Sauver Sakineh, sortir du couloir de la mort les 14 autres femmes condamnées à être lapidées !

Ce dimanche après-midi, nous étions plusieurs centaines de parisiens à nous retrouver aux pieds du monument de la République, sur la place parisienne du même nom. Quand je suis arrivé, Bernard Henri Levy parlait par téléphone avec, depuis Téhéran, le fils de Sakineh.
Sakineh est une victime, parmi beaucoup d’autres, de l’arbitraire et de la violence érigés en principes « religieux ».
Cet arbitraire et ces violences visent à soumettre tous les iraniens, mais ils frappent pour écraser et s’exercent contre les femmes avec plus de brutalité et sont accompagnés d’humiliations quotidiennes multiples.
Sadjab, un des fils de Sakineh, est un jeune poinçonneur d’autobus de 22 ans. Il vit à Téhéran et y travaille de 6 heures le matin jusqu’à 23 heures, chaque jour. Il a expliqué la situation tragique de sa maman qui est innocente, remercié la solidarité et lancé un appel aux participants au rassemblement, je le cite : « je connais tous les risques que je prends, qui sont réels. Aidez-nous à sauver ma mère !».
Le jeune homme a salué la mobilisation internationale qui se développe et dont il espère qu’elle sauvera sa mère.
Ce qui m’a frappé, c’est que les seules pancartes présentes étaient ces centaines de petits rectangles de Ni Putes Ni Soumises, auxquelles s’ajoutaient quatre pancartes de l’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) ainsi qu’une petite pancarte de Riposte Laïque.
Le PS, le NPA, les Verts, le PCF, la « Libre Pensée », -tous des professionnels de la lutte pour le droit et contre la « fascisation »-, aucun n’étaient là. Manifestement, la cause des femmes d’Iran, le despotisme qui les écrase au nom de Dieu version Ayatollahs, cela ne les intéresse pas, pas encore ?? Attendent-ils l’assassinat judiciaire de cette mère de famille pour protester ?
Vont-ils laisser sans réponse l’appel angoissé mais confiant du fils de Sakineh ?
Il faut noter les interventions émouvantes et dignes des comédiennes et réalisatrices, Elsa Zylbersztein et Yamina Benguigui, celle de la représentante de l’UEJF, celle de Fodé Sylla qui nous expliqua, avec conviction et force, que ce « combat pour sauver Sakineh fera date ». Un jeune étudiant africain parlera au nom de la Confédération Etudiante. Il invitera les présents, et les encore absents, « la communauté universitaire, les étudiants, les enseignants » à amplifier et maintenir la mobilisation : pour sauver Sakineh et les autres femmes qui attendent la mort barbare que leur réserve la dictature de la « révolution islamiste » qui a frustré le peuple iranien des résultats de son vote de juin 2009.
Etaient aussi présents, parmi les manifestants, Fadela Amara, Ministre en exercice, et François Zymerai, ancien député socialiste au parlement européen. Carla Bruni-Sarkozy enverra un message très digne, qui sera applaudi et qui exprimerait la position de son époux.
Les iraniens de Paris étaient au rendez-vous.
La présidente de NPNS donnera la parole à une militante iranienne, elle-même ancienne détenue avec Sakineh, représentant le mouvement « one million signatures ».
La représentante de ce groupe citoyen iranien, informera les participants que Sakineh n’est pas la seule dans le couloir de la mort des geôles iraniennes. Elles sont quatorze femmes qui attendent la lapidation. Deux de ces femmes l’attendent dans la prison où se trouve Sakineh.
Ces quatorze femmes attendent l’application du verdict rendu par une justice barbare et satisfaite de sa barbarie.
Dans cette prison, 200 femmes s’entassent dans quatre chambres cellules, une pour les droguées, une pour les prostituées. Sakineh est détenue dans une troisième, avec les politiques et les meurtriers. Elles sont trente cinq femmes, trente cinq, à se serrer chaque seconde pour vivre et dormir. Quand Sakineh est rentrée du tribunal et que ses compagnes de souffrance ont appris la décision de lapider Sakineh :
« Toutes nous avons été tellement choquées… et Sakineh a perdu connaissance. »
La conclusion de la militante iranienne est très importante.
« Je suis confiante, quand je vois la solidarité internationale qui se développe… J’ai été témoin de tortures, de viols et d’exécutions ».
Les professionnels de la défense des droits, les professionnels de la manifestation de rue en masse, dès que le gouvernement dit ou prétend faire quelque chose qui n’est pas bien, qui serait, disons le mot, qui serait du fascisme, ou du néo pétainisme s’apparentant à celui des rafles des années quarante, vont-il entendre la voix des femmes d’Iran ? Non ? Attendent-ils a mise à mort barbare de Sakineh pour verser une larme de crocodile ?!
La militante iranienne nous invitera à signer et faire signer la pétition de son association. « Votre présence, c’est un coup de chaleur au cœur pour nous autres iraniens ».
Je la signerai et je vous invite à le faire aussi.
Ouvrons ici une parenthèse : Je me disais en écoutant cette femme courageuse, qu’une belle âme doucereuse nous a parlé hier devant les caméras du monde entier. Cet homme nous parlait, au nom du peuple américain. Il nous interpellait, à l’occasion des attentats du onze septembre. Il était en colère, mais calme, résolu et digne. Il a parlé. Il s’est affirmé, comme un théoricien et comme un défenseur intransigeant de la tolérance religieuse, comme un militant de la cohabitation apaisée entre hommes et femmes de différentes cultures.
On l’aura reconnu, il s’agissait du Président Obama. Je me disais, en écoutant la courageuse compagne de cellule de Sakineh, que cette belle âme de Président des Etats-Unis avait eu l’occasion, il y a quelques heures, de s’adresser à Sakineh et à ses candidats bourreaux.
Mais Barak Hussein Obama ne l’a pas fait.
Il a seulement pointé du doigt ses compatriotes, leur reprochant un manque d’empathie pour l’islam qui devrait être absolument distingué du gang djihadiste d’Al Qaïda*1.
Je veux lui dire ceci : Monsieur le Président, si vous voulez que vos compatriotes vous croient et, plus largement, si vous voulez rester crédible auprès de l’opinion internationale : qu’attendez-vous, pour réclamer vive sauve pour Sakineh !
Cet islam, calme et chaleureux, que vous promouvez auprès de vos concitoyens, est-ce qu’il condamne définitivement la mise à mort barbare de femmes que l’on lapide ?
Est-ce qu’il réclame vie sauve pour Sakineh, est-ce qu’il va le faire avant qu’il ne soit trop tard ?
Mais peut-être que ces bons associés, constructeurs d’un centre islamique de treize étages, par lesquels le scandale est venu aux USA, ne s’intéressent pas à la lapidation des femmes ? Non, je me trompe ? Tant mieux.
Cet islam de paix, de tolérance et de bienveillance, que vous opposez au méchant Al Qaïda qui ne serait pas l’islam, il doit bien aussi se trouver du côté de Téhéran, chez les Ayatollahs. Alors, qu’attendez-vous pour vous adresser à sa générosité méconnue ?
Mais peut-être n’avez-vous pas encore appris la sentence qui menace La vie de Sakineh ?
Je voudrai aussi noter la conclusion de la courageuse et talentueuse présidente de NPNS, elle s’adresse à chacun de nous dans ce pays. Elle veut nous dire que Téhéran, c’est aussi Paris et les cités des « quartiers sensibles »: … «(…) il faut faire en sorte que les filles des cités sortent de leurs prisons, comment pousser ce cri, ici, pour Sakineh, et laisser, chez nous, se passer l’intolérable ! »
Alain Rubin
(1) Le Président Obama n’est pas choqué. Il fait même la leçon à ses concitoyens. Ce qui est un vaste cimetière, où gisent, éparses, les cendres des 3000 victimes du « gang » qui « usurperait le drapeau de l’islam », doit pouvoir devenir la propriété d’un centre islamique. Rien ne doit être opposé à cet usage de la « liberté de religion » et de l’exercice illimité de la dite liberté.
Non, rien de choquant… Il n’est pas choqué non plus, le Président Obama, parce que des associés fondent un centre « Al Andalous » sur les cendres des victimes du djihad. Il n’est pas choqué non plus, parce que le centre islamique présentera, comme une panacée et comme un exemple pour l’avenir humain, un système ségrégationniste produit de la conquête armée, un système institutionnel qui régissait la cohabitation de trois peuples « réduits à trois religions » : les conquis, Juifs présents en péninsule ibérique depuis l’époque phénicienne et carthaginoise, Espagnols descendants des Celtes, des Ibères, des groupes de conquérants germaniques, et les conquérants Maures.
La cohabitation de ces trois peuples, conquis et conquérants, se résumerait, nous explique-t-on, à la cohabitation -qui fut tout, sauf harmonieuse et égalitaire- entre islam, judaïsme et christianisme. Ces derniers, la majorité, devenus des Dhimmis, étant enfermés dans un statut définitivement inférieur.
Faire l’apologie de la dhimmitude, sur les cendres des victimes d’Al Qaïda, a quelque chose d’indécent, de gravement obscène. Si Barak Hussein Obama ne le perçoit pas, on peut s’interroger sur ses facultés intellectuelles, sur sa culture et sur sa connaissance de l’histoire. On peut aussi se dire qu’il n’ignore rien de tout cela et qu’il approuve la dhimmitude, qu’il la voit comme l’avenir des humains restant en dehors de l’islam. Il y a là quelque chose d’extrêmement choquant et inquiétant, venant d’un président américain. Obama et les siens ont voulu que sa candidature soit présentée et perçue comme la consécration du combat de Martin Luther King.
Apogée et consécration du combat du courageux lutteur des droits civique que prendre position pour la construction d’un centre « Al Andalous », sur les cendres de victimes du djihad ?? La trahison du combat de Martin Luther King est manifeste.
Obama et les siens, la théorie des courtisans, tenants de la « diversité » merveilleuse et quasi divine ne le voient pas, ils ont perdu tout sens commun. Ils ne perçoivent pas l’indécence du projet et de cette déclinaison grossière et provocante de la « liberté religieuse » ? Non, manifestement, ils ne le voient pas, ni le Président, ni ses janissaires, ni les courtisans des médias américains et français.

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