St-Étienne : les étudiants en médecine s’invitent au « Ségur de la Santé »  

Comme tous et avec les professionnels de santé, les carabins stéphanois sont mis à rude épreuve dans le scandale sanitaire du Coronavirus. Pour peau de balle et variétés, c’est-à-dire 1, 29 euro brut de l’heure, ces étudiants hospitaliers ont pourtant répondu présents depuis le début l’épidémie de la Covid-19. Comme dans toute la France, ils assurent en renfort les fonctions d’aide-soignant, infirmier, brancardier et d’assistant de régulation médicale. Témoins et victimes d’un système où la gestion administrative des moyens financiers, humains et matériels a torpillé la qualité des soins et la sécurité des patients et du personnel, ils estiment avoir leur mot à dire lors du pompeux « Ségur de la Santé », agité par le ministre Olivier Véran pour tenter de calmer les esprits.

Le successeur de la sinistre Agnès Buzyn (1) dont les récentes prestations médiatiques n’inspirent pas vraiment la confiance, devra numéroter ses abattis à l’occasion de cette kermesse parisienne, lui qui vient d’annoncer le numerus clausus pour l’année 2019-2020 pour 15 000 étudiants (2).

L’Association Nationale des Étudiants en Médecine de France s’adresse à Olivier Véran

Extraits de sa lettre: « Monsieur le Ministre des Solidarités et de la Santé,

Le 25 mai prochain, votre ministère lancera le « Ségur de la Santé » qui fait le vœu de poser les premières pierres de la refondation du système de santé de demain. Lors des concertations, les questions d’attractivité, d’investissement, de gouvernance et d’approche territoriale seront débattues. L’ANEMF accueille positivement ces annonces et demande à être intégrée aux concertations. Afin de dessiner le paysage de la santé de demain, les attentes des futurs médecins doivent impérativement être écoutées.

À bout de souffle. Les soignants ne cessent d’alerter depuis de nombreuses années sur l’état déplorable de l’hôpital public que la crise sanitaire de la Covid-19 n’a fait qu’empirer… »

« À bout de souffle. La gestion administrative des moyens financiers, humains et matériels a mis à mal la qualité des soins et la sécurité du personnel. Nous appelons à repenser la gouvernance hospitalière à la faveur d’un système respectueux de l’avis des professionnels médicaux, paramédicaux, des représentants des étudiants et des usagers, symbole d’une véritable démocratie sanitaire. La question de l’attractivité des carrières hospitalières devra être posée sur la table des concertations… »

« C’est pourquoi nous souhaitons faire partie intégrante de la concertation à venir, et demandons, en ce qui concerne la question des conditions de travail des étudiants hospitaliers :

– La revalorisation de la rémunération des étudiants hospitaliers, à hauteur de 390 € net mensuel minimum ;

– La publication d’une instruction à destination des établissements de santé, rappelant les droits des étudiants hospitaliers ;

– L’élaboration d’un état des lieux des conditions d’étude et de travail des étudiants hospitaliers et de sanctions en cas de non-respect par les établissements.
À l’heure où l’attractivité des carrières hospitalières est en berne, où les conditions de travail et de rémunération des soignants, dont celles des étudiants, sont décriées par tous, où les questions d’accès aux soins occupent le débat public, les médecins de demain doivent être écoutés par les pouvoirs publics… »

Les élus UFR des étudiants en médecine de Saint-Étienne communiquent et appellent à témoignages

« Dans le cadre de la consultation mené par Olivier Véran qui va débuter lundi, intitulée le « Ségur de la Santé », l’Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF) a publié une lettre ouverte adressée au ministre de la Santé. Elle demande une place à la table des négociations et réclame un certain nombre de mesures de réinvestissement dans l’hôpital public ainsi qu’une revalorisation des soignants, dont les étudiants en médecine. 

En effet, nous sommes payés 1,29 €/h, soit 3 fois moins que les autres étudiants stagiaires de l’enseignement supérieur. Ce statut met dans une situation précaire nombre d’étudiants en médecine, comme l’ANEMF l’a mis en lumière dans son enquête précarité. 

Alors que les étudiants en médecine se sont engagés massivement et volontairement lors de la crise sanitaire actuelle, cette situation n’est plus tolérée par les étudiants en médecine. 

À Saint-Étienne, ce sont plus de 200 étudiants qui ont volontairement porté renfort au CHU, aux hôpitaux périphériques et aux Ehpad en réalisant des missions d’aide-soignant, soins infirmiers, assistant recherche, brancardier, assistant de régulation… 

Notre participation au cœur de la crise ne fait que confirmer notre engagement profond pour notre système de santé pour lequel nous méritons une reconnaissance, ou du moins une rémunération décente et respectueuse de notre travail.

Les médias nationaux ont relayé la lettre ouverte de l’ANEMF mais nous souhaitons que les étudiants en médecine de Saint-Étienne témoignent eux-mêmes au sujet de leur statut mais également de notre participation au local dans la crise de la Covid-19. » Fin de citation.

Clara Bonnavion

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