S'abstenir, c'est se rouler soi-même dans la farine européiste

Quand je regarde la profession de foi de la plupart des candidats, qui rivalisent sur les podiums comme des boutiques concurrentes – alors qu’ils ont voté de plein accord tous les traités qui nous ont mené à la catastrophe et 97% des décisions scandaleuses émises à Bruxelles – je ne vois dans ces professions de foi que des mensonges qui n’engagent que ceux qui y croient.
D’ aucuns préconisent de s’abstenir.
Pour ma part, je n’ai rien contre l’abstention. Quand on n’a le choix qu’entre la peste et le choléra, comme ce fut le cas aux dernières présidentielles, je pense que le mieux est en effet de s’abstenir.
Mais nous ne sommes pas du tout dans ce cas de figure. Il est donc impératif de considérer les choses autrement.
Les européistes déclarent à qui veut l’entendre qu’il faut aller voter.
Ce à quoi ils appellent, c’est évidemment à voter… pour eux ! Pas à voter tout court. Il est évident que les européistes, s’ils souhaitent le meilleur score pour eux, se satisferaient aussi d’une forte abstention…aux dépens des Nonistes.
Mais cette invitation à voter des européistes fonctionne aussi comme un leurre, assez efficace si l’on considère les appels à l’abstention de leurs opposants.
C’est là une grosse ficelle dans laquelle il serait dommage de se laisser prendre :
Car s’il est vrai que les européistes de tous poils aimeraient bien qu’une majorité d’électeurs votent pour eux, la situation s’est tellement dégradée qu’ils savent bien que c’est strictement impossible qu’on vote pour eux massivement. Alors ce dont ils rêvent secrètement, c’est de l’abstention de tous les mécontents. Si tous les Nonistes pouvaient s’abstenir de voter…
C’est là-dessus qu’ils tablent pour gagner.
Mais il faudrait qu’ils soient bien bêtes pour l’avouer.
En sollicitant ostensiblement le vote des Français, ce qu’ils espèrent, c’est mobiliser leur électorat mais aussi provoquer la réaction usuelle des mécontents : « ah, ils veulent qu’on aille voter, eh bien on n’ira pas ! ».

C’est ainsi qu’ils espèrent gagner.
Bien que nos « gouvernances » n’hésitent pas à bafouer le suffrage universel, on peut comprendre que ça leur simplifierait les choses si les Français eux-mêmes assumaient de se censurer !
Une fois les suffrages exprimés, l’abstention est vite oubliée et les « vainqueurs » (qui parfois se permettent de plastronner dès l’issue du dépouillement) se dépêchent de mettre en application leurs projets.
Vous vous rappelez du référendum sur le quinquennat ? presque 70% d’abstentions. Qui s’en souvient ? Et ça ne nous a pas épargné son application.
L’abstention suscitera quelques jours des regrets hypocrites puis on l’oubliera. Auparavant, on s’appliquera à lui déniera toute signification en l’interprétant comme la réaction un peu stupide, boudeuse, d’un peuple français fâché avec l’hôte de l’Elysée.
Pour nos « gouvernances », mieux vaut donc que les Français, majoritairement mécontents, s’abstiennent de voter plutôt qu’ils votent pour un candidat dont le projet dénonce explicitement leur politique européenne.
L’un des candidat en présence plaide pour une Europe des Nations, pour un protectionnisme européen (contre les délocalisations, le dumping social), pour une sortie de la France de l’OTAN, pour la dissolution de la Commission européenne et contre l’entrée de la Turquie en Europe.
Ce n’est pas en s’abstenant mais en votant pour lui que pourra s’exprimer clairement l’opposition à la politique sacrificielle de Bruxelles.
Valentin Harbal
Pour que l’information soit complète, Riposte Laïque porte à la connaissance de ses lecteurs cet appel publié par le Comité Valmy, qui ne partage pas l’analyse de Valentin Harbal.
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article282

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