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Saint-Aignan : Huan Huan donne naissance à un bébé panda très vigoureux

De méchantes langues prétendent que Riposte Laïque n’annonce jamais de bonnes nouvelles. Une fois n’est pas coutume, dérogeons à cette dure constante que nous impose d’habitude la triste actualité. Voici une rubrique carnet rose pour réjouir les esprits chagrin.

La  bonne nouvelle nous est arrivée de Saint Aignan. Saint Aignan ? Si, si dans le Loir et Cher. Saint Aignan, sa rivière, son clocher ? Son zoo, le zoo de Beauval. Voilà. On y est ! Nous avons eu là un événement d’importance : la naissance en France d’un panda chinois. Le panda et la Chine ignorent le droit du sol.  Panda il est né, Chinois il restera.

La semaine dernière, la France entière, et la Chine, n’ont eu les yeux braqués que sur Beauval où Huan Huan, la femelle panda,  a accouché (sic) – d’habitude on dit mettre bas, mais là c’est différent – d’un bébé panda très vigoureux, selon le porte-parole,  et en bonne santé.

Vu la fragilité de cette espèce, il faut dire que l’on était inquiets. Alors, pour nous rassurer,  les cameras ont  montré en continu une petit chose informe et vaguement poilue, enveloppée d’une couverture, réchauffée au sèche-cheveux,  qui s’agitait entre les mains d’un vétérinaire, à moins qu’il ne s’agisse d’un ponte de l’obstétrique venu tout exprès.

Depuis deux jours avant la date supposée de la naissance, les téléspectateurs avaient pu suivre, avec une fébrilité propre à ce genre d’événement,  les progrès du travail de la parturiente sur fond continu d’images d’échographie. Haletants, ils ont avertis en temps réel, par le porte-parole du zoo, de l’iminence de l’accouchement:   Huan Huan avait perdu les eaux! Enfin, soulagement, l’heureux événement, jouez hautbois, résonnez musettes : l’un  des jumeaux a survécu.

Ouf ! On est passé à deux doigt de l’incident diplomatique ou pire : la moindre négligence, la moindre maladresse, auraient été interprétées par le Chine comme un casus belli. Celle-ci ne badine pas avec ces animaux,  qui pourtant de leur côté,  il faut bien l’avouer, ne mettent pas à la survie de leur espèce beaucoup de bonne volonté.

Il paraît que c’est de la géopolitique : ça s’appelle la diplomatie du panda qui remonte aux temps lointains de l’Empire du Milieu. Aujourd’hui, la Chine veut que le chef d’Etat du pays d’accueil fasse la demande officielle en personne au président chinois de son désir d’accueillir un de ces charmants oursons. Que ces demandes soient faites  avant chaque G20 n’est pas forcément qu’une coïncidence. Comme tout langage diplomatique, tout cela est très codé.

Conformément à la tradition des contes de fée, le nouveau-né a plusieurs marraines, la femme du Président chinois et celle du Président français dont il faudrait bien préciser le statut, ne serait-ce que pour qu’elle puisse assumer cette fonction  dignement.

Enfin, il est  devant toute naissance convenu de gagatéjer devant la beauté d’un nourrisson. Nous n’y avons pas dérogé. Après  les petits enfants  qui se sont émerveillés à qui mieux mieux devant le beau bébé, Chantal Goya, l’inoubliable interprète de Pandi Panda petit ourson de Chine,  est venue à son tour exprimer son amour pour ces animaux,

La pandamania se porte bien : le zoo voit ses entrées doubler, ses ventes de gadgets marqués à l’effigie de l’animal exploser : maquillage, sac à dos, doudous… made in China, sans doute.

Florence Labbé