« Sécession », de Yann Vallerie : Quitter la France républicaine ou le mondialisme ?

Yann Vallerie, le rédacteur en chef du sympathique site Breton « Breizh Info », nous propose son premier livre, qu’il a intitulé Sécession. Pour l’acheter, il refuse les circuits traditionnels, et propose de passer par le site du quotidien en ligne qu’il anime.

Sécession. Sortie du premier livre de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info.com

Le titre interpelle le lecteur. L’auteur veut scissionner avec qui ? Connaissant le côté identitaire de Yann Vallerie, le jacobin craindra le pire, et se dira : « il ne veut pas que la Bretagne quitte la France ? » Eh bien si ! Et il précise même : « Comment vivre hors de la République française totalitaire ? ».

D’abord le livre commence bien, avec une préface de Piero San Giorgio. Ensuite, les constats de Yann Vallerie sont criants de vérité. Il évoque son mal-être quand il prend le train pour aller à Paris, et son impression de ne plus être chez lui. Il démontre plusieurs types de dégénérescence de notre société, et refuse le vivre-ensemble qu’on veut nous imposer. Il se sent davantage chez lui à Budapest, Prague ou Zagreb plutôt qu’à Paris ou Rennes, parce que les populations y sont homogènes.

Naturellement, son constat, accablant, sur la dérive de l’Éducation nationale et le lavage de cerveau que cette structure impose aux élèves, amène aux mêmes conclusions : comment protéger nos enfants de ce monstrueux conditionnement, et en faire des êtres libres. À ce sujet, on ne pourra qu’apprécier que l’auteur refuse que des parents conditionnent leurs enfants en les emmenant dans des manifestations dont ils ne comprennent pas l’objet.

Le rédacteur en chef qu’il est d’un journal en ligne alternatif ne pourra qu’avoir une vision objective et lucide de la manipulation quotidienne qu’exercent les médias de propagande dans le conditionnement de nos compatriotes.

Il conclut, selon sa logique, par la nécessité, selon lui, de « divorcer pour ne pas mourir ». C’est là que les choses se compliquent quelque peu. Il ne propose pas de divorcer de l’Union européenne, mais de la République française. Il appelle donc de ses vœux, s’affirmant solidaire des Basques, des Corses, des Alsaciens et des Savoyards qui auraient les mêmes aspirations, à l’éclatement de l’État-nation, la France, au profit de l’Europe des régions. C’est juste le souhait des européistes de Bruxelles. Certes, il y a, chez les identitaires, dont Yann se réclame, une défense de la culture régionale et un refus de l’invasion migratoire qui est aux antipodes de celles d’une Ursula Van der Leyen. Mais ils se retrouveront pour construire une Europe fédérale, faisant fi de l’étape nationale.

Autre contradiction, on sent que Yann Vallerie est très attiré par la candidature d’Éric Zemmour, et qu’il sent une proximité idéologique certaine avec l’ancien chroniqueur de CNews. Mais Éric n’est pas du tout favorable à l’éclatement de la France, il fait campagne pour sauver la France du Grand Remplacement, pour sauver notre civilisation contre l’invasion migratoire et le choc des cultures. Bref, il fait le même constat que le rédacteur en chef de « Breizh Infos », mais il amène des réponses totalement opposées, même s’il reconnaît que les régions sont la richesse de notre diversité, même s’il a évolué en comprenant la revendication culturelle régionaliste, il ne voit, lui, la France que comme une République une et indivisible, qui protège nos régions de leur identité. Yann, lui, veut la mort de la République française, pour mettre en place des régions autonomes.

Nous pourrions être cruels en faisant remarquer que la Bretagne, sans doute sous l’influence du Télégramme et de Ouest France, les deux journaux dominants, est la région qui vote le plus massivement socialiste dans ses grandes villes, avec le résultat qu’on connaît à Nantes, Rennes et Brest, et que les départements bretons sont ceux qui ont voté le plus massivement pour Macron en 2017, et pour ses complices dans les élections qui ont suivi… Mais c’est aussi une région où une résistance populaire très forte est ancrée dans la population, comme on l’a vu lors de l’épisode des Bonnets rouges.

Au-delà de ces divergences, nous savons que l’auteur partagera les mêmes combats civilisationnels que ceux qui soutiennent Éric Zemmour, qu’il refuse l’invasion migratoire, l’islamisation de notre pays, la dictature sanitaire, la tyrannie bureaucratique et la mort des valeurs qui forment le socle d’une culture.

Nous mènerons donc ensemble ces combats, et, en bon Gaulois, dans la région d’Astérix, nous nous chamaillerons ensuite, quand nous aurons sauvé le pays !

Jeanne Bourdillon

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2 Commentaires

  1. « il refuse les circuits traditionnels, et propose de passer par le site du quotidien en ligne qu’il anime. »
    Dites plutôt qu il a été refusé par tous les éditeurs !

  2. Cette vision de sécession rejoint les observations de Jerome Fourquet sur la France morcelée en archipels….Et nous tous chacun on peut le constater en observant nos lieux de vie autour de soi : la population Francaise n’ est plus homogène et il est naturel de nous regrouper pas affinités culturelles et ethniques Soyons honnêtes : l’ entre soi existe déjà….Que cela nous plaise ou non , je pense que la sécession nous menacera prochainement Voyez ce qui se passe aux Etats Unis au bord d’ une nouvelle guerre de sécession ….Fin de la Mondialisation , nous sommes dans un monde multipolaire !

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