Romain Caillet, islamologue expert en djihad ou porteur de valises de l’EI ?

Publié le 10 mars 2015 - par - 3 997 vues

RomainCailletPrésenté par Le Monde comme « une star des médias français en tant qu’expert du djihadisme, Romain Caillet, basé à Beyrouth depuis cinq ans avec sa famille » a été refoulé dimanche 1er mars par la Sûreté générale à l’aéroport de Beyrouth alors qu’il revenait du Maroc (sa femme est originaire de ce pays). Il serait soupçonné de « liens avec des organisations terroristes ».

Depuis Caillet se répand dans les journaux en lançant que ce sont ses propos critiques envers le Hezbollah, principal parti chiite au Liban qui lutte contre l’Etat islamique aux côtés des troupes de Bachar El Assad, qui lui valent cette expulsion  du pays du Cèdre.

Une part de vérité sans doute. Mais Caillet a aussi violemment critiqué l’armée libanaise. Celle-ci est en guerre dans l’est du pays contre l’Etat islamique et le Front Al-Nosra n’a pas apprécié. Une trentaine de ses hommes sont morts dans les combats, une vingtaine sont otages des djihadistes. Quatre d’entre eux ont déjà été exécutés.

Toujours selon Le Monde « M. Caillet, qui a récemment abandonné sa thèse portant sur l’immigration des jeunes salafistes français en terre d’islam, jouissait d’un statut ambigu à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) de Beyrouth, un centre prestigieux qu’il avait rejoint pour poursuivre ses recherches (…). Réputé sérieux dans son analyse quotidienne des forums djihadistes, arabophone, cet expert était néanmoins l’objet de critiques de certains de ses confrères pour ses réactions à chaud sur les actes terroristes au Liban ou son manque de distance sur certains sujets. »

Il faut savoir que l’homme avec sa petite gueule bien sympathique est un Français converti à l’islam d’obédience salafiste.

Il prétend être contre le terrorisme et ne pas légitimer la lutte armée mais critique surtout ceux qui s’opposent aux djihadistes sunnites. Il jugeait récemment le traitement de l’EI biaisé et «prisonnier de l’émotionnel».

En novembre 2015, il déclarait chez Médiapart : « On a beaucoup parlé, et c’est notamment un des éléments qui ressort du livre de David Thomson (Les Jihadistes français, éditions Les Arènes, 2014) du fait que les Français partaient en Syrie « comme ils voulaient », si je puis dire. Mais est-ce véritablement un mal ? Je ne le pense pas. »

Il suggérait que c’était grâce à ces départs qu’il n’y avait pas d’attentats en France.

Depuis on sait que c’est raté.

Plus loin, il défendait à mots à peine couverts l’Etat islamique à Kobané : « L’EI n’a pas été battu par les combattants kurdes mais par les bombardements américains qui les empêchent de prendre la ville. Les djihadistes ne luttent pas à armes égales avec l’armée américaine, la défaite et les conséquences pour l’image de l’EI sont donc atténuées. Par contre, j’ai la sensation que Kobané constitue un piège tendu par les Américains, qui avaient laissé entendre qu’ils ne défendraient pas la ville. Les djihadistes s’y sont donc installés, et aujourd’hui, il n’y a presque plus de civils dans la ville. Quand les combattants de l’EI prennent un bâtiment aux Kurdes, ils sont obligés de laisser une dizaine de combattants pour le tenir, et l’armée américaine bombarde… »

« J’espère qu’à la prochaine révolution du Cèdre, je pourrai revenir au Liban », dit-il à l’Orient le Jour.

En tant que porteur de valises de l’Etat islamique ?

Marcus Graven

Sources :

http://www.fdesouche.com/540817-romain-caillet-djihadisme-nest-vu-quau-travers-du-sensationnel-lemotion

http://www.ifporient.org/romain-caillet

http://lemonde.fr/proche-orient/article/2015/03/04/un-chercheur-francais-expulse-du-liban_4587399_3218.html

 

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