Saint-Germain : Lamy sera battu par un candidat sérieux hostile au projet de mosquée

On attend toujours la réaction d’Emmanuel Lamy aux trois recours administratifs (pas moins) déposés contre la délibération du 11 juillet modifiant le PLU pour permettre aux musulmans de se construire une mosquée « digne ». (Notons encore une fois combien le mot « digne » est galvaudé de nos jours, comme si les salles de prières prêtées gratuitement par la mairie depuis 25 ans étaient indignes. Comme remerciement pour ce prêt gratuit, ainsi que de celui de la salle Jacques Tati, on pouvait espérer mieux.)

Le mot « mosquée » mérite aussi une explication de texte, le maire se fâche chaque fois qu’on le prononce, il cherche à interdire l’usage de ce mot pourtant bel et bien dans le dictionnaire, il ne s’agirait que d’une « salle de prière ». Ce qui est un gros mensonge. En effet les musulmans eux-mêmes emploient le mot « mosquée » pour leur projet ! Une mosquée avec école coranique et salle de conseil juridique. L’école coranique, enseignant le califat et la charia, est une insulte à notre école républicaine, et le conseil juridique devrait paraître à la ville un camouflet depuis la création en avril dernier d’un point d’accès au droit mirobolant, où l’on peut consulter différents juristes, à l’initiative de la municipalité elle-même. Le point d’accès au droit serait-il, comme les salles de prière prêtées, indigne des musulmans ? Ou bien ont-ils envie de se communautariser ? Ils ont surtout envie d’appliquer une autre loi que la loi française, ce qui en dit long sur leur désir de s’intégrer.

Trois recours ont donc été déposés contre ce tour de passe-passe de changement de PLU, mais personne n’en parle. Pourtant ce sont tous les élus qui ont voté qui sont poursuivis et à travers eux leurs électeurs auxquels il devrait être rendu compte, mais motus. On a quand même fini par savoir que l’un de ces trois recours a été déposé par un vieux monsieur qui possède un terrain dans la rue et est ulcéré de ce procédé. Le maire l’aurait croisé ensuite, et l’aurait vertement tancé pour son action (déposer un recours administratif est pourtant le droit de tout-un-chacun dès lors qu’ il s’estime lésé). Lamy, en cela « digne » successeur de Michel Péricard qui piquait d’énormes colères, l’aurait menacé de perdre tous ses biens, rien que cela. Le vieux monsieur en aurait fait un malaise. On se demande s’il va porter plainte pour cette tentative de le faire taire et le faire renoncer à son droit le plus élémentaire, celui de faire valoir ses droits.

Mais les saint-germanois se consolent en faisant passer sous le manteau une série de messages par net interposé. Tout le monde s’y est mis. (Ah quand va-t-on enfin contrôler le net et le réduire au silence ?…) Lamy par exemple aurait dit : « la rue Saint-Léger est moche de chez moche, ce ne sera pas pis avec une mosquée. » Dans cette courte phrase on peut voir deux insultes : une insulte à la rue Saint Léger, qui est loin d’être moche et qui a droit au respect du maire. Ses habitants aiment leur rue, et n’ont pas à être dénigrés en termes d’esthétique, l’esthétique étant une notion relative. Et si en effet cette rue était objectivement moche, qu’a fait la municipalité pour l’améliorer ? Rien. Elle permettrait que le rû de Buzot soit enterré, contrairement à la tendance actuelle qui veut laisser ces eaux à l’air (comme la Bièvre par exemple). Ensuite une mosquée c’est donc moche. N’y a-t-il pas là un relent d’islamophobie ?…Les musulmans de l’association Mosaïque savent-ils ce que dit le maire d’une mosquée ?…  Il faudrait qu’ils le sachent. Il y a là une sorte de cynisme. Le maire crée cette association dans son bureau pour construire une mosquée, mais dans le dos de l’association il dit qu’une mosquée c’est moche. « Moche » dans le Larousse est défini par « laid », « mauvais », on ne peut qu’être d’accord, mais tout de même cette phrase fait désordre.

Sur internet, comparant le conseil municipal à un théâtre, on passe allègrement du drame au vaudeville, les deux se côtoient de près à Saint-Germain, avec des amants (comprenez : des dossiers) dans le placard. Il faudra bien finir par ouvrir ces placards. Par exemple les emprunts toxiques du SIDRU, et la braderie des terrains municipaux à des prix défiant toute concurrence.

Déjà, comme au théâtre grec, le choeur entoure les courtisans qui se taisent servilement, attendant d’être ou de ne pas être, selon le dilemme shakespearien de Hamlet, sur la prochaine liste du maire. Pleins d’espoir, ils se taisent comme un seul homme. Mais il ne faut jamais oublier non plus que la roche tarpeïenne est tout près du capitole.

Il faudra bien qu’Emmanuel Lamy assume ses responsabilités. Or il choisit plutôt de refuser de parler de ce qui fâche, pour ne pas lui donner d’importance. C’est au nom de la même stratégie que celle qui refuse que l’on parle du FN, qu’Emmanuel Lamy refuse de parler des trois recours contre son PLU ou d’en entendre parler. Quelques braves conseillers municipaux dorment encore peut-être du sommeil du juste sans le savoir, comme les cocus des pièces de boulevard qui sont les seuls à ne pas savoir qu’on les trompe. Lamy refuse aussi de parler de la mosquée. Les deux questions sont liées et il faudra bien en parler un jour, sous peine de donner libre cours à la rébellion qui couve dans la ville. Il faut se méfier de l’eau qui dort.

Emmanuel Lamy doit donc prendre un virage en épingle à cheveu s’il veut être réélu car il pourrait bien avoir mécontenté absolument tout le monde. Il mécontente ses électeurs musulmans, qui vont voir leur projet immobilisé malgré les engagements secrets mais bien réels du maire à leur égard. Il mécontente ses électeurs habituels, les Esprits Médiocres, qui se réveillent en faisant leurs comptes, se découvrant grugés par des ventes immobilières contestables, et refusent viscéralement une mosquée intégriste. Le sort pourrait bien tourner, pour Emmanuel Lamy, ainsi d’ailleurs que pour Arnaud Péricard qui, ayant rejoint la liste de Lamy et décevant ainsi ses électeurs, se croit son dauphin mais qui ne réalise pas que ses électeurs potentiels, probablement des Médiocres aussi, sont également opposés à la gabegie et à une mosquée proche des frères musulmans, sur leur sol. A force d’avoir le regard fixé sur le pouvoir, nos élus en perdent le sens du peuple.

La ville de Saint-Germain, belle endormie dans sa forêt, espère trouver dans les élections un autre prince charmant – si tant est qu’Emmanuel Lamy ait jamais été un prince charmant – que ces deux dinosaures fossilisés dans leur aveuglement. Elle est prête à élire dans la joie et les battements de tambour celui qui saura la charmer par des pratiques financières saines et dépourvues de manipulation. Par un vrai débat municipal, transparent et sans contorsions, ce qui semble rare dans toutes les villes par les temps qui courent et est pourtant le b,a, ba de la démocratie. Et par le rejet de la mosquée aux calendes grecques. Une mosquée à Saint-Germain rue Saint-Léger, dans une vieille rue où autrefois était le premier habitat de Saint-Germain autour de la chapelle Saint Léger vers 650, où aurait vécu un ermite du même nom, cela sent un peu trop le saint chrétien, ne paraît pas vraiment halal et ne devrait même pas sourire aux musulmans. Il est vrai qu’ils n’ont pas tellement le sens de l’humour. Charlie Hebdo en sait quelque chose.

Avis aux amateurs, la mairie est à prendre, mais attention, pas à n’importe quel prix. Pas sérieux s’abstenir. Faites vos listes. Mais faites vite. Que ceux qui veulent que les choses changent se fassent connaître. Maintenant.

Sophie Durand

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