Sarkozy : La justice prend sa revanche sur la politique

Publié le 2 mars 2021 - par - 15 commentaires - 565 vues
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Certains s’en réjouissent, d’autres s’en inquiètent, la justice ne manifeste plus aucune complaisance avec le monde politique comme on le voit avec la lourde condamnation de Nicolas Sarkozy par le tribunal judiciaire de Paris.

Pendant très (trop) longtemps, la Justice est apparue comme soumise au pouvoir. Les élites, de gauche comme de droite, jouissaient d’une scandaleuse impunité. Dans la plupart des affaires, les juridictions rendaient des ordonnances de non-lieu. S’il arrivait que le prévenu comparaisse devant le tribunal, il était bien souvent relaxé ou condamné à une peine de prison avec sursis. Les choses, en fait, n’avaient guère changé depuis l’époque où Jean de la Fontaine avait écrit sa fameuse sentence : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ». C’était sous le règne de Louis XIV, le Roi-Soleil, le tout-puissant monarque de droit divin qui, comme ses prédécesseurs sur le trône de France, se voulait le représentant de Dieu dans le royaume. Et toutes les décisions de justice étaient rendues en son nom.

Avec l’avènement de la République s’est posée la question de la séparation des pouvoirs et donc de l’indépendance de la justice. Condition essentielle d’un État de droit, elle doit permettre aux citoyens d’obtenir un jugement impartial et équitable. « Le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire » stipule l’article 64c de notre Constitution. La révision de 2008 a apporté de nouvelles garanties à l’indépendance de la justice en retirant au chef de l’État certaines prérogatives comme celle de présider le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Mais la question de la place du parquet dans l’ordre judiciaire et de sa dépendance vis-à-vis du ministre de la Justice n’a toujours pas été résolue.

Réquisitoire sans concession
La condamnation de Nicolas Sarkozy à trois ans de prison dont un ferme pour corruption et trafic d’influence dans « l’affaire des écoutes téléphoniques » vient rappeler que nul n’est au-dessus de la loi, pas même un ancien président de la République. Dans un réquisitoire sans concession, le représentant du PNF (parquet national financier) avait lancé : « La République n’oublie pas ses Présidents, ne serait-ce que parce qu’ils font l’Histoire. À l’inverse on ne peut pas admettre d’un ancien Président qu’il oublie la République et ce qu’elle porte depuis plusieurs décennies : un État de droit ».

Chacun interprétera à sa manière cette décision de justice qui est une première, sous la Ve République, pour un ancien chef de l’État. La droite est stupéfaite et sonnée par la sévérité de cette condamnation. Ses dirigeants ne s’attendaient pas à un tel coup de massue tant ils s’étaient convaincus que « l’affaire ne reposait sur rien ». Pour le polémiste Éric Zemmour, il s’agit d’un règlement de comptes, car « Sarkozy avait humilié les magistrats » les traitant de « petits pois bien alignés ». D’autres dénoncent un « procès politique », voire un « acharnement judiciaire » et demandent la dissolution du parquet national financier. Beaucoup estiment que «  la peine est totalement disproportionnée». Nicolas Sarkozy et ses deux coaccusés ont fait appel du jugement. À suivre !

C’est en décembre 2013 que François Hollande avait décidé de créer le PNF, suite au scandale politico-financier mettant en cause Jérôme Cahuzac, alors ministre du Budget. Objectif de cette nouvelle institution judiciaire : « lutter de manière déterminée contre toutes les formes de fraudes et d’atteintes à la probité portant atteinte tant à la solidarité nationale qu’à l’exemplarité de la République ». Le champ d’intervention du PNF est étendu. Il ne se limite pas à « traquer la grande délinquance économique et financière » comme il se voulait à l’origine.

Une bonne dizaine de procédures
Tous les puissants, quelle que soit leur position dans l’échelle sociale, sont prévenus. À tout moment le procureur national financier peut décider de diligenter une enquête sur des faits présumés, comme ce fut le cas en 2017 pour François Fillon, en pleine campagne pour l’élection présidentielle. À l’époque – déjà – on accusa le PNF d’avoir « torpillé » la candidature de l’ancien Premier ministre, candidat de la droite à la magistrature suprême. Fallait-il, pour autant, accuser cette institution d’arrière-pensées politiques, comme c’est aujourd’hui le cas pour Nicolas Sarkozy, candidat potentiel à la prochaine présidentielle ? La cote de popularité dont jouit l’ancien président de la République auprès des électeurs de droite peut-elle tout excuser ? Depuis dix ans, son nom apparaît régulièrement dans la chronique politico-judiciaire. Il est cité dans une bonne dizaine de procédures.

Sans remonter à la mystérieuse affaire Clearstream, où le futur Président se présentera comme victime d’une machination, c’est dans l’affaire Bettencourt qu’il est sur la sellette, soupçonné d’avoir bénéficié de l’argent de la veuve du fondateur de l’Oréal pour le financement de sa campagne présidentielle de 2007. Mis en examen pour abus de faiblesse en mars 2013, il bénéficiera d’un non-lieu en octobre de la même année. Il sera aussi mis en examen dans l’enquête sur le financement libyen de sa campagne de 2007. Prochain rendez-vous avec la justice, le 17 mars où il est poursuivi dans l’affaire Bygmalion, en même temps que dix autres prévenus, pour les dépenses excessives de sa campagne de 2012. Un procès prévu pour durer jusqu’au 15 avril. Sarkozy n’avait sans doute pas imaginé que la justice occuperait à ce point sa retraite !

Alain MARSAUGUY

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Notifiez de
Jean-Louis

C’est sans doute cela les fameux « corps intermédiaires » freins à tout changement que Sarkozy dénonçait avec raison, il faut bien le dire durant son mandat.

André Piscione

La Justice est ,tout aussi pourri ,que le monde politique Mais, tant qu’ils se bouffent entre Eux Cela ne peut qu’assainir notre air

L BÉRA

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/la-procureure-de-la-cpi-annonce-une-enquete-sur-les-territoires-palestiniens-97d4ecdc4c04f9e74a7ebc99295b5b63

La France et ses parquets spéciaux, la cour européenne de djustice qui s’impose à toutes les nations de l’europe, Judiciarisation de la planète par la “CPI”, un “machin” supranational imposé sans aucune légalité… la mondialisation en marche.

François BLANC

la justice, quelle justice vous parlez des sous merdes islamo-marxistes de la magistrature dont la vocation est de finir au bled avec leurs protégés ?

Ralbol

c’est pas la justice mais l’injustice ! si t’es pas de goooche ou fils d’allah t’es mort !

Jill

La justice est toujours soumise au pouvoir comme celle des années 40.

Allobroge

La justice a eu une peur bleue quand SARKOZY a voulu la mettre au pas, en tout cas les juges de Gauche. Ils le lui font payer. Je ne sais pas s’il est corrompus, en tout cas tout est fait pour le laisser supposer et surtout l’empêcher de revenir sur le devant de la scène pour les prochaines présidentielles. Visiblement la Gauche attend avec impatience de pouvoir jouir de voir SARKOZY concrètement derrière les barreaux !.Toutefois il parait étonnant que la justice (certains juges) aient pu se permettre de mettre sur écoute un citoyen (fut il ex président) sans qu’une instruction soit ouverte et entre ce citoyen et son avocat !. Au nom de quoi ? D’une vengeance personnelle ? D’une suspicion ? Mais qui sont donc ces juges et qui jugent les juges ? Je sens la forfaiture à plein nez !

Filouthai

Alors qu’il avait dissimulé à l’étranger une partie de ses revenus qui lui avaient été payés en espèces, et une partie des commissions (occultes à lui) versées par les groupes pharmaceutiques (déjà) pour qu’il fasse la promotion habile de leurs produits ou l’instruction rapide de leurs demandes (quand il conseillait le Ministère de la santé). Cet éminent personnage a menti aux citoyens français, à leurs députés, au chef de l’Etat, et n’a pas fait une minute de détention bien qu’il ait placé en Suisse, puis à Singapour (merci HSBC) quelques millions d’euros !
Justice en deçà des Pyrénées, vérité au-delà !

Alexandre Vézère

Pas d’accord sur vos conclusions.
La Justice est devenue le Pouvoir suprême.

Filouthai

Article un peu léger parce qu’il oublie des faits récents ou pas trop éloignés dans le temps.
Contrairement à ce qui est écrit, la justice française est toujours aussi complaisante avec les politiciens français, en particulier ceux de gauche et ceux proches du pouvoir en place.
Ainsi, l’actuel Président de la Chambre des Députés, le maréchal Ferrand (ancien socialiste), est compromis dans une affaire d’ordre pénal puisqu’il a développé son patrimoine personnel en employant à cet effet des deniers publics. L’affaire est simplissime et vaudrait au citoyen lambda la honte et la prison. Et bien, il ne se passe rien, …. absolument rien.
Il y’a quelques années, le Ministre du Budget, en charge de la lutte contre la fraude fiscale, un certain Jérôme C., qui avait accepté son poste alors que

L BÉRA

N Sarkozy est victime, oui, VICTIME de la partialité insupportable , de l’intolérance absolue des procs et des djuges formés à l’école de la magistrature gauchiste.
Au moyen âge, les juges cathos-royalistes accumulaient 8 on-dits pour faire 1/4 de preuve, puis, comme Marius de Pagnol, 4 quarts de preuves bidons pour constituer une preuve.
Le proc tournaire a fait mieux il a accumulé les “NON -dits” en faisant espionner durant six mois N Sarkozy. Ce son ces “fadettes” de ragots qui ont servi à ces magistrats hollando-macronistes pour “prononce ” une condamnation qui les condamne, eux, les juges.
Mme Le Pen s’est élevée contre cette judiciarisation de la politique par le 4ème pouvoir..
Elle est bien la seule. Une réaction de masse de la droite centriste? Des Citoyens?

Hasso

“la justice ne manifeste plus aucune complaisance avec le monde politique”
Ah bon ! Et les affaires Kader Arif (financement de la campagne Hollande de 2012), Taubira (conflit d’intérêt avec l’assoc Anticor),… elles sont jugées quand ?
Et quand Hollande livrait des documents secret défense à des journalistes, qui l’ont écrit (Un président ne devrait pas…), quels juges se sont saisis ? (je crois que c’est l’article 411 et quelques, et 30 ans de ballon).
Allons, la gauche est toujours bien à l’abri avec les juges.
Ce sont les idiots de droite qui n’ont toujours pas compris qu’il fallait y faire le ménage (élection des juges, révocation à la première faute, interdiction du syndicalisme…)

patphil

la “justice” prend sa revanche…

L BÉRA

T’as tout faux, bonhomme!
La djustice ne “prend pas sa revanche”… contre qui, d’ailleurs?
Pouvoir non élu, formé à la mondialisation multiculturelle, sans aucun contrôle ni du Peuple ni de sa “hiérarchie”,, elle fait déjà ce qu’elle veut. Le “mur des cons” en est un terrible exemple. Sarkozy y figurait DÉJA.

La djustice s’affranchit désormais des lois en les interprétant à sa guise. Elle choisit SES coupables et SES innocents.
La djustice, ses parquets spéciaux et ses militants ont PRIS LE POUVOIR! Certes, c’est la hollando macronie qui le leur a transmis,
Mais prendre le pouvoir sur la société, ce n’est pas “prendre sa revanche”!

Mantalo

RAB de Sarko.
Mais dire que la …justice (ouah, je m’étrangle) prend sa revanche, là , faut l’faire !!!
Déjà la justice(!?) sent le pâté, mais juger triomphal le bouzin lancé sous Hollande, ça me dépasse.
Je répète, RAB de Sarko. Mais quand même, le PNF pue !!!

Et puis la vraie justice serait que la France eût évité un PR juif hongrois, une maire de Paris espagnole, etc…etc…

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