Saint-Étienne : des microphones couplés aux caméras de surveillance

Publié le 5 mai 2019 - par - 6 commentaires - 2 044 vues
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Un projet abouti qui couvait depuis des mois. Le principe est simple, il s’agit de détecter à distance divers bruits suspects tels que des coups de feu, des crépitements, des cris, des vitres qui se brisent, des coups de klaxon…

L’alarme incrémentée par intelligence artificielle est transmise à une plateforme à la disposition de la police qui utilisera la vidéosurveillance déjà installée et renforcée depuis le mandat du maire Gaël Perdriau.

On voit déjà les cris – de contestation, ceux-ci -, des farouches partisans des libertés. Surtout quand ils émanent des quartiers labellisés QQR de reconquête républicaine (Gérard Collomb, avant de fuir le gouvernement Macron et une nouvelle explosion des banlieues). Pour mémoire, le président Hollande, qui, lui, préférait parler de partition de la France, avait jugé plus prudent de passer le flambeau à son ex- ministre Macron pour continuer à saborder le pays. Oui, oui, Hollande a fait le lit de Macron, la nouvelle gauche.

L’expérimentation des micros dans un quartier de Saint-Étienne ( Tarentaize-Beaubrun-Couriot) fait ainsi partie du dispositif prévu jusqu’à l’année prochaine par l’ex-ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, soit dans 45 quartiers de zones dites sensibles.

Une ville sous surveillance, mais des habitants qui veulent respirer

Si les arguments avancés par la Quadrature du Net sont recevables en termes de protection de la vie privée, reste que la délinquance, petite et grande intimement liée, pourrit la vie des honnêtes habitants des quartiers ciblés.

Au demeurant, ces quartiers n’ont pas l’exclusivité de leurs racailles puisque la contagion a gagné depuis longtemps le centre de la ville. Une lecture continue de la rubrique faits divers du seul quotidien Le Progrès en fournit la preuve à longueur d’année. Et encore ce journal ne peut en tenir l’exhaustivité. Par contre, il suffit de passer quelques après-midi pénibles aux audiences publiques du tribunal correctionnel et à quelques sessions de cour d’assises pour se faire une idée de cette délinquance.

Précisons bien évidement que toutes les affaires n’arrivent pas au tribunal. Précisons aussi que les jugements rendus ne sont pas tous exécutés et quand ils le sont, les peines effectives laissent plus d’une victime amère. Surtout quand la légitime défense leur est constamment refusée, et pire quand ce ne sont pas elles qui se retrouvent en prison et pour le coup, lourdement condamnées.

La Quadrature du Net s’inquiète des données personnelles 

« Le sujet est évoqué rapidement tout au long du projet, plus comme un de ces « freins administratifs et juridiques » que pour tenter d’évaluer lucidement la légalité du projet. Après quelques notes et demandes faites à la CNIL, il est décidé de ne pas enregistrer les bruits captés et de se limiter à « la détection d’évènements sonores » : « seules les données d’évènement comprenant le numéro du capteur, la date et l’heure de l’évènement et l’identifiant de l’évènement seront transmises ». Ce qui justifierait que CNIL ait ensuite été écartée du projet. »

La CNIL, toujours la CNIL

« Mais ce qui n’est pas clair dans cette histoire, c’est que la CNIL nous a pourtant affirmé qu’elle ne détenait aucun document sur ce projet. Et elle n’a apporté aucun démenti aux articles de presse qui prétendaient qu’elle avait donné son accord au projet.

Concernant l’interdiction d’enregistrer des sons, il ressort des diapositives de présentation du projet qu’elle ne sera effective que dans le cadre de la « phase 1 » et que, « en vue de possibles demandes d’enregistrement dans le cadre d’enquête, une collaboration avec la CNIL est programmée afin d’intégrer leur réponse dans la solution technique ». C’est là qu’est tout le problème : une fois ces micros installés, par une société privée d’armement, qui contrôlera l’usage qui en sera fait ? Qui préviendra les habitants si l’on passe en « Phase 2 » et qu’on met un route un système d’enregistrement des conversations dans la ville ? Ou qu’on ne les utilisera pas un jour pour détecter des cibles par leur signature vocale ? Ce ne serait pas la première fois que ce type d’outils de détection sonore connaîtrait des dérives liberticides. » source :  https://www.laquadrature.net/2019/04/15/mouchards-et-drone-a-saint-etienne-le-maire-veut-etouffer-le-debat/

 Les acteurs stéphanois du projet de « Safe City »

« Et quitte pour cela à transformer la ville, comme c’est déjà le cas à Nice ou à Marseille, en un « territoire d’expérimentation » pour les sociétés privées qui participent au projet. Ici, c’est la société Serenicity, dirigée par Guillaume Verney-Carron, qui est également président de la société Verney-Carron, fabricant d’armes et de lanceurs de balles de défense type Flash-Ball (et à qui le maire donne du « cher Guillaume » et du « amicalement »). Cette société souhaitant « élargir son champ de compétence du militaire vers le civil », elle propose à la ville son nouvel attirail de surveillance, tout en se permettant de lui signaler que si elle ne se décidait pas assez vite, « ce projet sera très probablement réalisé dans une autre ville ». » source :  https://www.laquadrature.net/2019/04/15/mouchards-et-drone-a-saint-etienne-le-maire-veut-etouffer-le-debat/ (un extrait de cette lettre figure dans l’article).

Le maire Gaël Perdriau estime n’avoir rien à cacher

La Quadrature du Net en prend acte : « Tandis que la CNIL nous indique n’avoir rien à nous transmettre, la ville de Saint-Étienne nous a communiqué plus de deux cent pages de rapports, compte-rendus de réunions, courriers électroniques que nous publions ici » source :  https://www.laquadrature.net/2019/04/15/mouchards-et-drone-a-saint-etienne-le-maire-veut-etouffer-le-debat/

Les figures locales associatives habituelles et la gauche (presque un pléonasme) piaffent contre le projet.

Reste que à ce jour, 67 % des sondés du Progrès approuvent cette initiative pour leur sécurité.

J’ajoute que concernant les coups de feu, ou autres bizarreries de déflagrations, ou des fusées éclairantes dans le ciel à quatre heures de l’après-midi, ou autre vrombissements de Porsche, Ferrari, Maserati, et douilles de 22 LR… que j’ai signalés à la police (municipale et nationale) par le passé dans les quartiers sud-est (Beaulieu, Montchovet, La Marandinière, La Palle, La Métare) auront toutes les chance d’affoler les futurs capteurs sonores à déployer,  pas que à Tarentaize-Beaubrun-Couriot.

Pour en savoir plus 

« Capteurs sonores dans les rues de Saint-Étienne: le test va débuter, la grogne s’installe

Évoqués depuis le mois de février, les premiers capteurs sonores censés enregistrer les bruits suspects, type accident ou coup de feu, seront installés à partir de lundi à Saint-Étienne jusqu’à la fin du mois de juin. C’est le quartier de Beaubrun-Tarentaize qui a été choisi pour mener cette expérience grandeur nature… » https://www.leprogres.fr/loire-42/2019/05/04/capteurs-sonores-drones-ces-methodes-de-surveillance-vous-inquietent-elles-a-saint-etienne

Jacques Chassaing

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Notifiez de
le Franc

avec la puissance de feu des trouvailles technologiques qui s’affûtent année après année, je ne vois pas pourquoi les gens de l’état et de ses laquais ne les utiliseraient pas à des fins personnelles et étatiques, car ses protections s’avèrent être l’une des conditions incontournables pour des politiques et des puissants de pouvoir rester-en place-et- en vie jusqu’à la fin des temps si possible ; ils savent très bien ce qu’il faut faire puisque ce sont eux qui ont créé de toute pièce ce monde dystopique devant imposer le cauchemar pour tout le monde.

eléa

Chacun de nous doit ferrailler ferme contre une multitude de prédateurs, du plus petit (les pro du cambriolage qui pullulent) au plus gros (l’État qui ne sait pas quoi inventer pour abuser de la prédation fiscale), en passant par les tortionnaires qui agressent à domicile pour faire dire où sont les valeurs éventuelles et les codes de cartes de bancaires; sans oublier les entreprises plus ou moins en situation de monopole qui font de l’abus de faiblesse pour matraquer les gens éberlués de facturations abusives. Bref, le principal secteur d’activité en France, clairement, c’est le vol. En conséquence de quoi, il faut se ruiner en dépenses de surveillance à titre privé et à titre public pour tenter de s’en protéger. Nous sortirons de ce cauchemar lorsque nous serons mort. Sale époque.

POLYEUCTE

Humour…
Ne pétez plus, les écolos vont vous poursuivre !

Mercenaire

Qu’avons nous à nous plaindre d’avoir une recherche accrue de sécurité ? Si vous n’avez pas l’intention de semer le beans dans la ville , vous n’avez rien à craindre … sinon, tant pis pour vos gueules ! Et à quand l’auto défense, il n’y a que les italiens qui ont le courage de changer les lois ?

laurent k.

info ou intox, voire délire du cinéma mais ce genre de technologie apparaît dans la série « person of interest » dont le lieu de tournage est New York

patphil

la stasi (ex est allemande) le kgb (ex soviétique) auraient été envieuse des services français!