Sélection de quelques réactions

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Quelques réponses au texte de Christine Tasin et Robert Albarèdes (RL 55)
Dans l’ordre :
– oui la gauche porte autant la responsabilité que la droite du
financement public de l’école privée et oui le PS et les profs « de
gauche » n’aiment pas trop aborder cette question vu leur difficulté à
faire coïncider leur « position militante » et « leur responsabilité
familiale » …
– bien souvent, l’école privée offre un encadrement supérieur à
l’école publique, se soucie des effectifs par classe et pratique même
parfois des pédagogies innovantes. Pourquoi ? Simplement parce qu’elle
bénéficie de fonds publics sans avoir à rendre de comptes ! Exemple
cette déclaration d’écoles privées qui pensent que c’est une aberration
de supprimer deux heures d’enseignement par semaine et qui continueront de faire cours le samedi matin. On ferme une école publique en zone rurale en obligeant les familles à inscrire leurs enfants dans l’école la plus proche qui est une école privée! Il faut être conscient de la situation en zone rurale : fermeture de classes, d’écoles, regroupements de collèges pour le public, pour le privé augmentation du financement, article 89 et aucun contrôle.
– alors oui je soutiens la théorie du complot pour la privatisation de
l’école publique et donc à moyen terme la disparition de l’école de la
République seule garante de l’égalité, de la gratuité et de la
laïcité (même si elle n’est pas parfaite !)
Corinne Mahé
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Chère Corinne,
Nous sommes bien d’accord sur l’école privée et l’école publique, et nous disons la même chose, sauf que si j’accepte la thèse du complot pour faire disparaître l’école publique, c’est en en pointant les responsables : politiques de gauche et de droite, pédagogistes fumeux, U.E., OCDE, etc. Mais je récuse l’idée d’un complot mené par l’extrême-droite, catholique ou pas, comme on voudrait nous le faire croire.
Christine Tasin

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Ne donnez pas la possibilité à nos adversaires de voir les laïques se « bouffer le nez »
J’ai été atterré en trouvant, ce matin, votre mail, où, répondant à mon envoi de la pétition de l’Ufal et de Prochoix, vous me disiez que vous l’aviez signée, mais que vous en aviez été éliminé.
Pour me faire une idée, j’ai fait un petit sondage sur un échantillon de 20 auteurs réguliers de Riposte Laïque: Robert ALBAREDES, Pierre BARACCA, Jeanne BOURDILLON, Hervé BOYER, Brigitte BRE BAYLES, Pierre CASSEN, Jean-François CHALOT, Guylain CHEVRIER, Chantal CRABERE, Roger HEURTEBISE, Pascal HILOUT, Lucette JEANPIERRE, Fabrice LETAILLEUR, Yves PIALOT, Mireille POPELIN, Radu STOENESCU, Annie SUGIER, Christine TASIN, Maurice VIDAL et Anne ZELENSKY.
Sur ces vingt personnes (qui n’ont peut-être pas toutes signé, il est vrai), je n’en ai retrouvé, sauf erreur, que trois dans la liste officielle des signataires du manifeste: Jean-François CHALOT, Conseiller municipal de Vaux-le-Penil; Chantal CRABERE, Retraitée; et Mireille POPELIN, Militante laïque. Et aucune référence à Riposte Laïque, alors que plusieurs autres mouvements et associations sont cités…
J’en suis d’autant plus désolé que, le libellé de ce manifeste m’ayant paru digne et sans excès, je l’ai répercuté non seulement à vous, mais aussi à tous mes contacts individuels et associatifs, contribuant ainsi, je l’espère, à l’ajout d’un certain nombre de signatures. Il m’a en effet paru évident que face à l’empressement révérencieux des plus hautes autorités de l’Etat à l’égard de la visite papale, les laïques devaient présenter un front uni en faisant taire, pour une fois, leurs polémiques.
J’aurais ainsi eu le plus grand plaisir à retrouver Riposte Laïque dans la liste des signataires, alors même que, vous le savez sans doute, mes positions sur le sujet sont assez éloignées des vôtres (voyez pour mémoire mon article « Laïcité: lutte antireligieuse, combat social?… Soyons clairs », paru sur les sites http://www.laic.fr, http://brightsfrance.free.fr, http://www.fairelejour.org et http://rappel.over-blog.net).
La nécéssité de ne pas donner à nos adversaires le plaisir de nous voir nous « bouffer le nez » me fait souhaiter que vous ne réagissiez pas publiquement, du moins dans les jours qui viennent, à cette bizarre suppression de certaines de vos signatures. Le manifeste en question est en train de remporter un vif succès (on en était ce matin à plus de 3000 signataires) et nous ne pouvons tous que nous en féliciter, indépendamment de l’appartenance associative ou politique de ses auteurs.
Mais il est clair que si l’Ufal se refusait à rectifier cette erreur (allons, ce n’était peut-être qu’une fausse manoeuvre informatique, ou bien certains commissaires ont pu mal voir…), s’il apparaissait que les organisateurs de l’appel approuvent la suppression délibérée de signatures pour « délit de sale gueule associative », il s’agirait là de méthodes sectaires semblables à celles que l’Ufal elle-même reprochait naguère, non sans raisons, à la Fédération Nationale de la Libre Pensée. Et l’Ufal n’en sortirait certainement pas grandie…
Laïquement vôtre,
Jean-Marie BLANC

REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE

Cher Jean-Marie,
Merci pour votre courrier, et pour le ton fraternel que vous employez. Comme vous le lirez dans notre rubrique « Polémique Laïque », nous avons, sans aucune agressivité, informé nos lecteurs de la censure dont nous avons été l’objet. Ne croyez pas que c’est par plaisir de voir nos adversaires se réjouir de nous voir nous « bouffer le nez », comme vous le dites. Mais il nous apparaît normal, vis-à-vis de nos abonnés, qu’ils soient informés des raisons pour lesquelles notre journal n’apparaît pas dans la signature d’une pétition qui s’adresse à l’ensemble du mouvement laïque.
Nous espérons par ailleurs que cela sera la première et la dernière fois.
Cyrano

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Les imposteurs
Je vois dans votre dernier édito que tout le monde est imposteur quasiment sauf vous.
Vous voudriez peut être vori que vous figures dans l’article que j’ai écrit ici : http://pagesperso-orange.fr/john.mullen/2008islamophobie.html
Votre islamogauchiste préféré,
John Mullen
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Cher John,
La lecture de votre article révèle l’ampleur de ce qui nous oppose : ne vous en déplaise, il n’y a pas de «racisme anti-musulman» : l’islam n’est pas une race mais une religion ! Par conséquent, prétendre que le «racisme anti-musulman» est «devenu le racisme acceptable en France aujourd’hui» est un non-sens.
De même, vous affirmez que «les croyants musulmans ne disposent pas des mêmes droits que les croyants chrétiens». La HALDE prouve le contraire. La France se couvre de mosquées. L’Algérie se couvre-t-elle d’églises ? «Les jours de fête chrétiens sont fériés», précisez-vous, regrettant ainsi qu’il n’en soit pas de même pour les fêtes musulmanes. Faudra-t-il, pour vous satisfaire, qu’on adopte le calendrier de l’Hégire ?
Vous reprochez à des revues comme Le point ou L’Express de sommer les musulmans d’ « abjurer les archaïsmes les plus flagrants de leur dogme». Seriez-vous pour ces archaïsmes ? Ne sont-ce pas ces archaïsmes qui font de l’islam un «danger» pour notre République ?
N’êtes-vous pas sous leur influence quand vous écrivez qu’«interdire la nationalité à une femme parce qu’elle couvre son visage, ou exclure des jeunes femmes de l’école, ne risque pas de les libérer» ? Mais qu’est-ce donc qu’une liberté qui cache et discrimine ? Voudriez-vous passer votre vie sous un voile, ou être défini par votre seul sexe ?
Vous déclarez que «pour beaucoup, l’islam se réduit à quelques phrases réactionnaires tirées du Coran», et vous ajoutez qu’«on n’oserait jamais faire de même pour la Bible». Ah bon ? Depuis quand la laïcité se bâillonnerait-elle ? Croyez-vous que le discours laïque soit double ?
Comment pouvez-vous reconnaître la nécessité du principe laïque, tout en considérant comme «illégitime et contraire à la liberté religieuse» d’«appliquer ce principe de neutralité non pas à l’Etat mais à ses salariés et ses usagers» ? A l’évidence, vous n’avez pas compris ce qu’est la laïcité : «A gauche – écrivez-vous – être pour la laïcité se confond souvent avec un mépris pour tous les croyants», ce mépris trouvant «comme première cible le musulman», ce qui, «dans une société raciste», ne saurait être «surprenant» ! Il est vrai que votre vision de justice sociale a pour modèle des «organisations telles que Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM), le collectif des musulmans de France ou les Indigènes de la République». Ici, la coupe est pleine, et cela suffit pour que je prenne congé.
Sans imposture,
Maurice Vidal
Impostures
Bien cet article dans riposte 55 sur les impostures. La première de
toutes les impostures consiste à faire croire que nous sommes en
démocratie, alors qu’il s’agit d’oligarchie quasi monarchique dans la
mesure où le pouvoir se transmet de façon héréditaire aux mêmes élites.
Le peuple n’a rien à dire. Contrairement à ce qu’on lui fait croire
(hors rares consultations par référendum), il s’imagine être souverain
quand il vote : supercherie ou imposture de la représentativité
populaire dans les Assemblées nationales depuis toujours. Lire
l’excellent éditorial de Claude Weill dans le numéro spécial du Nouvel
obs (août) sur le siècle de Périclès.
Amitiés.
Louis Peretz

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Au sujet de l’Edito de Cyrano
Cyrano, j’approuve globalement le contenu de votre éditorial.
Je viens seulement faire une petite observation au sujet de la phrase de Napoléon que vous exhibez fièrement.
« Napoléon Bonaparte n’avait-il pas tout compris, quand il déclarait, en 1801 : « Comment avoir de l’ordre dans un Etat sans religion ? La société ne peut exister dans un Etat sans religion. La société ne peut exister sans l’inégalité de fortunes et l’inégalité de fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim, à côté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas une autorité qui lui dise : « Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde, mais ensuite, et pendant l’éternité, le partage sera fait autrement ». »
D’abord, passez-moi cette taquinerie, il est vrai que Napoléon a commis des erreurs, mais habituellement, on le cite pour sa sagacité…
La question du « partage des richesses » est une question qui existe depuis qu’il y a des riches, et corollairement, des pauvres.
Sauf erreur, il en est question dans le Livre des Morts égyptien antique de l’époque pré-chrétienne,
C’est une question qui était soulevée par Xénophon, que cite Montesquieu dans l’Esprit des Lois.
C’est un sujet qui revient sans cesse dans la Bible et dans l’Evangile.
Permettez-moi de vous faire remarquer que la désapprobation de la richesse se trouve dans l’Evangile (« il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au royaume des cieux »), et que cela donne une forme de caution religieuse à cette désapprobation.
Pour autant Jésus n’a jamais laissé entendre qu’il fallait spolier les riches, mais il n’a pas non plus dit qu’il fallait laisser les gens mourir de faim, et un des moments les plus spectaculaires de l’Evangile est justement la multiplication des pains et des poissons.
Que la religion ait été utilisée comme instrument de domination politique n’en fait pas un instrument de domination politique par essence.
Que ce soit l’usage que Napoléon lui assigne ne signifie pas non plus que ce soit sa vocation.
Pour autant, faisons l’hypothèse que rien ne justifie que les uns soient riches, et les autres pauvres, surtout s’ils sont « producteurs ».
C’est le principe qui prévalait dans la Russie soviétique…
Il n’y avait que les pays du tiers Monde qui aient été aussi inégalitaires et misérables que les pays du bloc soviétique, je pense que vous ne l’ignorez pas.
Comment donc organiser harmonieusement la société en répartissant les tâches et les revenus sans conflit ?
Comment justifier la hiérarchie sociale ? A moins que vous la jugiez inutile ?
Je sais bien que pour Bakounine « l’anarchie c’est l’ordre suprême », mais dans la pratique, son idée peine à se réaliser…
Que proposez-vous, puisque vous savez voir les failles du raisonnement de Napoléon, pour organiser une société juste, avec ou sans le concours de la religion ?
Permettez-moi de vous dire que pour ma part je ne fonctionne pas au discours haineux des révolutionnaires coupeurs de têtes et mus par la jalousie et la cupidité.
J’aime mieux me contenter de mon petit salaire que de vitupérer et m’empoisonner la vie parce que certains artistes ou joueurs de foot gagnent en une semaine plus que moi en toute une vie de travail.
Ce n’est même pas par religion, encore que mon éducation doive y être pour quelque chose, mais par simple bon sens…
De plus ces gens qui ont de l’argent ne le mangent pas, concrètement. Ils le dépensent, et font vivre ceux qui leur rendent des services.
J’aime mieux partager quelque chose que rien, comme dans les pays où on pratiquait soi-disant, la justice sociale…
Alors si vous avez une proposition, je suis preneuse.
Bien respectueusement à vous, et bravo pour votre travail.
Nadia Furlan
Ps : je vois que par votre illustration, le pape avec la tête du Président Sarkozy, (ou inversement) vous êtes courageux mais pas téméraire.
Brocarder le pape ou le président, c’est sans risque.
Ce n’est pas comme Charly, qui a dessiné un turban….

REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Chère Nadia,
Je vais répondre par la fin à vos deux derniers arguments. Nous ne nous contentons pas de brocarder le seul Pape, si vous nous lisez depuis le début, nous nous distinguons dans le milieu laïque par la virulence de notre critique contre l’offensive islamiste.
Concernant la redistribution des richesses, est-ce être un méchant révolutionnaire coupeur de têtes que d’estimer que la justice sociale passe par une fiscalité juste, ce qui est de moins en moins le cas, depuis 20 ans, dans notre pays ? Trouvez-vous acceptable que de multiples exonérations fiscales permettent aux plus aisés de ne pas payer les impôts équivalents à leur fortune, alors que des gens comme vous doivent compenser ?
Bien à vous,
Cyrano

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Merci de bien vouloir me désabonner !
J’étais déjà quelque peu surpris par votre présentation très orientée :
« Nous voulons dénoncer la sous-estimation et l’absence de lucidité dramatiques ( quand il ne s’agit pas de complicité ) de beaucoup de militants associatifs ou politiques quant à la gravité de l’offensive de l’islam politique, en France et dans de nombreux pays d’Europe et du monde, relayée et encouragée par les autres religions qui y voient une occasion unique de retrouver place dans la Cité »
J’aurais compris « l’offensive politique des religions ». Mais là ….
Vos articles sont de jour en jour de plus en plus stupéfiants…
Jean-Jacques Schuler
Militant laïque

Président de l’USEP 71 et de Bourgogne
Vice président de la Communauté de communes de l’Autunois charge de l’Education, de la Formation et de l’Insertion
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Cher Monsieur,
Y a-t-il, oui ou non, une «offensive de l’islam politique, en France et dans de nombreux pays d’Europe et du monde» ? Si «oui», nos articles sont fondés. Si «non», pourquoi l’affaire des caricatures ? Pourquoi les accommodements raisonnables ? Pourquoi la multiplication des voiles ? Pourquoi les attentats-suicides ? Pouvez-vous citer un seul exemple de cette nature qui serait le fait des autres religions ?
A mon tour de trouver vos propos «stupéfiants» !
Maurice Vidal

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Ne mélangeons pas tout, Christine
« Les voies du Seigneur sont impénétrables »(sic)…, pas celles de
l’état, et encore moins celles de « l’école »
Institutrice pendant près de 30 ans, directrice d’écoles pendant 11
ans et enfin « conseillère pédagogique » et tout cela eh oui, dans le
Privé ! Me voici aujourd’hui, retraitée et active ‘’défenderesse’’ de la Laïcité… Résultat d’une réflexion, d’un parcours, d’une analyse des choses, d’une évolution…
Cependant, je ne suis pas d’accord pour « réduire » la carence de
l’école française à l’existence de l’école privée…
Tout ce que je lis à propos de l’école, ou plutôt de la pédagogie,
me hérisse le poil, car on tient des propos lapidaires sans les étayer,
on y proclame des jugements sur des « pratiques pédagogiques » qu’on
ne connaît pas, on mélange tout : une chose et son contraire, les
pratiques et les déviances, les élèves et les résultats, la pédagogie
et l’autorité, etc.
Lorsque j’ai commencé à enseigner, j’avais reçu une formation très
imprégnée des méthodes montessoriennes ; méthodes difficilement
appliquables, mais dont les fondements m’ont donné ce goût pour être
toujours en recherche, toujours en ouverture, toujours soucieuse de
permettre à un enfant, bon ou mauvais élève, de réussir, de
comprendre, de prendre du plaisir à apprendre.
Voici déjà plusieurs années, institutrice en CP, enthousiasmée par
une méthode à départ globale et faisant appel à plusieurs disciplines
(chants, comptines, expression corporelle et gestuelle…etc) je me
demandais comment faire pour que les parents ne soient pas perdus ou en opposition. Je les ai invités à venir, par petits groupes de 2 à 4,
assister à une matinée de cours. Je n’ai pas regretté, car ils ont
compris très vite l’attrait de cette méthode et ont fait passer le
message. Mes élèves savaient pratiquement lire couramment dès janvier
pour les meilleurs et en Mars-Avril pour la plupart.
Les parents n’ont pas à être omniprésents dans les écoles, ni à
juger d’une pédagogie (jugent-ils le diagnostic de leur médecin ?),
mais ils ont à être rassurés, informés des méthodes utilisées, des
résultats attendus et bien sûr des résultats obtenus. Ils sont en droit
de s’interroger sur l’avenir de leurs enfants et d’être associés en
qualité de parents et non d’enseignant. Ils participent non seulement à
l’éducation, mais aux apprentissages de leurs enfants, mais à la place
qui est la leur, pourvu qu’on veuille bien la leur expliquer, et non à
la place de l’enseignant, qui est lui, un professionnel de la pédagogie
et de l’enseignement ;
Les journalistes ou écrivains ou autres penseurs qui écrivent à propos
des méthodes pédagogiques n’en connaissent bien souvent à peu près
rien, en tout cas, ils ne les ont pas pratiquées, alors comment
peuvent-ils faire la différence entre la méthode et sa mauvaise
application. Un outil reste un outil et s’il est mal employé faut-il
dire que l’outil n’est pas bon ?
Lorsque mes élèves de CM2 n’aimaient pas une matière, j’ai toujours
cherché comment la leur rendre attrayante, j’ai donc tenté, testé,
essayé différentes manières, différentes méthodes, j’ai toujours
cherché à les motiver, sans tomber dans l’excès, sans perdre de vue
que l’important était de savoir ce qu’ils apprenaient, mais il n’y
a pas opposition entre cela et le fait de chercher à comprendre comment
ils apprennent pour adapter les méthodes et les pratiques.
C’est trop facile de juger une méthode qu’on ne connaît pas à ses
résultats.
On a rendu l’apprentissage de la lecture par la méthode globale
responsable des carences en orthographe, eh bien je connais beaucoup
d’adultes de ma génération qui, ayant appris avec la méthode Boscher,
n’ont pas pour autant acquis les bases de l’orthographe !
En France, on juge toujours rapidement ; on n’aime pas le changement,
on est rigide et traditionnaliste. Les changements dérangent, alors vite,
on leur fait procès et on n’a de cesse de vanter les mérites des bonnes
vieilles méthodes qui n’ont pas donné de meilleurs résultats en
pourcentage, mais ça, on oublie de le dire.
Tous mes camarades de classe ne savaient pas lire, encore moins lire bien, avec la méthode Boscher… Tous ne sauront pas lire avec une autre
méthode puisque ce n’est pas la méthode qui est seule en cause… Tous
les enseignants le savent bien que c’est beaucoup plus complexe que ça ;
s’il y avait une méthode miracle pour apprendre et tous réussir, il me
semble que ça se saurait !
Oui, apprendre c’est difficile ; oui, enseigner c’est complexe et
aucun discours, aucun jugement, ne pourra changer cela.
L’école, en voulant la réussite de tous, se donne un objectif bien
ambitieux et on voit bien qu’Elle n’y réussit pas. Et d’ailleurs,
de quelle réussite parle-t-on ? La réussite de sa vie, au sens large,
c’est-à-dire la capacité à agir et à trouver sa voix en fonction de
ses aptitudes ? ou bien la réussite professionnelle, accordée
aujourd’hui aux seuls élèves ayant des capacités intellectuelles bien
développées ainsi qu’un environnement social bien adapté ?
A quoi juge t-on de la réussite ? Oui, bien sûr, au savoir lire
(+écrire et compter), mais si quelqu’un sait lire et écrire,
s’inscrit-il pour autant dans les critères de réussite ?
Pourquoi l’école (française) fait-elle fi de bon nombre de paramètres
qui permettraient aux élèves de s’épanouir, je pense aux arts
plastiques, au dessin, au chant, aux sports, et aux langues étrangères,
toutes ces matières sur lesquelles notre école est très « avaricieuse ».
Je pense aux élèves qui accèderaient plus facilement aux savoirs et par
là même à la maîtrise des fondamentaux, en s’appuyant sur des
pratiques qu’ils aiment…
Dans une société tellement plurielle, on veut rester dans les schémas
classiques et ancestraux de l’école, faisant fi de cette pluralité ;
on veut formater des têtes plutôt pleines que bien faites (Peut-être
est-ce dangereux pour des pouvoirs en place, politiques ou économiques, de former des têtes qui sont capables de réfléchir, d’analyser, de poser des questions ? Est-ce pour cette raison que les méthodes basées sur ces concepts sont décriées avant même d’avoir pu faire leurs preuves ???) car enfin, on ne peut plus nous faire croire que l’élève d’aujourd’hui doit tout savoir et tout connaître, il faut bien qu’il apprenne à se « débrouiller » dans le vaste monde des
possibilités multiples qui va s’offrir à lui ; il faut bien qu’il
apprenne le discernement, le libre arbitre, la capacité à voir,
ordonner, classer tout ce qui lui est offert pour pouvoir choisir en toute
liberté et discerner ce qui sera bon pour lui.
Vous mentionnez les ZEP et les moyens offerts qui n’ont d’après vous
rien donné ? Tout d’abord, comment appréciez vous les résultats ? Sur quels critères dites-vous ‘’rien’’ ?
Qu’est-ce qui était attendu ? Moi, je connais un certain nombre de
choses qui ont été faites et qui ont permis des avancées
significatives, très modestes certes, mais les moyens aussi étaient
modestes, et, même dans les écoles privées, les miracles n’existent
pas, je peux vous l’assurer!
La seule chose qu’on n’a pas prise en compte, c’est cette pluralité
qui fait qu’on ne peut pas attendre le même résultat partout ; c’est
que certains enfants ont (auraient) besoin d’apprendre autrement, avec
d’autres référents, d’autres supports, d’autres méthodes et que
ça, on ne sait pas faire à l’école, ou on ne veut pas le faire :
adapter l’enseignement aux élèves, en fonction de leurs capacités, de
leurs aptitudes.
On veut, sous prétexte d’égalité des chances, le même programme, au
même moment pour tous, et ça, c’est la pire des inégalités créée
par le système ; c’est l’outil à créer l’inégalité par excellence, et tout le monde le sait…alors ? je vous laisse conclure…
Non, tous les adultes de demain ne seront pas tous des patrons ; non, tout le monde ne pourra pas accéder aux postes enviables( ?) de chefs
d’entreprises, politiciens, etc. !
Oui, il faut des « petites gens », des artisans, des commerçants, des
ouvriers, des employés, mais des gens à leur place, sinon heureux d’y
être, au moins considérés pour le rôle qu’ils jouent et qui est
indispensable à l’équilibre d’une société. Regardez ce qu’on obtient aujourd’hui avec la valorisation de l’intellect sur le manuel : plus d’artisans : quelle galère pour trouver un plombier disponible, ou un bon maçon, ou un couvreur…et j’en passe ! Trouvez-vous encore du bon pain ? difficile, non ? Et ma foi, je me demande si notre système
scolaire y pense parfois ?
Pourquoi continuer à dévaloriser, ou du moins ne pas chercher à
revaloriser toutes ces filières ‘’pratiques’’ dans lesquelles certains élèves s’épanouiraient à coup sûr si le regard qu’on porte sur elles était revalorisé lui aussi.
Quant à « l’Education », c’est-à-dire la formation aux valeurs que
nous voulons perpétuer, je me pose bien des questions quand je vois agir les adultes (les plus de 40 ans), le ‘’moi’’ d’abord, le ‘’moi’’ seul, le ‘’j’ai bien le droit’’, les autres ? connais pas !
Je me gare où je veux, je fais ce que je veux quand j’ai envie,
j’insulte les autres conducteurs, j’ignore mes voisins, je resquille
dans les queues, je pousse les autres pour être premier ou avant,
personne âgées ? connais pas… propreté dans les lieux publics ? Y a
des gens payés pour ça (ou qui devraient l’être) Préserver
l’environnement ? Oui, bon, mais individuellement, ça sert à rien, et
puis les générations futures feront comme nous, elles s’adapteront, se
débrouilleront…etc…etc…
Puisque qu’on veut en revenir aux bonnes vieilles méthodes
pédagogiques, pourquoi pas aussi aux bonnes vieilles méthodes
éducatives où nos parents montraient l’exemple et avaient le droit de
nous corriger,un peu (on n’en est pas ‘mort’’, la preuve) et
surtout soutenaient les professeurs quand ils nous punissaient, ceux-ci
n’étant jamais menacé d’être traduit en justice pour une giffle,
même si nos parents se permettaient quand même de se manifester par
rapport à ces comportements…
Voilà quelques élucubrations que m’ont inspirées vos propos ; je
m’en tiendrai là, mais sachez que je vous lis avec plaisir et que vos
articles me font toujours réfléchir (à l’endroit et à l’envers) et
ça, c’est bon pour le ‘’libre-arbitre’’
M.-C. Dousson
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Chère lectrice et collègue,
D’abord, merci pour cette longue et passionnante réponse.
Ensuite, je crois que nous partageons bien des interrogations communes. Comme vous, je suis professeur (dans le public) et, forcément, je m’efforce d’être pédagogue, c’est-à-dire que, tout simplement, j’essaie de trouver mille façons de faire passer ce que j’ai à enseigner ; oui je suis soucieuse de mes élèves, soucieuse de présenter les choses de telle sorte que chacun puisse se les approprier, oui, j’essaie de mettre une bonne ambiance pendant mes cours pour que l’on s’y sente bien. Mais c’est ce que fait la majorité des enseignants, naturellement et je n’accepte pas les procès perpétuels que leur font les parents, les élèves et les maîtres à penser qui font retomber sur leur dos toute la responsabilité des dysfonctionnements scolaires…
Comme vous, je me suis remise en cause, j’ai cherché et testé « la » méthode miracle (j’ai été conseillère pédagogique, j’ai animé des stages, etc.) et j’ai constaté que, sans désir d’apprendre de l’élève, sans motivation, fût-elle minime, rien, ou presque, ne sert à rien. J’ai pratiqué, à chaque fois que je l’ai pu, – et je continue- une évaluation ciblée, personnalisée, pour encourager et rassurer ceux qui « sont en difficulté ». Ils se sentent bien en cours, mais ils ne travaillent pas davantage, même pour me faire plaisir.
Je n’ai jamais réussi à en faire des Zola. et pourtant, contrairement à ce que vous affirmez, ils ont la possiblité de pratiquer et de réussir bien d’autres disciplines (arts plastiques, langues étrangères, musique… ) mais la plupart d’entre eux n’y voient que contraintes supplémentaires et inutiles… Et puis, pourquoi serait-on choqué par un système qui donne une vaste culture et forme l’intelligence, mais qui vise, aussi, à faire émerger les élites, comme le souhaitait Ferry ? Pourquoi aurions-nous honte de dire que nous formons tout le monde mais que nous avons un outil de sélection (quel gros mot pour l’école mais acceptable dans les cabinets de recrutement qui utilisent les critères scolaires pour trier et choisir !) qui reprend les critères nécessaires à ces élites ? Et ce sont ceux que vous énumérez : il faut bien qu’il apprenne le discernement, le libre arbitre, la capacité à voir, ordonner, classer tout ce qui lui est offert pour pouvoir choisir en toute liberté et discerner ce qui sera bon pour lui.
Avoir de nombreux citoyens qui sachent lire, écrire, argumenter, penser, raisonner, qui aient une culture élargie, littéraire et scientifique est nécessaire à un pays. Nous en sommes réduits à faire des appels du pied aux pays émergents pour qu’ils nous envoient nos futurs informaticiens, médecins voire hommes politiques, tout simplement parce que, dans ces pays émergents, on ne se pose pas la question du « comment apprendre » du « pourquoi apprendre » on sait que c’est une nécessité et que cela ouvre les portes.
Quant aux ZEP, pourquoi puis-je parler d’échec ? Tout simplement, sans chercher d’outils d’évaluation fumeux,on ne peut que constater que, dans leur grande majorité, les ZEP restent des lieux où l’on a du mal à enseigner, à apprendre, et que l’on fuit. Malgré les moyens.
Nous sommes d’accord sur quelques points, d’abord, c’est qu’il y a de la sottise à faire de l’acharnement pédagogique, comme si la seule voie possible de réusite passait par le bac général et les études supérieures. Quand je vois, autour de moi, des artisans épanouis, indépendants, qui ont plus de travail qui’ls ne peuvent en effectuer, qui réussissent leur vie, et des jeunes avec un bac plus 2 ou 3 qui errent de petit boulot sans intérêt en file d’attente à l’ANPE, je me dis que nous fonctionnons en dépit du bon sens. Ensuite, je suis entièrement en accord avec vous pour toute la fin de votre texte, l’école meurt aussi (d’abord ?) de l’absence de civisme et d’éducation, tout simplement. Or, quand on voit que la Commission Européenne lance une cammpagne contre la fessée, on n’est pas au bout ….
Cordialement.
Christine Tasin

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Bonjour,
Je lis toujours et avec intéret vos éditos… mais faire l’éloge du  »
courage » Eric Zemmour, phallocrate patenté et décomplexé, je trouve ça
paradoxal pour un mouvement qui prétend défendre la dignité des femmes.
Peut-être votre nationalisme a t’il pris le pas sur votre humanisme?
Ne constituez vous finalement qu’un groupe de plus qui utilise la
révolte légitime des citoyen-ne-s contre l’asservissement des femmes par les religions et traditions, au profit d’idées fachisantes ? je vous
jure que l’évolution de votre prose peut le laisser penser!!!
Merci de m’éclairer
Bien à vous
Florence Ronveaux
PS: en tant que féministe-humaniste, je me ramasse régulièrement
l’étiquette d’islamophobe, je vous l’ai donc épargnée)
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Chère Florence,
Votre lettre donne raison au constat selon lequel les discours du Front national, et notamment les provocations de son président, ont empêché tout débat de fond sur des questions politiques incontournables comme l’installation de l’islam en France via l’immigration, ou encore le sens qu’on doit donner au mot « patriotisme ». Chanter la Marseillaise ou arborer le drapeau tricolore est même devenu suspect. Si je dis : « Vive l’Algérie algérienne ! », tout le monde verra en moi un défenseur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Mais si je dis : « Vive la France française ! », tout le monde verra en moi un nationaliste ou un fasciste ! Etrange, non ?
Cordialement,
Maurice Vidal

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

C’est bien de lutter pour la laicité mais traiter tout le monde d’imposteur sauf Le Pen et Zemmour ça me paraît un peu facile.
Je voudrais connaître vos propositions pour résoudre les problèmes. C’est vrai que ce sont les capitalistes et les patrons qui ont intérê à ce qu’il y ait des immigrés pour faire pression sur les salaires. Mais quand ils embauchent à tour de bras des jeunes africains costauds, sans papiers pour utiliser les marteaux piqueurs, je ne vois pas d’autres solutions que de défendre les droits de ces travailleurs à partir du code du travail applicable à tous. Que veut dire l’expression « immigrationniste », vous aurez beau faire, vous ne contiendrez pas la misère à nos frontières. Etre laîque c’est démontrer dans les faits et pas seulement dans les mots que l’état de droit est supérieur au fait religieux.
Evidemment qu’il y a des arrières pensées chez les politiques mais il faut reconnaître au moins la complexité du problème. On ne résoudra rien avec la répression. La france était caholique, aujourd’hui les jeunes français et françaises se sont détachés de la pratique religieuse, ce n’est pas par des interdits, c’est que par la culture et le savoir ils et elles ont accédé à autre chose. Les immigrés ne sont pas plus bêtes que nous, et en accédant à autre chose, ils feront pareil.Une syndicaliste laîque
Gisele MOULIE
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Chère Gisèle,
Si le problème que vous évoquez n’était pas «complexe», ce ne serait pas un problème, et Riposte Laïque n’aurait pas vu le jour. Nous ne sommes pas pour la répression mais pour la fermeté, c’est-à-dire pour l’application de la loi républicaine. Dire que les immigrés ont autant d’intelligence que quiconque est un truisme. En revanche, croire qu’en accédant à autre chose, ils se détourneront de leur foi comme l’ont fait les jeunes français, n’en est pas un : suite à l’arrivée des premiers voiles en France, Jack Lang avait prédit que les jeunes filles voilées ne tarderaient pas, au contact de nos valeurs, à échanger leur voile contre le jean : j’espère que vous connaissez la suite.
Respectueusment,
Maurice Vidal

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Affaire de Rennes (ramadan)
Une remarque à propos du jeûne du ramadan. Il y a une vingtaine d’années, pendant cette période, j’ai un jour pris l’avion pour le Maroc sur la compagnie Royal Air Maroc. L’hôtesse nous distribue les plateaux repas, personne n’y touche : il fallait attendre le coup de gong fatidique. Je demande à mon voisin : « Est-ce que le pilote pratique le jeûne ? Il me répond : « C’est interdit ».! En d’autres termes, la charia est plus large que la jurisprudence française ! Si le mis en examen concerné à Rennes avait été logique avec lui- même, il se serait abstenu de jeûner avant l’ouverture du procès pour conserver tous ses moyens.Rappelons également que Bourguiba, alors qu’il dirigeait la Tunisie, avait aboli l’obligation du jeûne du ramadan sous le motif que le pays devait entreprendre un djihad contre le sous-développement et qu’une période comme le ramadan était un obstacle au développement. Mais sans doute Bourguiba ne connaissait-il pas le « véritable islam ».
Bravo pour votre combat !
Gérard Patrimonio
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Cher Gérard,
Votre lettre donne une magnifique leçon de lucidité à tous nos responsables, dont la lâcheté – fondée sur la peur – confine à la sottise. Et quelle est donc cette sottise ? C’est l’oubli de la sagesse populaire qui sait depuis fort longtemps que plus on cède à celui que l’on craint, plus il faudra lui céder !
Merci pour vos encouragements,
Maurice Vidal

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Relativité des cultures, relativité des religions
Bonjour,
C’est toujours avec intérêt que je lis « riposte laïque », j’en partage la
conviction, le plus souvent les conclusions, j’enrage de certaines
nouvelles …
Pour autant vos attaques contre le « catholicisme » ne me semblent pas
toujours avoir la même honnêteté intellectuelle que les autres, et
parfois même, l’on imagine comme un credo rabâché !
Peut être que mon absence d’éducation religieuse et ma famille athée
depuis quatre générations (c’est assez rare d’autant que mon grand-père
naquit en 1888) me font voir les églises uniquement sous leur jour
politique et sociologique, et les fois sous leur aspect philosophique,
mais je ne souscris pas à l’identité des dangers : toutes les fois ne
présentent pas la même préemption des individus, toutes les églises
n’ont pas la même pratique de leur pouvoir.
L’obscurantisme, relatif (exp. : de Foucauld) du catholicisme est
surtout celui la restauration, dés que l’église de France va se séparer
du mouvement royaliste, elle va modifier profondément -donc lentement-
sont corpus. D’ailleurs son attitude réelle lors de l’occupation n’est
pas celle, noire et réactionnaire, habituellement décrite par les
commentateurs, Protestants, Juifs, communistes … dont l’objectivité
n’est pas certaine !
Sous la soutane il y a la toge, en 313 Constantin (qui n’était pas
chrétien) a fait un choix politique, la romanité a autant pénétré le
christianisme que ce dernier n’a imprégné un Empire déjà mal en point.
La ritualisation du fait spirituel, la hiérarchisation administrative,
l’importance de l’image et des représentations conventionnelles, tout
ceci procède de l’exercice habituel du pouvoir à Rome ; Pontifex
Maximus, titre officiel du pape qui fut celui qui porta Jules César au
pouvoir et qui sera repris par les Empereurs. La querelle des
investitures est elle aussi un enjeu de pouvoir.
Il y a aussi, comme à Rome d’ailleurs, ce choix de la censure et de
l’hypocrisie comme moyen de digestion sociale des nouveautés …
n’est-ce pas mieux que l’auto-censure parpaillote et anglo-saxonne, ou
le lynchage oriental ?
Lorsque « l’extase de Sainte-Thèrése » fut presentée, personne ne fut
dupe, tout le monde, du pape au commanditaire, savait que le modèle
était la maîtresse du Bernin et qu’il l’avait représentée entrain de
jouir ! pourtant il s’agit d’une tombe, d’un prélat, dans une église :
quelle autre religion est capable de cela ? et cela à duré de la
Renaissance à Jean XXIII.
Il y a des combats autrement plus urgents et plus pertinents que de
s’occuper de Benoît XVI, dont on est certain, au moins, que la portée
philosophique de ses écrits n’est ni hasardeuse ni porteuse de haine.
Laïquement votre.
Gérard Couvert
(Toulouse)
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Cher Gérard,
Je suis d’accord avec vous lorque vous dites qu’«il y a des combats autrement plus urgents et plus pertinents que de s’occuper de Benoît XVI, dont on est certain, au moins, que la portée philosophique de ses écrits n’est ni hasardeuse ni porteuse de haine». Mais si nous voulons respecter le principe même de la laïcité, nous ne pouvons passer sous silence ce qui, dans les discours ou les décisions de Benoît XVI, porte atteinte aux valeurs laïques et républicaines, à commencer par le refus dogmatique d’ordonner une femme prêtre !
Bien à vous,
Maurice Vidal
Manif anti-pape : samedi oui, vendredi NON !
Que des féministes aillent manifester contre la venu du pape en France, c’est la moindre des choses. Mais accepter de s’afficher aux côtés des notoires collabos de l’obscurantisme ACT-UP et SUD, qui s’étaient prononcés CONTRE la loi interdisant les signes religieux à l’école en 2004 ? Et donc PRO-VOILE ? Que viennent-ils faire à cette manif libertaire et anti-facho ? Se racheter une virginité ?
Mais le comble est atteint avec la présence du MRAP dont le président Mouloud Aounit a demandé une LOI CONTRE LE BLASPHEME. La déclaration de Mouloud Aounit, président du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples sur le blasphème, sur France 3 le 13 janvier 2005 au journal de midi : «Aujourd’hui si la liberté d’expression est un bien fondamental et fait partie des droits de l’homme, la liberté de blasphémer doit être réprimée avec la plus grande fermeté. »
Que des féministes acceptent aujourd’hui ces compromissions, il y a de quoi se poser des questions. Je n’irai pas à la manif vendredi PARCE QUE JE SUIS FEMINISTE ET ATHEE.
Alix CAT
Laïque…et super-honnête Edito N° 55
Bravo Cyrano
C’est beaucoup mieux écrit que si je l’avais moi-même dit, mais c’est en tout point ce que je pense, au mot et à la virgule près…
Ton extrême lucidité, bien que désespérante pour l’autruche, t’honore.
Pour autant peu vraiment sont en mesure ou désirent entendre ce discours qui les effraie et rend instable le confort intellectuel dans lequel il baigne.
C’est bien aussi pour ses mots que j’estime beaucoup Eric Zemmour qui est haï par tant de bien-pensants, parce qu’il n’y va pas avec le dos de la cuillère de la correction politique – bien que je n’aie toujours pas lu son bouquin « contre les femmes » qui me le rendrait sans doute hélas moins sympathique.
A bientôt
Martine DH

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Il n’y a que 2 solutions à cette lâcheté, un président d’extrême droite ou une guerre civile . Ma famille et moi avons quitté définitivement notre pays sur la base de cette analyse
Merci pour votre clairvoyance
Victor Nizard
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Cher Victor,
La lâcheté dont vous parlez – et qui est d’abord celle de nos élus – est malheureusement indéniable. Le gymnase Reuilly (XIIème arrondissement), qui vient d’être ouvert à la prière pendant le Ramadan, en est une preuve supplémentaire ! Mais je ne pense pas qu’il faille un président d’extrême droite pour mettre un terme à cette lâcheté : il faut un président courageux, qui ne transige en rien avec les lois républicaines. A défaut, c’est au peuple, c’est-à-dire à chacun de nous, de rappeler aux élus les devoirs de leur charge. Sans cela, c’est effectivement la guerre civile qui nous attend !
Bien à vous,
Maurice Vidal

LETTRE ADRESSEE A RIPOSTE LAIQUE

Très bien cet édito, et que c’est vrai tout cela : monde de mensonges. le seul objectif est d’arriver .. d’avoir le pouvoir pour ensuite faire ce que l’on veut sans aucun respect des autres, sans aucune considération. Où est l’Homme (et bien sûr la Femme) dans tout cela ?
Marie-Claude Velluet
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Chère Marie-Claude,
C’est bien l’être humain dans sa dimension morale, c’est-à-dire dans sa dignité, que nous essayons de défendre. Cet être mérite le respect parce qu’il est la valeur par excellence. Cette valeur n’a ni sexe, ni couleur, ni origine : elle est consubstantielle à l’apparition de la conscience par laquelle chacun se reconnaît comme «être humain».
Bien à vous,
Maurice Vidal

LETTRES ADRESSEES A RIPOSTE LAIQUE

Bravo !! Entièrement d’accord ! C’est cela être laïque !
Cordialement .
Marie-Claude PIRIS
Un énorme BRAVO !
Pour la lettre 55 !! quelle clarté ! quelle pertinence !!! merci d’exister 100% avec vous.
Dominique TORTEL
BRAVO POUR VOTRE EDITO
Aimée Toulgoat
QUEL SOUFFLE !
Continuez comme ça.
Sylvia Bourdon
Message de soutien
Un simple message pour vous apporter tout mon soutien dans la tenue de votre site. La lutte pour la laïcité est primordiale, aujourd’hui plus que jamais.
Cordialement,
Alex
REPONSE DE RIPOSTE LAIQUE
Chère Marie-Claude, cher(e) Dominique, chère Aimée, chère Sylvia, Cher Alex,
Un grand merci pour vos encouragements.
Maurice Vidal

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