Sarkozy veut revenir en politique, mais les Français auront-ils la mémoire courte ?

Publié le 8 mai 2013 - par - 1 165 vues
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Nicolas Sarkozy nous l’avait dit : s’il était battu en 2012, il quitterait la politique. Hélas, encore une promesse non tenue !

Depuis quelques semaines, l’ancien Président de la République multipliait les piques voilées contre son successeur et contre le gouvernement Ayrault. Mais d’après ce que rapporte la presse de ce mardi, il vient de franchir une étape en déclarant à des proches : « je vais peut-être être obligé de revenir ».

On peut s’interroger sur la stratégie de Nicolas Sarkozy. Vise-t-il uniquement 2017 en faisant monter la sauce par ses réseaux, telle un Dominique Strauss-Kahn ? Ce même mardi sur RMC, Guillaume Peltier jouait encore au sherpa : « Plus que jamais je suis pour le retour à la politique de Nicolas Sarkozy, quand on voit les difficultés de mon parti à se trouver un chef. Nicolas Sarkozy est le leader naturel de la droite française, nous avons besoin de son charisme, de son autorité, de son dynamisme. »

Nicolas Sarkozy attend-il qu’on l’appelle comme sauveur, tel le Général de Gaulle en 1958 ? Etant donné son caractère impatient, il n’est pas sûr qu’il puisse cacher longtemps ses intentions. Il attend peut-être une étincelle pour le faire, car il a également déclaré que « la société est très fragile, il suffit d’une allumette », estimant que « ça peut exploser ». Fournira-t-il l’alumette providentielle par une provocation ?

Quoiqu’il en soit, force est de reconnaître qu’il reste maître du jeu et du calendrier puisque les sondages le donnent largement favori à droite, face à François Fillon et surtout face à Jean-François Copé, alors que les têtes de l’exécutif ne cessent de s’enfoncer.

Mais n’est pas De Gaulle qui veut. Nicolas Sarkozy aurait tort de se prendre pour le Général, alors qu’il a si souvent joué contre la France et les Français. Et puis comment croire aujourd’hui une personne qui nous a trahis hier ? Pourquoi et comment ferait-il aujourd’hui ce qu’il n’a pas su ou voulu faire quand il avait le pouvoir ?

Car il faut rappeler aux Français le lourd bilan de Nicolas Sarkozy, comme ministre de l’Intérieur, puis comme Président de la République.

Evidemment, nous songeons d’abord à la trahison du peuple français sur le traité de constitution européenne, par un désaveu total de la démocratie. Mais ce n’est pas tout dans le genre « anti-France ». Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de se soumettre aux diktats de Bruxelles et de Bonn et il a fait entrer la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Il a réclamé à cor et à cri un « nouvel ordre mondial ». Il a dilapidé une partie de nos stocks d’or.

Sur le plan sociétal, c’est évidemment la trahison de la laïcité qui est le plus flagrant. On se souvient qu’il voulait détricoter la loi de 1905, qu’il a fait moult louanges à l’islam lors d’un voyage en Arabie Saoudite où il vantait l’identité musulmane (alors qu’à ses yeux, le « métissage est obligatoire » en France !) Il a créé le CFCM qui a permis aux Frères musulmans de l’UOIF de mettre la main sur une grande partie de ce qu’il appelait « l’islam de France ».

Toujours pour favoriser l’islamisation, il a accordé des avantages fiscaux aux Qatari et il a départementalisé Mayotte, source d’immigration illégale et musulmane sans limites.

Favorable à la « discrimination positive » contraire à notre Constitution et notre culture républicaine, Nicolas Sarkozy n’a pu contenir l’immigration incontrôlée (200.000 par an, 1 million pendant le quinquennat…), facteur de délinquance et d’islamisation. Même impuissance dans la lutte contre la délinquance malgré des discours répétitifs et ronflants à chaque fait divers sordide. Il a aboli la double peine, puis menacé de la rétablir… sans passer à l’acte.

Notons également l’intervention militaire catastrophique en Libye, donnant le pouvoir à des milices armées islamistes et inondant le nord de l’Afrique d’armes qui se retournent contre nos soldats et nos intérêts.

Et puis il y a l’homme du Fouquet’s et du yacht de Bolloré, du « bling-bling », de l’utilisation de sa vie privée à des fins de communication personnelle. Rappelons aussi sa mauvaise maîtrise de la langue française, allant parfois jusqu’à la vulgarité. Tout cela était indigne de la hauteur de la fonction de Président de la République, qui d’ailleurs tranchait avec ses prédécesseurs.

Les Français auront-ils la mémoire courte ? Sommes-nous définitivement condamnés à une alternance entre une UMP et un PS d’accord sur l’essentiel, à savoir la perte de souveraineté de notre pays ? Pour répondre non à ces deux questions, il faut mettre en garde sur un retour de Nicolas Sarkozy dans l’arène politique : le personnage nous a déjà trompés et déçus, ne recommençons pas la même expérience.

Roger Heurtebise

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