN, en direction des pays de l’Est, au lieu d’instaurer un dialogue et de maintenir le dialogue… Les Américains ont continué l’extension de l’OTAN vers l’Est, ce qui a entraîné la colère de Poutine dès 2007, un Poutine déjà président autocrate, nostalgique de la grande Russie et dont le passé de kagébiste aurait dû inciter à la prudence. Prenant prétexte du maintien du projet d’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine, il n’a pas hésité à envahir le pays, négligeant l’accord de séparation entre la Russie et l’Ukraine prononcé par les présidents d’alors Kravtchouc et Eltsine, en usant de pseudo-justifications et de mensonges éhontés.

Nous nous devons de saluer l’héroïque résistance du peuple ukrainien, son courage, son sacrifice, un exemple pour nos sociétés défaitistes, autodestructrices, sinon collaborationnistes, mais ne confondons pas les victimes du totalitarisme qui trouvent refuge dans nos pays d’accueil avec les migrants qui s’imposent et représentent une énorme charge financière, outre une insécurité grandissante. Ils n’ont ni la même conception de la liberté ni le même respect de l’autre.

Le 16 mars, à la Matinale de CNews, Robert Ménard, invité par Laurence Ferrari, a renchéri dans son indignation sélective. Si Mélenchon, Zemmour et Marine Le Pen sont coupables d’avoir eu dans le passé des complaisances pour Poutine, Mélenchon par anti-américanisme primaire, Zemmour et Marine parce que Poutine, bien qu’autoritaire et bien peu démocrate, se présentait, en manipulateur consommé, comme le défenseur de la chrétienté et des valeurs occidentales mises à mal par le mondialisme, la décadence et la lâcheté, tous trois ont dénoncé et condamné l’agression. Mais si Marine échappe à la lapidation, car elle aurait changé, si Mélenchon est absous par ses groupies, Zemmour au contraire est ostracisé par son ancien ami : il serait presque aussi mauvais que Mélenchon, à la différence que celui-ci est, en plus, islamo gauchiste et défile avec les islamistes. De fait, Ménard tombe dans le panneau : il faut blanchir Marine pour qu’elle soit présente au 2e tour et battue, et au contraire, enfoncer Zemmour car plus retors et plus dangereux pour le président candidat.

Marion Maréchal qui a rejoint Zemmour, et donc trahi sa tante (objet des toutes les attentions ménardiennes), est, elle aussi, mise à l’index : n’a-t-elle pas demandé ironiquement à Ménard si, parmi les réfugiés syriens et irakiens qui ont déferlé sur la France (et dont beaucoup venaient aussi d’autres pays), ne se cachaient pas des terroristes, comme l’actualité, hélas, l’a prouvé ? Propos inadmissibles aux yeux du nouveau chevalier blanc pour qui tous les réfugiés se valent. Qu’il se rassure : parmi les réfugiés ukrainiens se glisserait un certain nombre de clandestins venus du Maghreb, d’Afrique ou du Moyen-Orient. Signalons que Ménard fait aussi preuve d’angélisme quand il peint l’OTAN en force démocratique chargée de nous protéger du nouveau despote. La réalité n’est pas si simple et mériterait un long développement pour comprendre dans quel guêpier nous nous sommes fourrés qui marque le retour à une nouvelle guerre froide, sans parler d’une crise gravissime pour l’économie mondiale.

Max Chaleil

image_pdfimage_print
7
1

13 Commentaires

    • Ménard finalement , se montre tel qu’il est… ce cinglé Covidiste , n’est qu’une marionnette… un bourgeois gauchiste. Pourquoi perdre du temps, écrire encore un article sur lui…?

  1. L’auteur de cet article ne semble déplorer l’invasion migratoire que parce qu’ elle est très majoritairement musulmane.
    Or une immigration massive africaine et moyen orientale non musulmane ne serait pas plus acceptable car elle induirait également un changement de peuple. Ce sont les peuples qui font les civilisations, pas l’inverse.

    • Ridicule anonyme ! La civilisation chrétienne est un tout !
      La civilisation islamique a toujours été l’ennemi de la civilisation chrétienne !
      L’islam inventée par un psychopathe pédophile au VIIe siècle n’a fait que conquérir, détruire et convertir des terres chrétiennes (ex : peuple coptes d’Egypte) !

    • et on sait ce qu’il arrive à des peuples minoritaires, combien de grecs en anatolie aujourd’hui? combien d’aborigènes en australie? combien d’indien aux états unis , enfin hors des réserves ?

    • L’immigration massive d’Afrique ou d’ailleurs, non musulmane, ça ne doit pas représenter grand chose. Une population non islamisée serait par relation de cause à effet une population civilisée. L’islam, c’est le culte de la folie qui sert de support aux saloperies des frères musulmerdes. L’ordure, la tuerie, le viole, sont pratiqués pour leur donner une illusion de liberté; mais ne sont que de vils esclaves. Macron rêve de leur servir de chèvre c’est ça notre malheur.

  2. NB :

    La vérité est beaucoup plus tragique :

    – Le pays légal (mrdias politiques) est pour Davos (sa maquerelle) et contre la Russie.

    – le pays reel (les Français) est contre Davos (son bourreau) et pour la Russie (sa soeur).

    Si vous êtes d’accord avec ce qui précède, vous concluerez que la guerre d’Ukraine cessera peut-être en Ukraine mais se prolongera en s’aggravant en France sous la figure du cercle suivant :

    Pays reel vs pays légal vs pays allogène vs pays reel.

    Ce pourquoi le pays légal sera le premier mort de notre guerre.

  3. Poutine, et à travers lui la Russie, est ridiculisé depuis des années par les dirigeants occidentaux qui ne respectent pas les accords passés.
    Ce faisant ils mettent en danger la Russie. Logiquement en président responsable Poutine agit comme il se doit.
    Cet article, concernant Poutine, est totalement à côté de la plaque.

  4. à se demander si les vaccins ne modifient pas le comportement adn de ses adeptes dans une direction unilatétale vers une adaptation auto-acceptée à l’ordre politique dominant ; pour l’instant personne ne voit d’autre cause logique à un changement aussi rapide pour décrire une configuration d’ordre idéologique qui met pourtant du temps à être finalisée.

  5. Ménard : la surprise du chef, ou la cerise sur le gâteau : il fait partie de ces « ovni » venus de nulle part et qui ont trompé honteusement leur monde : en l’occurrence, moi le premier ! Quoique des prémices se dessinaient à l’horizon lorsqu’il flirtait avec le FN sans y adhérer, en parangon d’opportuniste qui pointait à l’horizon. Dommage, M. Ménard, vous perdez à jamais un soutien : mais je me doute que vous n’en aurez rien à foutre !

  6. Pas con Ménard qui voit la ville de Béziers devenir une citée musulmane !
    Ménard qui ne pourra plus compter sur les français pour sa réélection sait qu’il doit désormais utiliser la méthode Terra-Nova, lécher le cul des islamistes pour conserver son fauteuil de maire ! Ménard est aligné sur les maires islamo-collabos EELV !

  7. ménard rejoint mlp, des renoncement les uns après les autres… je parie que si zemmour arrive au 2nd tour il appellera à voter macron ! un marocain pour un algérois…

Les commentaires sont fermés.