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Sarko, un an de taule « aménagé », Ryssen, 17 mois « dur »

Le Tribunal correctionnel de Paris vient de déclarer Nicolas Sarkozy coupable de corruption et de trafic d’influence dans l’affaire dite « des écoutes » et l’a condamné à trois ans de prison, dont un an ferme.

L’intéressé peut faire appel, et pendant ce temps, il est présumé innocent. Mais quand même, avec toutes ses casseroles à la queue, ça serait étonnant que la « figure tutélaire des Républicains » continue à passer indéfiniment entre les gouttes.

Qu’on se rassure, Sarko derrière des barreaux, on ne verra : son année de « peine » sera aménagée sous la forme d’un bracelet électronique.

Autrement une plaisanterie : cet aimable gadget sert simplement à savoir si vous êtes chez vous ou non, mais ne peut en aucun cas permettre à la police de vous localiser quand vous quittez votre domicile : ce n’est pas un GPS.

Vous pouvez tranquillou commettre un braquage en portant un bracelet. Si vous ne vous faites pas prendre, personne ne saura que c’est vous. Une condamnée s’était même amusée à mettre son bracelet autour du cou de son chat. Les flics ont mis plusieurs semaines avant de flairer qu’il y avait un loup.

Seule question sérieuse : est-ce qu’il va pouvoir quitter son bracelet pour baiser ? Ça ne doit pas être très sexy pour la dame. A moins que ça ne l’excite : allez savoir, dans ces milieux politico-mafieux de tous bords

Autre « braceletisé » célèbre : Cahuzac. Je n’insiste pas : tout le monde se souvient de cette affaire d’escroquerie majeure qui a fait dégueuler la France entière, même les socialos, c’est vous dire.

Là aussi, Cahuzac s’en était tiré avec un bracelet électronique. Magnifiquement défendu par Dupond-Moretti, « l’avocat des pauvres et des déshérités », Cahuzac s’en est tiré avec deux ans avec sursis avec un simple port du bracelet. Quand on est « de la haute », on ne va quand même pas se retrouver au trou à côtoyer le bas peuple. Et surtout pas des immigrés-qui-n’ont-même-pas-les-codes, faut pas charrier.

Qu’a donc fait Sarko pour mériter de porter pendant un an ce joli bijou ? Rien ou pas grand-chose. Il n’a attenté qu’à l’honneur du pays dont il n’était que le président de la République. Vous savez, la France, pour ces gens-là, ce n’est qu’un hôtel.

Alors ravaler un hôtel au rang d’une république bananière : où est le problème ? Je vous pose la question… Une banale affaire qui ravale la France au rang de ses anciennes colonies africaines. Les médias internationaux relatent l’affaire, goguenards. Quant à l’hôte du Kremlin, l’effroyable Poutine, on peut entendre son rire d’ici… A part ça, passez votre chemin, y a rien à voir.

En revanche, Hervé Ryssen est au trou depuis septembre dernier et pour encore un an.

Son crime : avoir écrit sur le judaïsme des textes qui ont été interprétés, par les juges et les prétendus antiracistes, comme de l’incitation à la haine contre un groupe de personnes en raison de leur religion. Des choses qui, en France, vous conduisent recta au trou. Et sans bracelet.

Alors que les médias ont relaté, en entrefilet et sans la moindre compassion, la condamnation d’Hervé Ryssen, marié et père de deux petites filles, ils dégoulinent ce soir de mansuétude, à longueur de colonnes, pour l’ancien président de la République.

Je ne vous demande pas de chercher l’erreur : je suis sûr que vous l’avez trouvée.

Henri Dubost