Scrutins, politique européenne et concert des nations

Publié le 20 mai 2019 - par - 10 commentaires - 643 vues
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Aujourd’hui en Europe, il y a une droite et un centre et la gauche a disparu. La droite est populiste, souverainiste et selon certains, nationaliste et le centre, mondialiste et élitiste. À la marge du système, la gauche anticapitaliste est devenue, à des degrés divers, immigrationniste, différencialiste et multiculturaliste. Au cœur du réacteur nucléaire, la révolution du futur chauffe l’avenir du monde dans les turbines du capitalisme technologique et financier, peuplant les prairies et les vallées de start-up et, depuis l’élection de Tump, de « fake-news« .

Malgré l’usure des partis traditionnels, l’usurpation des vieux progressismes se consomme de plus en plus dans la météore gauchiste, extra-parlementaires et Black Blocs, au sein des avant-gardes sexistes, pro-islamistes et post-coloniales, qui ont vidé et vilipendé la doctrine réformiste de la vieille social-démocratie welfariste.

En haut de la pyramide, le régime des partis est balayé et la démocratie libérale se débat dans les tourments de l’agonie et de la fin d’un cycle. Pendant que la machine sociale cherche son nouveau modèle de fonctionnement, l’Europe se regarde dans le miroir du passé, sans reconnaître son rêve, devenu exsangue et insignifiant. Au même temps, au bas de la pyramide, une révolte sociale violente, emblématisée par les Gilets jaunes, suscite la réaction de l’État, réduit à la répression et à mangeur d’utopies. C’est pourquoi un chamboulement profond menace l’ordre politique, sous la menace du « Dies Irae ».
En effet la scène électorale est occupée par les stratégies européistes et eurosceptiques qui s’affrontent dans la galaxie d’un cosmos protéiforme, torpillé par les pressions liberticides de l’orthodoxie. L’altérité sexuelle, le mirage démocratique et la défense de l’identité ethnique et religieuse sont devenus des thèmes de campagne et des combats de civilisation, contre le totalitarisme de l’indifférencié et la quête égalitariste de l’émancipation.

Un « maccarthisme soft » est en marche au sein des institutions et des appareils judiciaires, comme à l’époque de la première guerre froide et avance à visage masqué, porté par une politique de communication liberticide. Par ailleurs, depuis la crise financière de 2018, l’Union européenne improvise. À l’heure des élections, la réponse des « circonstances » prend le pas, à Bruxelles, sur la « politique de la règle » et des « traités ». La barrière institutionnelle de la Commission, du Parlement et du Conseil est engagée, après le Brexit et la repolitisation des enjeux d’appartenance, dans la bataille pour une vision éternaliste de l’Union.
Des trois sphères de l’Europe, la sphère « interne », ou fonctionnaliste (l’Europe de la Communauté/Commission, traités et règles communes), est désormais surmontée en importance, par la « sphère extérieure », confédérale, l’ancien concert des Nations ou la sphère machiavélienne. C’est le lieu des tensions entre l’un et le multiple et donc de l’hostilité et du conflit, bref de la souveraineté par définition, qui est le lieu ultime de l’événement et de la décision. Il désigne la frontière du projet européen, monopolisé par la « sphère intermédiaire », celle du Conseil, le cercle des chefs d’États et de gouvernements, chargé du destin schmittien de l’Europe, promue à sujet d’histoire.

Depuis la crise financière de 2008, selon Luuk van Middelaar, l’Union européenne a perdu sa boussole dans la bourrasque et les vents de la « politique de l’événement ». Elle se révèle incapable de navigation et de stratégie et se prive d’esprit de système et d’avenir.

L’abandon des frontières et l’invasion

Réformes, élections, recompositions politiques pour éviter la désintégration de l’Union, le multipartisme français aurait pu faciliter la fonction de direction du Premier ministre, dans sa tentative de gouverner sans régner, mais cet essai a fait faillite.
La France, comme les autres pays européens, a fait face à quatre crises, imputables aux chocs extérieurs, la crise des subprimes et des marchés financiers, les turbulences et conflits du Proche et Moyen-Orient et le tournant populiste du monde anglo-saxon (Tump et Bréxit). Or ces crises externes, mentionnées par Luuk van Middelaar, ont été aggravées par un cumul de ruptures internes, le ralentissement économique, la déstabilisation des classes moyennes, la sortie du Royaume-Uni et, pour terminer, la crise politique et morale (vague populiste, démocratie illibérale et contestations de valeurs), qui remettent en cause les paradigmes constitutifs de l’Union.

Mais, si les crises extérieures sapent l’existence d’une gouvernance bureaucratique, incapable d’agir sans l’expérience et les prérogatives des États-nations, la difficulté mortelle du marché intérieur (N.Baverez), a été celle d’être devenue la variable d’ajustement de l’affrontement planétaire entre Chine et États-Unis, en vase d’argile entre deux vases d’acier. Cependant la crise non résolue, qui a été à la source des dynamiques anti-libérales et antimondialistes, a été incontestablement l’abandon de la souveraineté nationale et l’ouverture des frontières, transformant la mondialisation économique en migrations transnationales à grande échelle.

Ça a été un processus incontrôlé et non réglementé, dont le mot « invasion » donne la définition la plus précise et la plus dramatique du phénomène. Processus dans lequel « l’inégalité entre les peuples prend le sens qu’avait jadis l’inégalité entre les classes »(Raymond Aron). Or, dans un monde aux frontières ouvertes, l’entrée d’un tsunami d’étrangers inassimilables dilue l’identité nationale, affaiblit la cohésion des pays et menace la sécurité intérieure. Ainsi, vouloir assimiler des masses ethniques et culturelles différentes et hostiles conduit l’Occident à sa perte.

En effet, les sociétés ouvertes de l’Ouest se sont unilatéralement désarmées. Dans ces conditions, la menace d’une disparition ethnique est devenue une menace existentielle réelle, qui, à elle seule, exige un tournant politique radical, fondé sur la défense des nations. Cependant l’arrêt de l’immigration, qui transforme l’Europe de l’Ouest en appendice de la grande Afrique et de l’Eurasie musulmanes, remet en cause l’universalisme occidental et l’alliance insidieuse entre Bruxelles et l’Islam (Pacte de Marrakech). Cette migration sape les « remparts historiques », qui ont partagé le Nord et le Sud et l’Europe de l’Est de l’Europe de l’Ouest. Un grand renversement est en cours à l’Est du continent, où les démocraties, dites « illibérales », de Kaczynski et d’Orban, récusent la tolérance libérale sur la diversité ethnique et culturelle et l’idée falsifiante de « société ouverte », au nom du danger de mort, dressée contre la majorité chrétienne et blanche du continent.

Ainsi l’Europe centrale et orientale devient le dernier rempart contre l’invasion islamique, comme Byzance l’a été pendant des siècles, vis à vis de l’Italie, empêchant les musulmans de la conquérir entièrement, en l’intégrant au monde islamique.
Orban, paré à la fois en Guichardin et en Machiavel, a rappelé les dangers d’une société ouverte en juillet 2017, proclamant, contre le multiculturalisme antichrétien de Bruxelles : « Aujourd’hui nous avons le sentiment d’être l’avenir de l’Europe. » La profanation de centaine d’églises et la destruction de Notre- Dame de Paris témoignent de cette remise en cause violente de la tradition et de la foi.

L’identité européenne, l’Islam et le processus d’intégration

Dès lors il apparaît clairement aux tenants des deux héritages, celui des « racines chrétiennes de l’Europe » et celui « du camp des Lumières historiques » que le foyer central de la controverse, opposant, dans la vie de tous les jours, les changements existentiels des sociétés à la préservation de l’identité européenne comme réalité charnelle et historique, est l’Islam, comme rejet insidieux et violent de notre passé et de notre présent.

Ainsi la transposition de cet affrontement dans la sphère politique suppose d’une part que l’Europe ne soit plus une entité indéfiniment extensible (retour aux frontières extérieures), et que la défense de l’identité européenne soit devenue un problème existentiel, imposé par le terrorisme islamique, comme négation radicale de notre civilisation. La transposition de l’identité de l’Europe, en sa signification prescriptive, du plan historique au plan politique, est bel et bien la priorité des élections parlementaires du mois de mai, qui ont pour cible la « trahison » des élites mondialistes et européistes, déconnectées du réel. En ce sens, non seulement l’aliénation post-nationale n’a jamais été comprise ni partagée par les peuples, mais la force du passé et de la tradition est beaucoup plus enracinée aujourd’hui, de l’idéologie artificielle de l’intégration européenne et ce combat est de plus en plus politique et électoral, car il est démographique, prospectif et immanent. De surcroît, le nom du pluralisme qu’il affiche ne saurait être que celui de la pluralité des nations.

La démocratie, les oppositions et les blâmes

La démocratie est la saveur d’une opposition sans blâmes, la blessure pour l’abus permanent fait par Catiline à Cicéron. La possibilité d’une contradiction légitime, dissociée du « cri au loup dans la bergerie », est au fond la voix rocailleuse du souverainiste, pour une autre conception de la liberté et de la vie, si bafouée par les gardiens du Temple. Cette voix, qui vient du fond des âges, est trente fois séculaire et a résonné, avant Rome, dans la fierté et l’orgueil d’Athènes. Elle ne vient pas du Coran et ne s’adresse pas à la Oumma, mais à l’agora de ceux qui veulent rester vaillants et combattre, en hommes « libres », leurs vrais ennemis, pour contrer la servitude menaçante.

Cependant, au cœur de la campagne électorale en cours, les enjeux européens n’apparaissent pas avec évidence et sont éparpillés et fragmentés, les rendant incompréhensibles. Ainsi les verdicts électoraux se prononceront sur des formes de popularité et de légitimité gouvernementales et nationales et guère sur les problèmes centraux du système européen, l’instrumentalisation politique de la justice, la manipulation des médias, le problème du leadership, le rôle et la composition du Parlement européen lui même, à transformer en Sénat d’une future Confédération des Nations. Le thème même de la démocratie et principalement d’équilibre entre les institutions internes de chaque pays ne fait pas consensus mais dispute.

La nomination du président de la Commission (gouvernance interne) ou du Conseil européen (souveraineté extérieure), n’est pas clarifiée et ne sont pas abordées, en leurs répercussions nationales, les alliances européennes sur les politiques multilatérales.

Dans l’examen des oppositions légitimes, peu d’espace a été consacré à la double crise du Royaume-Uni, représentative et constitutionnelle, ou à la rupture du consensus politique en Allemagne par l’AfD, mais suffisamment de sermons ont été entendus sur les tirs croisés de l’establishment intégrationniste contre la coalition anti-système au pouvoir en Italie, pour l’exorciser et la crever dans l’œuf. Cet inventaire est naturellement incomplet et a délaissé les thèmes brûlants de la religion et de la politique, ou de la culture et de la conscience historique. De manière générale, à la montée des souverainistes et des populistes correspond un repli des intégrationnistes, assorti d’une critique presque unanime de la bureaucratie du pouvoir central, mais sans l’affichage d’une rupture de l’unité réalisée, artificielle et désormais exsangue.

La persistance de Clausewitz et de Machiavel

L’antinomie entre l’histoire violente et l’idéal pacifique, dans un monde où le recours à la force reste possible et légitime et au moment où, depuis 1945, la dislocation de l’ordre international et l’affaiblissement des relations transatlantiques redessinent un système international plus imprévisible, une Europe de la sécurité et de la défense apparaît plausible et nécessaire.

En effet, le leadership bienveillant des États-Unis devient de plus en plus illusoire et l’autonomie stratégique de l’Europe, un but politique atteignable. Compte tenu de la politique internationale des États-Unis, induisant un repositionnement de l’Alliance atlantique par un renforcement de la posture de dissuasion vis à vis de la Russie, l’Europe risque d’être confrontée à un vide stratégique sur le continent et à des tensions et à des crises régionales fortes, en Afrique, au Proche et Moyen-Orient, ainsi que dans l’aire de turbulences du Golfe, de la Syrie et de l’Iran.

Dans ces conditions serait invalidée l’antinomie mondiale de la sécurité, selon laquelle à la stabilité de la dissuasion au niveau global il existerait moins de stabilité aux divers niveaux régionaux, ce qui veut dire, pour l’Europe, qu’elle pourrait faire face, en termes de capacités, à un conflit central sur le continent et, simultanément, à une série de crises locales extérieures. Ainsi l’ensemble des menaces qui pèsent sur L’Europe devraient la pousser à une vision commune sur le système multipolaire, à la définition de ses intérêts vitaux aux niveaux régional et global et au partage d’une culture opérationnelle en toute situation.

De surcroît, en cas de confrontation sur le continent, elle serait prise en tenaille sur deux fronts, interne et extérieur, par deux ennemis, un masqué (et interne) et l’autre déclaré (et extérieur). L’Europe n’a d’autres choix que de se doter d’une conception autonome en matière de sécurité et de s’assurer des moyens nécessaires. Cela se décline en autonomie dans la lutte contre le terrorisme, en protection des infrastructures contre la cyberguerre et en contrôle efficace des frontières. Sur le fond, face à une Union européenne en voie de dislocation, l’évocation de la nation, contre toute forme d’universalisme, d’égalitarisme et de non-discrimination, prouve que la nation est encore une idée moderne et que la sécession du peuple vient des sociétés qui acceptent d’être « inclusives » des forces qui veulent les détruire.

Pour terminer et dans le but d’une recomposition du paysage politique, les campagnes électorales visent à départager deux champs de la représentation parlementaire, nationale et européenne, ce qui veut dire pour toute force politique de savoir mesurer son propre capital d’influence au sein de l’Union, en transcendant les baromètres des indices de popularité nationaux et en abordant les « séquences institutionnelles » de l’agenda européen, où seront repartis les nouveaux postes de décision de l’Union (présidences du Conseil, de la Commission, du Parlement et de la Banque centrale européenne). Par les rails institutionnels et tracés en amont, la politique de « l’ancien monde » canalisera ainsi les poussées émergentes dans les sentiments des peuples que l’on croyait assoupis et hors de l’histoire du monde.

C’est ainsi que l’âme des peuple redevient l’aiguille symbolique du réveil des nations.

Irnerio Seminatore

Bruxelles le 17 mai 2019

 

 

 

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Notifiez de
Michel de Belcourt

Pas de blabla, vous êtes pour le GJ et contre macron il n’y a pas 2 solutions il y en a 1 seule c’est voter RN point barre sinon ça continuera et vous pourrez occuper les ronds points jusqu’à la fin des temps rien n’y changera.

JACOU

On nous annonce par radio qu’il va avoir 200 000 000 de réfugiés climatiques.

L’Occident est mort.

Patapon

Mort,l’Occident?Peut être,s’il accepte et se résigne ,ou peut être pas ,s’il se rend enfin compte que sa survie depend de sa capacité à durcir ses lois,a les faire appliquer,y compris par la violence et la force,à rétablir ses frontières et à les défendre,à ne faire aucun compromis avec des ennemis,qu’ils soient de l’exterieur ou de l’interieur,(suivez mon regard) .Mais je subodore que certains verront dans mes arguments quelques relents de fascisme…

Josette

C’est à ça l’Ecologie gauchiste, elle inclut les réfugiés climatiques, alors qu’il y aura bcp de pluies en Afrique centrale, Congo, etc; et que nous aurons plus de sécheresse. Il fallait voir l’incohérence des verts et de la FI, hier sur LCI, lorsque D Aignan a osé parler du contrôle des naissances en Afrique. Ils sont irrationnels, les Africains ont compris qu’ils leur rentrait dedans comme ds du beurre. D’ailleurs Kofi Annan (ONU) en 2000, exactement mi-décemb 1999 av dit: La population de la planète est de 6 Mds, l’Afrique doit faire comme la Chine, , qd l’imbécile de Clinton l’a coupé en disant Human Rights, 2 fois, Kofi a repris: L’Afrique doit faire comme la Chine, Clinton (Bis). Entendu en direct à la radio, à Hobart, en roulant sur la corniche.

josette

errata: ils leur rentraient dedans,…suite: des vieilles filles qui s’occupent des enfants des autres.

patphil

pour faire (beaucoup) plus court, gaulois n’oubliez pas d’aller voter , même si vous êtes septiques, eux comprendront

. Dupond 1

+100000000000000000000
Choupi s’obstinera a rester en place mais son amour propre en prendra un coup si le RN gagne . Vous remarquerez que dans les débats divers et variés qu’il est facile de voir que le discours des journalopes se fait nettement plus conciliant envers Bardella ….

ven85

voter RN,cette semaine tout les mediats aux ordres de MACRON,lave le cerveau au francais,toutes les chaines d’information,nous lave le cerveau avec le bienfait de cette europe,macron partout et ce matin dans toutes la presse regionale,il tremble le locataire de l’elysse,hier le debat et apres les journalistes de LCI,reconnaissait que le jeune BARDELLA a dominer le debat,ce matin sur les TV,suite au debat,on voyait tout les debatteurs sauf BARDELLA, ces pourris de journalistes aux ordres de la finance mondialiste,seront les premiers quand le peuple aura repris le pouvoir a etre virer,ils ont faient un mal en desinformant au peuple francais

Natou

@ Vent 85
Je votais FN donc je vote RN .
Je suis d’accord avec vous à 100%
Jordan Bardella hier soir sur LCI était top très percutant c’était le meilleur . Ce jeune homme est brillant et il a une élégance naturelle . Très bon choix il ira loin . Tous avec Jordan dimanche .

Larapède

Septiques, comme la fosse ?