Sacrifices humains en Afrique

Publié le 7 avril 2010 - par - 716 vues

L’AFFAIRE DE HARPER AU LIBERIA

Deux articles du journal en ligne allAfrica.com (1) (2) s’interessent à une affaire de sacrifice humain ayant entraîné l’inculpation d’un magistrat associé de la Cour Suprème, M. Foulton Yancy, cependant que circulent aussi des noms de plusieurs très hautes personnalités. La tension populaire est forte, les informations exactes difficiles à obtenir, et des personnes ont été emprisonnées pour leur propre sécurité.

Il s’agit du meurtre d’une femme enceinte, dont le fœtus a ensuite été arraché de son corps, survenu en principe (la médecine légale laissant à désirer sur place) il y a environ quatre mois.

Des morceaux de corps humain, deux bouteilles de sang et des fragments d’intestin ont été découverts au domicile de M. Yancy, ce qui a entraîné son inculpation. Reste cependant à acquérir la preuve scientifique que ces restes sont bien ceux de la jeune femme.

Reste aussi à surmonter un problème de procédure juridique aussi ardu qu’exotique, car les sorciers vaudou sont peut-être intervenus dans l’enquête judiciaire (en plus d’être intervenus dans le meurtre). Ce seraient leurs rituels magiques qui auraient conduit les policiers sur la piste des restes humains, si bien que la procédure judiciaire pourrait se voir attribuer la qualification d’enquête par ordalie, ce qui l’invaliderait et pourrait rendre la liberté aux suspects à la grande indignation de la population.

LES SACRIFICES D’ALBINOS

La chasse aux albinos en vue de sacrifices humains est un phénomène répandu, qui défraie régulièrement la chronique depuis plusieurs années.

Un jeune albinos de 18 ans est arrivé récemment sur la côte espagnole, fuyant le Bénin (3) ; en Tanzanie, les jeunes albinos se cachent ; dès qu’ils sortent, ils risquent l’enlèvement et le meurtre, leurs membres valant des centaines de dollars (4). Chasse à l’albinos aussi au Burkina (5) ; au Mali, la fondation Salif Keita (6) tente de leur venir en aide.

L’origine de cette pratique est immémoriale, et la revue historique Persée lui consacrait un article scientifique dès 1987 (7). Le sacrifice de l’albinos semble à l’origine avoir été un substitut au sacrifice du Roi ou du prêtre vaudou (« hogon »), lesquels étaient traditionnellement supposés se sacrifier (ou, plus souvent, faire sacrifier un remplaçant) quand l’âge leur enlevait leur pouvoir.

Catherine Ségurane

(1) http://allafrica.com/stories/201003291374.html

(2) http://allafrica.com/stories/201003291375.html

(3) http://observers.france24.com/fr/content/20090413-chasse-albinos-ouverte-afrique-sorcellerie-tanzanie-cameroun?page=1

(4) http://www.france24.com/en/20090219-report-tanzania-albinos-tracked-down-organs-body-parts-magic-powers

(5) http://www.evenement-bf.net/pages/dossier_3_159.htm

(6) http://www.saphirnews.com/La-Fondation-Salif-Keita-pour-les-albinos-du-Mali_a10670.html

(7) Jean-Claude Muller, Mythologie et sacrifice http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1987_num_27_104_368896?_Prescripts_Search_tabs1=standard&

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