Scandale du Bataclan : cela ne serait pas arrivé avec l’armée israélienne ou américaine…

Publié le 9 juin 2018 - par - 175 commentaires
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On comprend parfaitement que 30 familles de victimes du Bataclan déposent une plainte contre X pour non-assistance à personne en péril, alors que 8 soldats de la mission Sentinelle, étaient présents et auraient pu intervenir avec les policiers si l’ordre leur en avait été donné.

La préfecture de police, qui a autorité sur le dispositif  Sentinelle, avait répondu à une demande d’engagement des soldats, faite par un policier, pour tenter de neutraliser les terroristes :

“Négatif, vous n’engagez pas les militaires, on n’est pas en zone de guerre”.

Mais ce qui choque surtout les familles et leurs avocats, c’est la réponse froide, brutale et désinvolte du général Le Ray, gouverneur militaire de Paris, qui a déclaré à la commission d’enquête parlementaire sur la tragédie du Bataclan :

“Qu’il n’avait jamais reçu de demande d’autorisation” de la préfecture de police pour pénétrer dans le Bataclan, tout en précisant :

“qu’il l’aurait refusée, faute de plan d’action prédéfini”. Et d’ajouter :

« Il est impensable de mettre des soldats en danger dans l’espoir hypothétique de sauver d’autres personnes »….

”Ils n’ont pas vocation à se jeter dans la gueule du loup”.

“On n’entre pas dans une bouteille à encre sans savoir ce que l’on va faire et contre qui”.

Un chapelet d’arguments consternants ! Plusieurs questions se posent après une telle déclaration, jugée inacceptable par les familles de victimes.

En effet, on se demande à quoi sert la mission Sentinelle si les soldats armés de fusils d’assaut n’ont pas le droit d’intervenir pendant que des terroristes massacrent et torturent 90 personnes avec des armes de guerre.

Si l’armée n’a pas vocation à faire du maintien de l’ordre, elle a bien vocation à assurer la protection des biens et des personnes dès lors qu’elle est engagée dans une mission de type Sentinelle.

Si ce n’est pas le cas, il faut supprimer une mission coûteuse et inutile qui engage 10000 hommes qui seraient plus efficaces ailleurs.

“Il est impensable de mettre des soldats en danger…”

Si le métier de soldat n’est plus un métier à risque, c’est nouveau ! Tout soldat de métier sait très bien qu’il peut un jour avoir à payer le prix du sang.

Et ne pas risquer la vie des soldats pour sauver des otages, c’est donner carte blanche aux terroristes.

Il est clair que le général Le Ray et le Lt Colonel Beltrame n’ont pas la même conception du devoir d’un militaire et de l’esprit de sacrifice.

“…dans l’espoir hypothétique de sauver d’autres personnes”.

Heureusement pour l’otage qu’il a sauvée, que le Colonel Beltrame n’a pas eu ces états d’âme. La seule hypothèse à prendre en compte, c’est parier sur le succès.

Si on n’engageait nos soldats que dans les opérations à risque zéro, avec l’absolue certitude du succès à la clé, on pourrait démobiliser toute l’armée…

“…demande d’autorisation qu’il aurait refusée faute de plan d’action prédéfini”.

Encore une curieuse conception de la mission d’un soldat.

La mission Sentinelle est une mission de protection antiterroriste.

Tout soldat sait très bien que le danger revêt des formes multiples et inattendues auxquelles il convient de s’adapter dans l’urgence.

Le soldat qui a tiré sur un terroriste qui agressait sa collègue à Orly, a parfaitement réagi face à cette situation imprévue pour sauver une vie. C’était son droit et son devoir.

Au Bataclan, rien n’interdisait d’intervenir dans l’urgence pour éviter un carnage et les scènes d’épouvante qui ont suivi.

Le règlement, oui, mais si chaque soldat devait impérativement l’appliquer à la lettre, sans jamais l’interpréter et l’adapter aux circonstances imprévues, nous n’aurions pas besoin d’officiers issus de Saint-Cyr, il suffirait de savoir lire et écrire pour intégrer l’armée. Aucun règlement ne peut prévoir l’imprévisible.

C’est l’aptitude à analyser rapidement une situation nouvelle qui permet de réagir efficacement.

Et le carnage du Bataclan, véritable tuerie de masse, était imprévisible.

“On n’entre pas dans une bouteille à encre sans savoir ce que l’on va faire et contre qui”.

C’est précisément la question essentielle à laquelle il va falloir répondre.

Fallait-il tenter de sauver les otages, quels que soit le risque et l’incertitude de la situation, ou rester passifs pendant le massacre ?

Un courageux commissaire de police a donné la réponse. J’y reviens plus bas.

“…les soldats n’ont pas vocation à se jeter dans la gueule du loup”.

Les victimes du Bataclan quant à elles étaient bien dans la gueule du loup, massacrées par dizaines, pendant que 8 soldats armés de fusils automatiques sont restés passifs faute d’un ordre d’engagement.

“Négatif, vous n’engagez pas les militaires, on n’est pas en zone de guerre” a répondu la préfecture de police.

C’est pourtant bien une guerre que nous menons contre les terroristes et c’est bien une scène de guerre qui s’est déroulée au Bataclan, où des barbares tuaient en masse des innocents avec des armes de guerre.

Ce soir là, le Bataclan était donc bien une zone de guerre.

Il est clair que les 8 militaires de Sentinelle pouvaient parfaitement être engagés aux côtés des premiers policiers sur place, sauvant ainsi de nombreuses vies. Ils avaient l’entrainement au combat et les armes pour le faire.

La preuve est faite qu’ils pouvaient sauver des vies, non seulement en mettant fin au carnage, mais en prodiguant les premiers secours aux blessés.

Car c’est un courageux commissaire divisionnaire et son équipier qui sont intervenus seuls contre les terroristes, avec leur simple arme de poing, réussissant à en tuer un et à mettre fin au carnage avant l’arrivée des renforts.

Tous deux n’étaient ni du Raid, ni de la BRI, ni du GIGN.

Ils étaient tout simplement de la trempe d’un colonel Beltrame avec un sens aigu du devoir. Ils étaient là pour sauver des vies.

« J’avais la certitude qu’on ne reculerait pas. On avait décidé, avec mon équipier, qu’on ne laisserait pas ces gens sans nous. J’étais persuadé de mourir ce soir-là. »

Par conséquent, les autorités militaires auront bien du mal à justifier auprès des familles leur refus d’engager les 8 soldats armés de fusils d’assaut, alors que de simples policiers armés d’un modeste pistolet, se sont lancés courageusement dans la fournaise sans savoir ce qui les attendait.

Le courage exemplaire du commissaire divisionnaire et de son équipier, démonte un à un les faux prétextes de la hiérarchie militaire, leur ôtant toute crédibilité.

Ces deux héros ont pris des risques sans se poser de questions.

Leur seul but était de sauver des vies au péril de la leur.

Ils n’avaient aucun “plan d’action prédéfini”.

Ils n’appartenaient à aucune formation spécialisée entrainée aux prises d’otages.

Ils se sont “jetés dans la gueule du loup” sans savoir ce qui les attendait.

Ils sont entrés dans “la bouteille à encre” avec une seule idée : sauver des vies.

En se retranchant derrière les règles d’engagement de l’armée, sans tenir compte le moins du monde de la situation exceptionnelle à laquelle il fallait faire face dans l’urgence, le général Le Ray a exonéré la hiérarchie militaire de toute responsabilité dans le massacre de 90 personnes.

Mais ses réponses choquantes, incompréhensibles et même parfois sidérantes, pour les familles de victimes, ne convaincront personne.

Pourquoi était-il impossible à 8 soldats entrainés et armés de fusils d’assaut, de faire ce qu’ont fait deux policiers de la Bac légèrement armés et sans entrainement particulier ?

C’est à cette question que la hiérarchie militaire devra répondre devant les juges et les familles.

J’ajoute que dans l’armée israélienne ou américaine, jamais nous n’aurions assisté à un tel dysfonctionnement, avec 90 victimes massacrées par des barbares, parce que les règles d’engagement de l’armée prêtent à discussion !

Jacques Guillemain

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Notifiez de
Dov

N est pas de la trempe d un soldat israélien qui veut.

John White

Kader
Mon cher et tendre Kader..
Personnellement, j’ai remarqué, et je pense que vous aussi constaté, mais vous ne l’avourez pas, vu que la fourberie est votre qualité principale, que tous les Kader du monde auraient plutôt tendance à sortir les armes (couteaux, machettes, kalachnikov, bombes..) contre les « mécréants », beaucoup plus souvent que les blancs avec leurs revolvers.

Mais cela, non plus, vous ne l’avourez pas…

Ah, elle est belle votre reli….arme de destruction.

John White

Pr Sheldon Cooper.
C’est pas croyable…
Vous êtes con ou vous le faites exprès.
Retournez plutôt nettoyer les chiottes où Tariq Ramadan vient de vomir ses tripes.

Pr Sheldon Cooper

@John White
Je le prends comme l’hommage du vice à la vertu.

MILLION Bernard Pierre

Ce dysfonctionnement me parait suspect, je doute plus que fort, que la préfecture ignorait totalement la nature du massacre en cours de déroulement. Ce drame laisse un sentiment de malaise, on pourrait presque imaginer que c’est trop étrange!!!???
Encouragement aux familles, quand aux militaires, ce soir là ils auraient pu rester à la caserne, ça n’aurait rien changé!
Grand coup de chapeau aux deux policiers qui sont intervenus ne sachant pas s’ils en ressortiraient vivant. A combien d’années de la retraite sont les responsables de la préfecture?

Vent d\'Est, Vent d\'Ouest

Navrée, mais j’estime que les huit soldats de Sentinelle qui ont attendu sagement un ordre qui n’est pas venu auraient dû faire preuve du devoir de désobéissance et foncer dans le Bataclan pour faire le ménage et il y aurait eu certainement moins de victimes massacrées et également pour certaines l’horreur d’être torturées avant de mourir.
Mais ils tenaient sans doute à leur solde payé par nos impôts.

didile

C’est à cette question que la hiérarchie militaire devra répondre.
Aujourd’hui peut-être ou alors demain…

crap2sp

8 minutes,une eternite,des morts,des tortures,des egorges,et si les decisions n’etaient pas forcement,militaire,mais politiques,les election approchant,calcul machiavelique,pour sauver la paix civile,tout pour faire barrage,au FN,etaient les mots de la bouche du 1er minister,La paix civile,que ne font’ils pas pour la paix civile et leurs status?.faire peur faire que cette peur reste dans les tetes,que le franchouillard s’enferme dans sa chaumiere,ne reflechissent pas trop,et ce rangent du cote de la capitulation.la paix civile pour ne pas affronter cet enemis,et voir crever son people.mais souvenez vous des mots du Chanteur du groupe,interdit de revenir au Bataclan,après les mots qu’il a dit sur les… lire la suite

Spipou

Je ne vois pas très bien en quoi le massacre du Bataclan pouvait faire barrage au FN ?

Vent d\'Est, Vent d\'Ouest

@ Spipou
J’avoue que moi non plus, je manque d’esprit d’anticipation analytique dans ce cas de figure. En-dehors du fait que l’article sonne juste, j’aimerais que l’auteur nous en explique la stratégie anti-FN récupérée de ce massacre. De toute façon, il y a, à mon humble avis, beaucoup de zones d’ombre dans ces horribles faits, tous attentats confondus lors de cette soirée noire, zones d’ombre de la part des autorités censées protéger leur population. Par ailleurs, Valls avait claironné que nous sommes en guerre, les déclarations de ce général de carton plâtre sont donc en contradiction avec l’exécutif.