Salon de l’agriculture : le « village Potemkine »

Publié le 4 mars 2019 - par - 13 commentaires - 910 vues

French President Emmanuel Macron gestures while speaking with exhibitors as he visits the International Agriculture Fair (Salon de l’Agriculture) at the Porte de Versailles exhibition centre in Paris, France, February 23, 2019. Ludovic Marin/Pool via Reuters

La grand cirque du Salon de l’Agriculture vient de s’achever. Cette liturgie annuelle, passage obligé pour toute personne souhaitant exister dans le panier de crabes du microcosme, laisse un goût amer. Ma carrière de vétérinaire de campagne pendant 35 ans m’a amené à une constatation implacable basée sur l’observation des faits : notre agriculture est en train de mourir ! Je l’ai vue mourir à petit feu, sans comprendre au départ le processus mortifère, pensant que c’était la rançon du progrès et de la modernisation ( j’ai connu à mes débuts des agriculteurs qui utilisaient encore des bœufs ou des chevaux ! ).

Aucune autre profession n’a fait autant d’effort pour se moderniser et s’adapter et, pour toute récompense, elle subit l’asphyxie progressive, malgré les subventions déversées en pure perte. Ces subventions sont d’ailleurs une forme de mise sous tutelle destinées à calmer les velléités de révolte et à pervertir le sens de l’effort des paysans. Les causes sont multiples : désertification de la France périphérique, trahison des grands syndicats et des politiques, difficultés pour fonder une famille et transmettre ou s’installer, avalanche de normes absurdes, fiscalité et charges confiscatoires, concurrence déloyale du marché mondialisé avec un quasi-servage lié au Crédit Agricole et au processus de « filières » de l’agri-fourniture en amont et de la commercialisation en aval, etc.

Un agriculteur se suicide tous les 2 jours, nos terres sont rachetées par les Chinois, des productions où nous étions leaders passent à l’étranger, bref le tableau est désespéré ! La part des paysans est passée de 23 % de la population en 1958 à 3 % 60 ans plus tard, dont certains sont devenus des « agri-managers » montrés en exemple, alors que leurs pratiques intensives, par leur effet sur les sols, entraînent une baisse tendancielle des rendements, et ne bénéficient qu’à l’industrie agroalimentaire. Le Salon de l’Agriculture rassemble bien sûr la « fine fleur » de notre agriculture, avec des performances le plus souvent remarquables dans beaucoup de domaines et notamment dans le domaine génétique. Cela est incontestable. Cependant, cette grand-messe agricole est un théâtre d’ombres car derrière il n’y a plus rien. Nos dirigeants et le peuple des villes peuvent venir sentir les effluves de fumier, de gaz intestinaux ( à effet de serre paraît il…), flatter quelques croupes ou mufles humides, goûter les spécialités des terroirs fruit de siècles de tradition, souvent mises à mal par les législations européennes (cas des fromages au lait cru).

Alors oui, nous avons là un décor à la façon des villages artificiels aux façades pimpantes que faisait visiter Grigory Potemkine à la grande Catherine de Russie, afin de la tromper sur l’état réel du pays. Nous sommes, dans ce domaine comme dans tant d’autres, dans la « com », dans le déni du réel, dans le virtuel. Dormez braves gens…

Seul espoir, la jaunisse ictérique qui atteint notre beau pays : n’oublions pas que cette pathologie résulte de l’accumulation de bile qui ne trouve pas d’issue physiologique, le parallèle avec la situation actuelle n’est sans doute pas fortuit !

Alain de Peretti

Print Friendly, PDF & Email
Notifiez de
DUFAITREZ

J’ai eu la chance de siéger, jadis, au Conseil de l’ONIC, et de financer les secteurs céréaliers et viticoles au C.A.
La Flamme Paysanne brûlait encore… Nous étions les Rois en Europe…
Bruxelles les ont mis à bas…
La Terre nourricière les ensevelira ! “Adieu, Veaux, vaches, couvées…”

Marcus Indignatus

Le déni mène droit contre le mur. C’est dans tous les domaines comme ça.

senechal

Lorsque vous parlez de subventions au monde agricole, il faut préciser que ces subventions sont bien souvent “aspirées” par une minorité qui en a le moins besoin, par le biais de puissants syndicats qui veillent au grain et qui protègent les gros agriculteurs.
Pour le reste, chacun essaie de s’en sortir comme il peut.
Ce qui est vrai en revanche c’est cette mise en scène un peu théâtrale du “salon” de l’agriculture qui essaie de donner une vitrine de l’agriculture française, et que derrière cette mise en scène il y a la réalité de la misère du monde agricole qui s’asphyxie chaque jour un peu plus.Nos politicards font semblant chaque année de s’intéresser au monde agricole par pur intérêt électoral, car pour le reste, ces individus en ont rien à foutre des paysans qui se meurent.

le Franc

comment réduire un pays à sa merci ? — falsifier son histoire, insulter ses citoyens à longueur de discours, promulguer des lois liberticides, lui ôter toute possibilité de se retourner sur le plan de l’auto-survivance grâce aux terres arables, et lui passer le noeud gordien par la dette…….si en plus on insiste lourdement sur l’homosexualisme, le transgenres, la politique de l’ivg, qu’ il n’a plus de mur ou de frontières pour se préserver, c’est du gâteau.

limone

merci pour cet article que je vais faire passer .. nous savions , sans savoir , c’est indigne de notre pays que d’avoir laissé faire des dirigeants qui n’ont fait que regarder sans le sauver , que ce soit en agriculture, où dans l’industrie ! que faire à notre niveau sinon d’acheter français ? Monsieur de Peretti , si vous êtes en retraite , venez sur les plateaux , distribuez des tracts, montrez nous , peut être avec Mr Perrico Légasse. . passionné du terroir français ..

Alain de Peretti

Merci Limone, je ne demande pas mieux que d’être invité sur les plateaux de tv mais je ne suis pas recensé dans le camp du bien!

the end

j espère que les paysans ne vont pas être assez cons pour le croire , par contre j aime le type du coté droit sur la photo avec une corde dans la main j espère qu il a de bonnes intentions , il ne manque plus qu’une potence pour accrocher cette peau de vache d a coté.

Une patriote

J’ai eu la même réflection, il a déjà préparé la corde pour le pendre, le lynchage est pour bientôt ?

the end

il y a un risque même si il n est pas grand surtout au salon de l agriculture le coup vache peut arriver ou se faire empaler par un taureau d origine >a fric haine< en rut ……sans plus de précision (dont je n ose pas rentrer dans les détails) j imagine notre freluquet entre les pattes avant de ce dernier eh oui ma petite patriote la vie nous réserve des surprises (parties) .

Dupond

regardez les doigts du paysan qui tient la corde et comparez les a ceux de macron (sans majuscule)

senechal

Vaut-il seulement la corde pour se balancer au bout?.

the end

il ne la vaut pas mais ça aide , un câble peut le faire également.

Lire Aussi