Sarkozy est un bonimenteur, car l’Euro ne survivra pas à cet accord de dupes

Publié le 31 octobre 2011 - par - 867 vues
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Les dirigeants de la zone euro ont conclu un accord, vers 4 heures du matin  le  jeudi  27 octobre 2011, pour tenter de sauver l’euro. Pourtant, selon Jacques Sapir, ce plan anti-crise est le « pire accord envisageable », car il va contribuer à nous plonger encore davantage dans la récession et priver l’Europe de son indépendance. D’autant plus qu’il ne suffira pas à sauver la Grèce.

La dernière intervention du soldat Sarkozy le 27 octobre 2011 sur les deux chaines nationales de TF1 et France 2 a été une nouvelle fois un exercice de communication  exclusivement destiné à redorer l’image d’un Président discrédité, éloigné des préoccupations des Français et surtout imbu de sa personne, voulant nous faire croire que si les Européens n’étaient pas parvenus à un accord pour sauver l’Euro le Monde courrait à sa perte.Le message subliminal était le suivant : j’ai trouvé un accord tout seul donc moi ,tout seul avec mes petits bras , j’ai sauvé le monde. Quand on vous dit que nous avons un président extraordinaire …

Il s’est livré à un numéro d’équilibriste critiquant tout à la fois un système financier devenu fou et la mondialisation, mais n’apportant aucune réponse probante et crédible pour  y remédier.

Sarkozy a toujours été le représentant d’une caste et le serviteur zélé des élites de la finance internationale qui n’ont aucune envie de changer quoique ce soit dans la façon de gérer le Monde à leur profit.

Comment peut-on croire un seul instant  ce bonimenteur et ce mystificateur, alors que depuis la crise des subprimes de 2007 qui nous a conduit au dérèglement de toutes nos économies, les dirigeants du G20 n’ont rien changé et ont continué à laisser les oligarchies financières mener la danse, sans que les Politiques n’aient eu la volonté de les en empêcher.

Nos élites dirigeantes sont  entièrement responsables de la financiarisation  de nos économies  et maintenant qu’ils ont ruiné nos pays, ils veulent nous  en faire payer la facture en nous expliquant  que nous avons vécu pendant trop longtemps au dessus de nos moyens.

Est-ce les peuples qui sont responsables des errements du système libéral, du libre échange et de la concurrence déloyale que la mondialisation a engendré et encouragé, ce, à la demande des multinationales et des puissances d’argent ?

Est-ce les peuples qui sont responsables des délocalisations, de l’écrasement des salaires, de la remise en cause  des protections sociales ?

Est-ce les peuples qui sont responsables du travail précaire, du chômage massif, et de la désindustrialisation de nos pays ?

Les mesures de cet accord de dupe  ne régleront nullement les problèmes structurels auxquels sont confrontés nos pays endettés. Pour sauver l’Euro coûte que coûte on nous propose une nouvelle fois de recourir à l’emprunt  donc à l’endettement pour rembourser  les intérêts des dettes souveraines qui continueront à augmenter, car comme tout le monde le pressent  les plans d’austérité tueront la croissance  et sans croissance, il n’y aura pas de création d’emplois, il n’y aura pas de richesses nouvelles et il n’y aura pas de recettes fiscales indispensables pour résorber nos déficits et réduire nos dettes souveraines.

Sarkozy est un bonimenteur  pour sauver l’Euro il est prêt à paupériser les Français, alors qu’il sait pertinemment que comme  pour la Grèce, tous les pays de l’ Eurozone en grandes difficultés (Espagne, Italie, Irlande, Portugal et bientôt la France), seront obligés de demander aux investisseurs détenteurs d’obligations d’états  d’accepter très prochainement  un abandon de créances pour que nous puissions relancer nos économies afin que nos peuples respectifs ne se révoltent pas.

Vouloir maintenir une monnaie unique à tout prix qui écrase nos économies est irresponsable et même suicidaire.

Nous avons trompé les Peuples en leur proposant une monnaie unique, alors que nous savions que nos pays étaient bien trop différents pour pouvoir assumer économiquement, socialement et fiscalement  une telle monnaie qui a été élaborée sur la parité du deutsche mark.

Pour illustrer mon propos, je vous livre l’analyse de Laurent Pinsolle, délégué national de DLR ( Debout la République ) suite au 5éme plan de sauvetage de l’Euro et que  pour sortir du marasme économique  actuel dans lequel nous nous trouvons , préconise le retour aux monnaies nationales :

http://www.dailymotion.com/video/xm0x6n_laurent-pinsolle-dlr-reagit-au-5eme-plan-de-sauvetage-de-l-euro_news#from=embed

L’accord qui vient d’être entériné par les dirigeants Européens ne résistera pas à l’analyse qu’en tireront les marchés quand ils auront compris les limites de cet accord présenté par Nicolas Sarkozy  comme celui qui aura évité au Monde la catastrophe.

Je laisse à l’appréciation des lecteurs la réaction de Marine Le Pen à l’intervention de Sarkozy tentant d’expliquer aux Français que l’accord de Bruxelles était une bonne nouvelle pour le sauvetage de l’Euro.

http://fr.sevenload.com/videos/bsaXS81-Marine-Le-Pen-debat-dans-Sarkozy-face-a-sa-crise

Voila  comment  Jacques SAPIR  analyse les mesures de cet accord  soit disant historique :

1. Une réduction partielle de la dette mais ne touchant que celle détenue par les banques. Autrement dit c’est 100 milliards qui ont été annulés et non 180 (50% de 360 milliards). Cela ne représente que 27,8%. La réalité est très différente de ce qu’en dit la presse. Cela ramènera la dette grecque à 120% en 2012, ce qui est certes appréciable mais très insuffisant pour sortir le pays du drame dans lequel il est plongé.

2. Le FESF va se transformer en « fonds de garantie » mais sur les 440 milliards du FESF, seuls 270 milliards sont actuellement « libres ». Comme il faut garder une réserve c’est très probablement 200 milliards qui serviront à garantir à 20% les nouveaux emprunts émis par les pays en difficultés. Cela représente une capacité de 1000 milliards d’emprunts (200 / 0,2). C’est très insuffisant. Barroso avait déclaré qu’il fallait 2200 milliards et mes calculs donnaient 1750 milliards pour les besoins de la Grèce (avant restructuration) du Portugal et de l’Espagne. Cet aspect de l’accord manque totalement de crédibilité.

3. La recapitalisation des banques est estimée à 110 milliards. Mais, l’agence bancaire européenne (EBA) estimait ce matin la recapitalisation à 147 milliards (37 de plus). De plus, c’est sans compter l’impact du relèvement des réserves sur les crédits (le core Tier 1) de 7% à 9% qui devra être effectif en juin 2012. Il faudra en réalité 200 milliards au bas mot, et sans doute plus (260 milliards semblent un chiffre crédible). Tout ceci va provoquer une contraction des crédits (« crédit crunch ») importante en Europe et contribuer à nous plonger en récession. Mais, en sus, ceci imposera une nouvelle contribution aux budgets des États, qui aura pour effet de faire perdre à la France son AAA !

4. L’appel aux émergents (Chine, Brésil, Russie) pour qu’ils contribuent via des fonds spéciaux (les Special Vehicles) est une idée très dangereuse car elle va enlever toute marge de manœuvre vis à vis de la Chine et secondairement du Brésil. On conçoit que ces pays aient un intérêt à un Euro fort (1,40 USD et plus) mais pas les Européens. La Russie ne bougera pas (ou alors symboliquement) comme j’ai pu le constater moi-même lors d’une mission auprès du gouvernement russe en septembre dernier.

5. L’engagement de Berlusconi à remettre de l’ordre en Italie est de pure forme compte tenu des désaccords dans son gouvernement. Sans croissance (et elle ne peut avoir lieu avec le plan d’austérité voté par le même Berlusconi) la dette italienne va continuer à croître.

6. La demande faite à l’Espagne de « résoudre » son problème de chômage est une sinistre plaisanterie dans le contexte des plans d’austérité qui ont été exigés de ce pays.

7. L’implication du FMI est accrue, ce qui veut dire que l’ œil de Washington nous surveillera un peu plus… L’ Europe abdique ici son « indépendance ».

8. La BCE va cependant continuer à racheter de la dette sur le marché secondaire, mais ceci va limiter et non empêcher la spéculation.

Nous nous en sortirons pas si nous continuons dans cette voie qui ne peut que nous mener au désastre économique. Nous devons absolument retrouver nos souverainetés nationales et réfléchir à une sortie de l’Euro concertée, afin de redonner à nos économies des marges de manœuvre pour relancer la croissance et la prospérité de nos Peuples.

Donnons -nous des dirigeants à la hauteur de nos aspirations profondes celles d’être maître de notre destinée et du choix des politiques que nous voulons mener pour le bien être des générations futures qui devront réparées  les erreurs  passées de leurs ainés.

Fabrice LETAILLEUR

Voir son blog

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

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