1

Selon deux anti-spécistes, le loup et le djihadiste seraient des espèces à protéger

Pour redorer le pelage des égorgeurs (de brebis, de moutons et de mécréants) quoi de plus facile que d’assimiler la bête et l’homme, le loup et le musulman.

Dans un article de la revue Eléments (n°170 de février-mars) signé par Flak van Gaver, diplômé de l’IEP parisien, proche des Black Bloc et se revendiquant de l’écologie intégrale, on lit que «l’écrasante majorité des Français est favorable au retour» des loups. En pensée subliminale, imprimer que les Français sont favorables au retour des assassins musulmans qui ont officié en Irak et en Syrie.

Parce que, vous ne vous en doutiez peut-être pas, mais le loup et le djihadiste sont des frères.

Jusque-là, l’Etat, dans son idéologie islamophile, nous avait servi le thème du loup solitaire. Ce loup s’appelait Merah ou Nemmouche, et s’était soi-disant autoradicalisé. Plus fort, plus agressif et beaucoup plus dangereux que le loup dans une meute, il chassait seul dans le conte politico-médiatique que nous servaient les “élites”, conte où le Juif remplaçait le mouton ou le Petit Chaperon Rouge.

Mais, comme l’on n’arrête pas l’évolution, les combats contre la présence des loups – symbole écologique – et ceux contre l’islam – symbole de paix, de tolérance et d’amour – deviennent identiques. Lupophobie et islamophobie relèvent pour certains de la même maladie mentale.

Pour Flack van Gaver, les violents de l’histoire sont les anti-loups, et la majorité des ruraux (bergers, éleveurs, chasseurs), au nom de la revitalisation écologique, symbolique, économique, seraient pour favoriser l’emprise de ce grand prédateur sur nos campagnes. En deuxième lecture, vous êtes amenés à penser que les violents de l’histoire sont les anti-musulmans, et que la majorité des Français, au nom de la revitalisation biologique, symbolique, économique du pays serait pour encourager la domination du grand prédateur muzz sur notre nation.

Ce serait, en réalité, d’après van Gavern, les troupeaux qui abîmeraient la montagne et les loups qui la protégeraient.

Extension du domaine de la lutte, les islamophobes saccageraient la France et les islamophiles la protégeraient. CQFD.

Pour écrire son papier, Flak van Gaver s’est appuyé sur un bouquin de Ghassan Hage[1]: Le loup et le musulman : Le racisme est-il une menace écologique ?

En quatrième de couverture, Wildproject, sa maison d’édition, nous dit : « Dans un monde régi par la domestication, le loup et le musulman apparaissent comme deux grandes figures fantasmatiques menaçant la “civilisation”. Ils ne respectent pas les frontières nationales, qui garantissent le maintien de l’ordre colonial. Pour Hage, le crime écologique et le crime racial reposent sur la même volonté de “gouverner l’ingouvernable”. Parce qu’on ne gouverne ni les âmes, ni le climat, islamophobie et géo-ingénierie sont deux avatars de la même illusion domesticatrice –aux conséquences également funestes. »

Suivent deux louanges, la première d’Eduardo Viveiros de Castro[2], anthropologue : « Dans sa prose mordante, Ghassan Hage nous offre ici une critique des connexions internes entre racisme et spécisme dans leurs expressions contemporaines : c’est-à-dire l’islamophobie et la catastrophe écologique planétaire », la seconde, de Françoise Vergès[3], politologue : « Hage, avec son talent pour mettre en lien des éléments apparemment disparates, fait apparaître ce que nous ne voyons pas ».

Flak van Gaver et Ghassan Hage sont des anti-spécistes. Pour eux, il n’y a qu’une espèce. Après avoir lutté contre toute discrimination par l’ethnie (la race), par le genre (le sexisme), les voilà combattant toute discrimination par l’espèce. Autrement dit, ils refusent qu’une espèce en domine une autre. Après la figure de l’homme blanc dominateur qu’il a fallu abattre (anticolonialisme), après celle de l’homme cisgenré qu’il faut détruire (féminisme), voici celle  l’Homme tout court qu’il faut mettre par terre. Pour les anti-spécistes, l’homme est un animal comme un autre. Et là, le loup écologiste est à l’image du musulman djihadiste et vice-versa.

Pour les loulous van Gaver et Hage, le loup comme le terroriste nous fascine autant qu’ils nous inquiètent. Pour sortir de ce cercle vicieux de fascination/répulsion, il faut faire du loup et du djihadiste des animaux familiers, non en essayant de les domestiquer mais en se familiarisant avec eux. La dangerosité du loup et du musulman de retour du théâtre des opérations serait un fantasme. Ni l’un ni l’autre ne doivent avoir notre haine.

L’alliance loup-musulman, permet de relier écologie et antiracisme, nature et culture, ordre animal et civilisation humaine.

Tous pour un, un pour tous.

Un loup mâle domine la meute comme le terroriste musulman domine femmes et mécréants. C’est normal.

Le loup égorge plus de moutons qu’il ne peut en dévorer comme le djihadiste mitraille à tout-va. C’est la nature.

Le loup ne connaît pas les frontières nationales comme les tueurs musulmans du Bataclan. Quels beaux symboles de l’extrême liberté.

Le loup contrairement au chien (animal honni par les musulmans) refuse la domestication comme le djihadiste refuse de se placer sous le joug de la civilisation occidentale. Quelle victoire !

Le loup a été victime d’une guerre d’extermination en Occident comme aujourd’hui, les musulmans sont les victimes des bombardements occidentaux. Faisons preuve de compassion, dessinons des cœurs, allumons des bougies, offrons des ours en peluche.

L’islamophobie pour Hage est de même source que le massacre écologique de la planète. Combattre les islamophobes, c’est combattre les ennemis de l’écologie.

L’anthropologue libano-australien ne s’arrête pas là. La crise écologique et la discrimination raciale se rejoignent sur les mers. Les déchets plastiques flottant sur les océans et les demandeurs d’asiles musulmans flottant sur les embarcations des passeurs et des organisations humanitaire entretiennent une relation étroite. « L’islamophobie établit un lien clair avec la crise écologique actuelle », écrit Hage.

Je ne contredirai pas totalement Hage et van Gaver. Qui se ressemble s’assemble…

Je n’aime pas particulièrement le loup, sans pour autant souhaiter leur disparition.

Contrairement à ce que prétendent ses défenseurs, solitaire ou pas, le loup a attaqué des êtes humains et recommencera. Les récits de Jack London dans le Grand Nord ne sont pas pure fiction. Et le djihadiste, revenant ou pas, frappera les corps des koufar au cri de “Allahou Akbar”.

Garder des loups, dans des zones réservées, me paraît souhaitable. Des djihadistes français aussi. Les Kerguelen ne feraient-elles pas un gentil lieu de séjour pour cette espèce sans aucun doute bien plus malfaisante que le loup ?

Marcus Graven

 

[1] Ghassan Hage est un anthropologue libano-australien, un des porte-voix des Whiteness Studies, qui, en anthropologie et en sociologie, étudient d’abord la couleur de peau de l’émetteur du message. Si celui-ci est blanc, on démontre alors que sa vision culturelle, historique, sociologique ne vaut pas grand-chose, qu’elle est simplement le produit de sa prétendue supériorité raciale. Par contre, l’étude de la société blanche par un Noir est beaucoup plus intéressante. Reste à espérer que le Noir emploie des outils d’études établis par des Noirs et non par des sociologues et anthropologues blancs.

[2] Eduardo Viveiros de Castro théorise sous le nom de “perspectivisme”, le fait que certains peuples ne pensent pas seulement que les animaux se comportent comme des humains mais que, réciproquement, les animaux perçoivent les humains comme des animaux, le point de vue d’une espèce sur les autres dépendrait toujours du corps où elle réside.

[3] Françoise Vergès, de la famille Vergès de la Réunion qui nous a donné des enflures comme Jacques Vergès, évidemment militante de gauche, proche du Parti des indigènes de la République, luttant contre l’islamophobie en soutenant Sonia Nour suite à ses déclarations apparentant un terroriste à un martyr.