Scandale Halimi : il faut expertiser les experts !

Publié le 11 janvier 2020 - par - 11 commentaires - 542 vues

Je n’approuve point qu’on tâche à se tromper en se repaissant de fausses imaginations. C’est pourquoi, voyant que c’est une plus grande perfection de connaître la vérité, encore qu’elle soit à notre désavantage, que de l’ignorer, j’avoue qu’il vaut mieux être moins satisfait et avoir plus de connaissance“.

Descartes, Lettre à Élizabeth du 6 octobre 1645. (cité par Jean-François Revel, Pourquoi des psychiatres ?)

Les experts psychiatres n’ont pas l’habitude de sous-estimer leurs talents supposés. À les en croire, la justice ne commence vraiment à penser les comportements criminels qu’avec le secours de la psychiatrie.

Malgré cela, les idées qui servent de thèmes criminologiques à notre justice, et qui la font ce qu’elle est, ce qu’elle devient, n’ont rien à voir avec la psychiatrie, au sens officiel du terme. Si l’on considère ce qu’un juge, ayant sérieusement cherché à se renseigner sur la criminologie et sur la psychiatrie médico-légale, en a retenu, on voit qu’il a une vague idée qu’il lui faudrait “procéder méthodiquement et avec logique“.

En réalité, le thème de la motivation des comportements criminels tient d’autant moins de place dans les pensées des psychiatres qu’il en occupe davantage en criminologie, et il en occupe d’autant moins dans la justice pénale que le rôle effectif de la motivation criminelle a été plus négligé. En criminologie, les théories de la psychiatrie s’effondrent avec la prétention de constituer le seul “critère de la vérité” qu’elle ait jamais réussi à fournir. Les experts psychiatres ont toujours été réfutés par les criminologues qu’ils prétendaient dépasser avec leur manque de rigueur scientifique. On répond que la psychiatrie n’a pas à faire de constatations sur les faits, qu’elle est seulement réflexion sur les faits criminels et explication de leur sens psychiatrique, qu’elle est “la science illusoire des problèmes criminologiques résolus” par les dogmes du manuel de psychiatrie.

Cette conception pose le problème de l’impossibilité même d’une expertise psychiatrique sérieuse.

Non seulement les experts psychiatres n’ont rien apporté à la criminologie, ni au renouvellement de l’expertise psychiatrique, mais dans la plupart des cas, ils ont été les derniers à comprendre quoi que ce soit à propos des comportements criminels. Non seulement, ils n’ont pas saisi la portée judiciaire de la motivation criminelle, mais ils ont à chaque fois mis toute leur mauvaise foi pour tenter de se justifier, et encore très mal.

Si l’expertise psychiatrique est l’explication du sens du comportement criminel, elle ne consiste pas à nier ce qui existe. La criminologie n’est pas sollicitée par la justice quand la criminologie est capable de parler des comportements criminels sûrement aussi bien que le plus intelligent des enquêteurs judiciaires pourtant non-psychiatres. C’est pourquoi la criminologie tire sa puissance de ce qu’elle est un véritable dépassement de la psychiatrie académique si inutile et très assommante. Quand on a affaire à des experts psychiatres, on a l’impression d’avoir affaire à des balourds à propos de la compréhension du passage à l’acte criminel.

On a, pour justifier la mystification de l’expertise psychiatrique, la nostalgie du manuel de psychiatrie, et le sentiment d’être parfaitement en règle avec les dogmes de la psychiatrie. Dans l’expertise psychiatrique, incompétente sur la compréhension du passage à l’acte criminel, qui prétend à une explication psychiatrique illusoire du passage à l’acte chez le criminel, il y a un a priori académique et dogmatique desséché !

Évidemment, on voit un expert psychiatre commencer un rapport de psychiatrie en déclarant qu’il va traiter de la question de l’utilité de l’expertise psychiatrique pour la compréhension du passage à l’acte criminel par la seule affirmation arbitraire de l’existence incertaine d’une “bouffée délirante aigüe” (BDA). À travers la question de l’utilité de l’expertise psychiatrique avec la BDA et par une sorte de mystification, c’est la vertu de l’irresponsabilité psychiatrique qui se dégage. Méthode qui, partant d’un fait divers et d’une opinion, montre que tout ce qui est réel est susceptible d’une transformation-mystification-qualification psychiatrique.

Aussi, l’expertise psychiatrique, c’est malheureusement trop souvent d’abord ça. C’est le procédé qui découvre toujours un arrière-plan psychiatrique derrière chaque particularité du passage à l’acte criminel.

Donc l’expertise psychiatrique fait l’examen d’une question criminelle en désaccord absolu avec tous les aspects concrets et réels de la motivation criminelle et de la réalisation du passage à l’acte criminel. Les erreurs importantes d’une question criminelle découlent donc de l’expertise psychiatrique elle-même. Avec la psychiatrie, ce qui est parti-pris préalable est traité en lieu et place de la démonstration rigoureuse elle-même.

Évidemment, un expert ne s’excuse jamais de ses mystifications psychiatriques qui s’appuient sur des dogmes préalables réellement acquis dans les manuels de psychiatrie et justifiables en soi. Parler du passage à l’acte criminel, c’est parler du passage à l’acte criminel. Mais pas pour un psychiatre qui invente une théorie du comportement criminel conformément aux dogmes du manuel de psychiatrie. L’expertise psychiatrique pose un problème à la justice par le mythe de la justification psychiatrique du passage à l’acte criminel.

Si un expert traite du comportement criminel, il aboutit à une théorie psychiatrique, mais il ne dit jamais rien du passage à l’acte criminel réel. Même si les rapports psychiatriques que l’on observe dans les expertises sont discutables, ils n’en compromettent pas moins la vérité judiciaire des motivations réelles du passage à l’acte criminel. De là vient la puissance de suggestion des expertises psychiatriques, même si elles suggèrent une vérité imaginaire autre que celle obtenue par la criminologie et la psychiatrie médico-légale.

Pourquoi croit-on que la justice, de nos jours, où personne ne prend plus l’expertise psychiatrique à la lettre, continue à confier l’étude du passage à l’acte criminel à des experts psychiatres ? Aussi, on ne saurait “dévoiler” des évidences pour refuser à la justice un authentique pouvoir de décision, à propos de la vanité des expertises psychiatriques, pour justifier ensuite des décisions judiciaires psychiatriquement arbitraires.

Mais “à partir de” l’explication arbitraire de l’existence incertaine d’une “bouffée délirante aigüe” (BDA) est posé le problème de la vérité de la justice si la décision qu’elle tire de la “bouffée délirante aigüe” est jugée fausse. Les hypothèses psychiatriques, qui sont le fondement de la “bouffée délirante aigüe”, n’en conservent pas moins leur efficacité pour le juge. Il y aurait pourtant à faire une étude du faux préalable chez les experts psychiatres et un examen de leur démarche qui leur permet de poser des conclusions sans qu’elles soient supportées par des observations rigoureuses et une discussion médico-légale approfondie. C’est pourquoi ces conclusions a priori sont en réalité un amalgame de connaissances psychiatriques dogmatiques rendues artificiellement annonciatrices de la “bouffée délirante aigüe” et de conclusions judiciaires préétablies a priori.

Que les experts psychiatres se soient bornés à retenir, en fait “d’hypothèse de la “bouffée délirante aigüe”, ce cliché en forme de dogme du manuel de psychiatrie livré à la logique judiciaire, avec le ton prophétique sans lequel les experts psychiatres ne peuvent rien dire sinon dans des récits qu’aucun étudiant en psychiatrie ne se risque plus à utiliser dans une dissertation, voilà qui donne de grandes inquiétudes, non seulement sur la psychiatrie des experts, mais aussi sur leur culture. C’est qu’on ne voit guère comment il pourrait y avoir une expertise psychiatrique sans connaissance de la psychiatrie médico-légale tout court.

Comment croire que les experts psychiatres puissent découvrir la vérité du passage à l’acte criminel quand leurs analyses sont plus pauvres et plus fausses que celles de la plupart des enquêteurs judiciaires ?

Le manuel de psychiatrie est très utile pour décrire les maladies mentales, mais sûrement pas pour comprendre la vérité du passage à l’acte criminel, au sujet duquel il ne peut dire que des banalités. Dès lors la psychiatrie n’est plus qu’un mélange de considérations douteuses, présentées sous la forme apparente d’une systématisation artificielle du passage à l’acte criminel, sur la base des connaissances partielles et vagues du manuel de psychiatrie. Le plus frappant est que c’est dans les moments où elle atteint ainsi son niveau le plus bas que l’expertise psychiatrique revendique avec le plus d’intransigeance son infaillibilité judiciaire !

Les experts psychiatres sont convaincus que la vérité psychiatrique existe en soi et possède une valeur éminente par rapport à toute autre réalité objective concernant le passage à l’acte criminel. Ils croient donc, dans la bonne logique de l’idéalisme psychiatrique abstrait, que le seul fait d’employer “l’hypothèse de la “bouffée délirante aigüe” les fait participer de facto à une réalité supérieure. Par conséquent, le plus borné des experts psychiatres se croit toujours plus intelligent que le plus intelligent des enquêteurs judiciaires !

Un professeur de psychiatrie peut écrire que la science est hypothèse et discours et que “les vérités psychiatriques” sont issues des hypothèses formulées par la science sur la nature des maladies mentales.

Malgré cela, rien de plus tragique que la pétition de principe des experts psychiatres qui consiste à utiliser le manuel de psychiatrie qui fait que la “bouffée délirante aigüe” doit remplacer l’intention criminelle. Le manuel de psychiatrie devrait révéler la vraie nature du comportement criminel ! C’est pourquoi la description psychiatrique de la nature des motivations du passage à l’acte criminel est scandaleusement inexacte !

Il y a une différence entre des hypothèses psychiatriques et des théories criminelles justifiées. Avant la naissance de la science criminologique, les théories en matière criminelle n’étaient que des hypothèses qui se répétaient arbitrairement. Ce n’étaient pas des théories scientifiques, c’étaient des théories psychiatriques !

Ne pouvant plus remplacer la science criminologique, l’expertise psychiatrique a voulu la contourner. Il est curieux de noter que d’authentiques psychiatres ne sont pas en même temps d’authentiques savants, la valeur de l’expertise psychiatrique restant nettement bornée par le fait que l’expertise psychiatrique reste en grande partie une spéculation sur des notions psychiatrique abstraites. Ce qui ne la rend pas pour cela plus exacte. Elle est tout aussi précaire que toute l’astrologie, et passe même, aux yeux des contemporains, pour un exemple des préjugés a priori et des dogmes psychiatriques au sens où ces mots impliquent l’arbitraire.

Inversement, et pour la même raison, la psychiatrie n’a nullement stimulé la valeur de l’expertise. De même, quand l’expert psychiatre déclare : “Je ne forme pas d’hypothèses”, il invente la théorie de la “bouffée délirante aigüe tout aussi hypothétique. Ainsi, le divorce entre la psychiatrie et la science s’affirme au sein de l’expertise psychiatrique. Nous avons des experts-psychiatres qui n’en sont pas réellement et qui ne sont pas plus savants en criminologie que s’ils n’étaient pas psychiatres. L’expertise psychiatrique est donc devenue impossible et incohérente, si du moins on admet qu’il est exclu de pouvoir pénétrer le sens profond d’une science criminologique sans la connaître en profondeur. Certes il ne manque pas de psychiatres disposant de connaissances scientifiques. Qu’est-ce à dire ? Un psychiatre consacrerait-il des années de sa vie à étudier la psychiatrie, en deviendrait-il pour autant réellement un expert en criminologie ? Car si c’est un effort méritoire pour un psychiatre que de devenir un expert en psychiatrie, ce titre ne représente en science criminologique qu’un niveau très élémentaire de la criminologie, un point de départ. Il y a donc dans l’expertise psychiatrique dont certains psychiatres sont si fiers, beaucoup plus de tape-à-l’œil que de sérieux. C’est ce qui explique que les psychiatres soient responsables de tant d’idées fausses qui circulent sur les comportements criminels !

La psychiatrie s’accroche à ce préjugé qu’il doit y avoir un “point de vue” ou un avis psychiatrique sur toutes les questions concernant les comportements criminels ! La conséquence en est que la vérité d’une science criminologique peut être dégradée par des psychiatres qui ne la connaissent que de seconde main.

En fait, parce que la curiosité scientifique anime tout le siècle, elle devrait être dans l’esprit des juges une arme contre la psychiatrie doctrinaire et le catéchisme du manuel de psychiatrie d’inspiration dogmatique.

Après avoir tenté d’expliquer le comportement criminel de manière abstraite, l’expertise psychiatrique s’efforce de transposer cette explication psychiatrique dans le domaine judiciaire, mais sans jamais procéder à l’analyse directe des motivations du passage à l’acte criminel ! Dès lors, ayant montré que l’on ne saurait comprendre les motivations du passage à l’acte criminel par un résidu de la psychiatrie dogmatique tiré du manuel de psychiatrie, l’invocation arbitraire de l’existence incertaine d’une “bouffée délirante aigüe” (BDA) ne permet pas de comprendre la vérité du passage à l’acte criminel et même empêche de la comprendre.

Malgré tout le “cérémonial” de l’expertise psychiatrique et le “respect mystique” absolu pour la vérité judiciaire, on ne peut qu’observer trop souvent le manque de consistance de l’expertise psychiatrique.

C’est ce qui suggère souvent, derrière un comportement criminel, l’existence d’un trouble mental qui ne s’y trouve pas. Quand on voit comment les psychiatres parlent des comportements criminels, cela inspire la plus grande méfiance à propos de ce qu’ils disent de l’existence d’une “bouffée délirante aigüe” (BDA).

Ces habitudes des psychiatres ne sont ni cohérentes, ni généralement pratiquées par les savants. Ils ne décrivent pas le comportement criminel, mais des concepts psychiatriques artificiellement construits sur la base de notions séparées de leur contexte, puis ils partent de ces concepts artificiellement construits pour trouver de prétendues explications psychiatriques au passage à l’acte criminel. Au lieu de s’attacher aux faits, l’expert psychiatre considère les représentations de la psychiatrie bourgeoise qui escamotent le fait criminel.

Les expertises psychiatriques controversées imposent de demander une expertise des expertises.

Du fait des incohérences et des contradictions, non seulement internes à chacune d’elles, mais aussi entre elles, les trois rapports d’expertise psychiatrique doivent faire l’objet d’un nouveau rapport d’expertise médico-légale d’évaluation et de synthèse.

La psychiatrie médico-légale s’oppose aux préjugés comme la science s’oppose à l’opinion.

Au total : L’affaire Sarah Halimi exige du juge de faire réaliser une expertise des expertises pour que la vérité puisse enfin s’imposer !

Thierry Michaud-Nérard

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Notifiez de
Perplexe !

Ce n’est jamais que le ONZIEME article en un mois consacré sur RL à cette cause entendue.
Par contre pour la mort de Cédric CHOUVIAT tué la semaine dernière à Paris pour un banal contrôle de circulation, par les flics : PAS UNE LIGNE !
Père de famille de 42 ans, c’est jeune pour mourir si injustement ! qui va élever maintenant SES CINQ ENFANTS ?

breer

Les psychiatres ne font rien, ils ne soignent pas, il ne guérissent pas, ils utilisent et prescrivent la médication pour combler leur incapacité à soigner les troubles psychiques, et névrotiques qu’ils ont au mieux appris à décrypter, ayant travaillé avec eux sur de nombreuses situations, mes collègues travailleurs sociaux et moi même n’avons pu que constater cet état de fait….
La criminalité est presque tout le temps liée à des désordres, des carences dans les processus psycho- affectifs, moraux, éducatifs et cognitifs, eux mêmes souvent en lien avec les mœurs, habitudes et traditions du milieu de vie…. Il faudrait alors relâcher tous les criminels dans les rues, pour un peu qu’ils soient consommateurs de drogues, ce qu’ils sont presque tous …..

POLYEUCTE

La “contre expertise” est toujours confiée à des… Experts…
Alors ?

Jacques CHASSAING

« Soupçonné d’avoir violé et tué une fillette, il est brûlé vif par des riverains » source la PQR de ce dimanche.

patphil

les juges aux ordres qui prennent les expertises “d’experts” pour faire d’un crime odieux une autorisation de tuer du juif ou du chrétien après avoir fumé un joint
ils sont forts, avouez le et en plus prétendre que c’est au nom du peuple français!

Jacques CHASSAING

Excellent article. Tout est dit.
Où sont internés les « déséquilibrés » de l’islam? À Cadillac-sur-Garonne?

Ming

En qualifiant de “personnes déséquilibrées” ceux qui commettent des crimes en mettant en avant leur appartenance à l’islam, les juges et les psychiatres ne s’exposent-ils pas à la vengeance ou à une fatwa contre eux de la part de la communauté de cette religion pour “insulte à leur religion et au coran”?

kabout

non,il ne faut pas faire expertiser les experts…..il faut tout simplement les remplacer,virer tous !! car ceux en place et qui bossent pour les tribunaux sont certainement politisés comme une grande partie de notre justice,ils accordent leurs violons dés qu’un muzz passent entres leurs mains ils sont catalogués “déséquilibrés” illico ! comme pour atténuer leurs gestes contre les francais .

Sylvie Danas

En matière pénale, il faut surtout ne pas y avoir recours, aux “experts” psychiatriques. Et encore moins à de multiples reprises, jusqu’à ce qu’ils disent ce qu’on a décidé qu’ils devaient dire, c’est à dire que le criminel raciste est un irresponsable.

C’est pourtant bien ce qu’on fait, pour éviter que se tienne un procès dont l’issue (certaine) allait rendre évident –et gênant pour Maqueron et sa clique– le caractère violemment antijuif de l’islam, et des immigrés qui importent cette doctrine mortifère avec eux.

Un meurtre est un meurtre, est un meurtre, est un meurtre. Point. n’en déplaise aux psy de tout poil

Nicole

Je recommande de virer la ministre de la Justice qui a fait preuve d’une absence totale de bon sens et de jugement.

katarina

vous avez dit le principal : pour éviter que se tienne un procès dont l’issue (certaine) allait rendre évident et gênant pour macron et sa clique, le caractère violemment antijuif de l’islam, et les appels aux meurtres des juifs, des chrétiens, athées, des non musulmans qu’il y a dans ce coran! mais la vérité ne peut rester cacher pendant longtemps! elle s’impose d’elle même

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