Sanitaire : les décodeurs du journal Le Monde manipulent l’info

Faisons ici la démonstration que la pensée officielle est manipulatrice. En effet, elle falsifie les faits, déforme les données, ne respecte pas les protocoles de recherche, biaise les informations, insinue sans preuve, etc.

Pour faire cet exercice, je vous propose de prendre l’article de William Audureau et Léa Sanchez : Le nombre de décès en 2020 est « nettement supérieur » à celui de l’année 2019. Contrairement à ce qu’affirment certains « covidosceptiques », la crise du coronavirus s’est concrétisée par une mortalité record en France, selon les chiffres – encore incomplets – de l’Insee. (Article publié le 8 janvier 2021 à 17h11 – Mis à jour le 08 janvier 2021 à 19 h 57). Prenons trois extraits et démontrons en quoi chacun est une véritable manipulation.

Extrait 1

« En 2020, la France a connu la plus importante mortalité de son histoire récente, selon les chiffres de l’Insee, et ce sans même prendre en compte les morts survenues en toute fin d’année, et qui n’ont pas encore pu être comptabilisés. Le nombre de 613 395 décès correspondant au bilan déjà sans précédent de la mortalité en 2019, a été atteint dès le 5 décembre 2020, explique l’Insee au Monde. Selon le bilan le plus récent, entre le 1er janvier et le 28 décembre 2020, la France avait enregistré 659 941 décès. Soit un écart de plus de 46 000 morts. »

Prenons deux citations de cet extrait pour montrer la manipulation :

Citation 1 : « La plus importante mortalité de son histoire »

L’expression est triplement fausse.

1) Le nombre de décès n’est pas la mortalité. En effet, la définition de la mortalité est : rapport entre le nombre de décès et l’effectif moyen de la population dans un lieu donné et pendant une période déterminée. La phrase confond donc le nombre de décès et la mortalité. Erreur de jeunesse sans doute ou tromperie ?

2) La mortalité est comparable à celle des années 80, entre 9,6 et 9,9/1000 habitants, et même en dessous d’une année à un peu plus de 10 en 1983. Rappelons que la France passe de 57 millions d’habitants dans les années 80 à 67 millions aujourd’hui. Le taux de mortalité est lié au vieillissement de la population et à l’évolution de la santé, sans oublier les guerres et autres persécutions en d’autres temps.

3) Le nombre de morts par an étudié  sur longue période est par exemple de 750 000 à 850 000 selon les décennies du XIXe siècle. Il est de 742 732 en 1929. Il est de 645 000/an en moyenne durant les années trente. Nous renvoyons les journalistes du Monde aux brillants travaux de France Meslé et Jacques Vallin : Reconstitution de tables annuelle de mortalité pour la France au XIXe siècle publiés dans Population en 1989 (p.1121-1158) L’Insee écrit même : « En 2019, 613 000 personnes sont décédées en France. Il s’agit du nombre le plus élevé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » Preuve que le nombre de décès a été supérieur dans notre histoire, sauf à ne pas comprendre le sens du repère historique indiqué par l’Insee « depuis ». Mensonge donc et information tronquée.

Si nous étions à l’école. Mauvais travail et incompréhension des données avec manque de sérieux dans les recherches historiques pour vérifier la pertinence de son affirmation.

Citation 2 : « au bilan sans précédent de la mortalité en 2019 »

La phrase est très manipulatoire dans sa construction. L’expression est doublement fausse.

1) Nous venons de montrer que des précédents existent en matière de nombre de décès. L’assertion est au sens littéral de l’expression « sans précédent », une contre-vérité.  Elle laisse supposer que jamais cela ne s’est produit, ce qui est faux. L’Insee, en précisant « depuis la Seconde Guerre mondiale », sait parfaitement que le nombre de décès a été très souvent supérieur, tant au XXe siècle qu’antérieurement.

2) Les auteurs dramatisent une donnée qui n’a rien à voir avec la maladie qui débute en février et mars 2020. Quel est le rapport entre les décès de 2019 et la Covid-19 ? Aucun. Nous sommes en présence d’une dramatisation sans relation avec l’objet d’étude.

Si nous étions à l’école, la phrase est hors sujet en renouvelant les erreurs de la précédente. Entêtement, incompréhension de la méthode mais aussi manipulation du lecteur.

Extrait 2

« Le nombre de décès en 2020 est nettement plus important que celui de l’année précédente, corrige Sylvie Le Minez, cheffe du département des études démographiques et sociales à l’Insee. C’est la première année où l’on atteint un tel niveau de décès, sachant que l’on voit déjà la mortalité progresser d’environ 6 000 personnes chaque année en raison de l’arrivée des générations du baby-boom, beaucoup plus nombreuses que les autres, dans des âges où l’on meurt plus souvent. Mais la hausse de cette année est sans commune mesure. »

Nos journalistes manipulent cette fois le propos d’une démographe. La réalité est plus complexe. Rappelons qu’un pays jeune comme Israël à un taux de mortalité de 5/1000 habitants, soit 2 fois plus faible que le nôtre en raison de la jeunesse de la population. La réalité est dans la tendance que les démographes prévoyaient depuis des années, pariant à juste titre sur les limites de la médecine et l’inexorable mortalité des nonagénaires ou centenaires. Regardez.

Année Décès Taux de mortalité
2020 669 000 9,9 (+ 0,8)
2019 613 243 9,1 (+ 0)
2018 609 648 9,1 (+ 0)
2017 606 274 9,1 (+ 0,2)
2016 593 865 8,9 (+ 0)
2015 593 680 8,9 (+ 0,5)
2014 559 293 8,4 (- 0,3)
2013 569 236 8,7 (+ 0)
2012 569 868 8,7

Les variations s’expliquent  très bien par le vieillissement, les événements climatiques (canicule) ou par la dureté d’une grippe saisonnière en 2017. L’écart entre 2003 et de 2004 de 9,1 à 8,3, soit (- 0,8) montre que ces variations existent entre 8 et 10 en France depuis des décennies. La tendance haussière depuis 2014 avec un palier en 2017, 2018 et 2019 marque une hausse de (+ 0,7). Celle entre 2019 et 2020 est semblable. Le propos scientifique est infiniment plus nuancé.

Extrait 3

« Alors que la mortalité quotidienne, toutes causes confondues, est en France habituellement comprise entre 1 400 et 1 900 décès par jour, elle a dépassé la barre des 2 000 morts quotidiennes de manière quasi ininterrompue du 16 mars au 19 avril et très fréquemment du 21 octobre au 16 décembre 2020. L’écart le plus important a été enregistré le 1er avril, avec 2 811 morts contre 1 684 le même jour, en moyenne, sur les cinq précédentes années. Du reste, depuis le second pic (le 7 novembre), le nombre de morts baisse très lentement. »

Pour cet extrait, la manipulation est tout aussi grossière que la déloyauté intellectuelle dans l’usage des données. Prenons deux citations pour terminer notre démonstration.

Citation 1 : « habituellement comprise entre 1 400 et 1 900 décès par jour, elle a dépassé la barre des 2 000 morts quotidiennes de manière quasi ininterrompue du 16 mars au 19 avril et très fréquemment du 21 octobre au 16 décembre 2020. »

Faites le calcul de la surmortalité induite sur ces semaines-là. La mortalité moyenne étant de 1 650/j, l’écart sur 5 semaines de mi-mars à mi-avril représente donc 350 morts par jour multiplié par 35 jours, soit 12 250 morts. Les écarts mensuels sont fréquemment de l’ordre de 10 à 15 000. Rien de scandaleux.  Que dire ? Bidouillage pour lecteur rapide et impulsif qui croira sans prêter attention.

Citation 2 : « L’écart le plus important a été enregistré le 1er avril, avec 2 811 morts contre 1 684 le même jour, en moyenne, sur les cinq précédentes années. »

Là encore, extraire une donnée isolée n’a pas beaucoup de sens. Nos journalistes oublient les valeurs mensuelles de cette période. Avril 2020 : 65 900 décès. Un mois fort comparable à janvier 2017 : 66 990. À quoi sert d’extraire la valeur d’une journée, si ce n’est pour faire peur ? Qu’en est-il vraiment de l’écart à 2019 sur le premier semestre qui fut la période critique de « l’épidémie » ? Nombre de décès au 1er semestre en 2019 : 307 752, en 2020 : 327 600 soit un écart de 20 000 qui se concentre sur mars et avril. À noter qu’en 2019, les morts en cumul sur janvier et février sont de 114 000 pour un peu moins de 107 000 en 2020. Hiver rude, hiver doux, virus saisonnier. Rien de paniquant. En isolant un chiffre sur une seule journée pour le comparer à une valeur moyenne calculée sur une année, nos journalistes montrent qu’ils trichent. Une valeur isolée peut être significativement en écart avec la moyenne d’une période et ce n’est en rien une démonstration.

Pour conclure, dans quelle rubrique du journal Le Monde trouve-t-on cette merveille de ré-information des ignorants ? Les Décodeurs ! Je propose que nous décodions régulièrement les décodeurs, parce que la fabrique de la fausse information est là.

Pierre-Antoine Pontoizeau

 

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8 Commentaires

  1. Depuis que ce torchon Le Monde a fait l’apologie de la pédophilie, défendu des pédophiles incarcérés, tous les journalistes et salariés qui sont restés travailler, collaborer avec lui sont des pédo-complices. Est-ce un hasard que l’un des ses investisseurs majoritaires fut non seulement militant de l’exploitation du ventre des femmes pour la GPA, LGBT oblige, mais également l’amant d’un pédophile bizarre qui, si on se réfère à ses dessins, pas stylisés du tout, de « La Vilaine Lulu », publié en 1967 sous forme de bande dessinée ou viols, tortures, prostitutions et assassinats d’enfants sont glorifiés ?
    Le hasard n’existe pas, il n’y a que des statistiques ou des phénomènes chaotiques qui sont eux-mêmes des « systèmes critiques auto-régulés ».

  2. Excellente analyse ; l’habileté du Monde en matière de manipulation de l’information et de propagande gaucho culturelle n’est plus à démontrer .

  3. L’approche la plus intéressante est à mon sens celle de Pierre Chaillot. Ce dernier travaille en « décès standardisés » (= décès sur un an, à pyramide des âgées constante, pour tenir compte à la fois de l’évolution du nombre de Français, et de leur vieillissement).
    Et là, il arrive à une mortalité 2020 dans la moyenne de 2010-2019. Cela aurait pu être mieux, puisque ce nombre de décès standardisés diminue constamment depuis des décennies. Mais c’est sensiblement moins bon que des pays comme l’Allemagne, ou la Suède (mais oui), ou encore le Danemark. Les pays qui n’ont pas sombré dans le grand n’importe quoi enregistrent finalement une mortalité semblable à celle des autres années ou en très légère hausse. Normal, le Covid a peu ou prou les mêmes cibles que les virus hivernaux habituels.

    • Les médias comme Le Monde mentent par omission, en fait. Ils « oublient » de mettre les décès en perspective, en particulier par rapport au vieillissement de la population. 4 millions de Français de plus de 65 ans en 20 ans, ça compte ! Et ces gens finissent par mourir, c’est triste mais c’est ainsi.
      Et ils « oublient » de rappeler les énormités commises par le gouvernement dans la gestion de l’épidémie, qui fatalement ont abouti à davantage de décès. Ou comment attribuer au virus les erreurs et fautes, parfois graves, du gouvernement.

  4. le monde est un outil de propagande dans tous les domaines
    la preuve, qui encore l’achète ?

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