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Selon Robert Ménard, le départ de Philippot ne suffit pas…

Hier, jeudi 21 septembre 2017, Robert Ménard était l’invité de l’émission Pujadas : l’info en questions, sur LCI. Le maire de Béziers, pas franchement adepte de la langue de bois, nous y a servi un plat de vérités peut-être pas toutes digestes pour les inconditionnels de Florian Philippot  et même de Marine Le Pen. Oui, Robert Ménard est soulagé du départ de l’ex vice-président du Front national, mais il ne se cachait pas, depuis longtemps, de son désaccord avec la ligne défendue par celui-ci : « J’avais au moins la franchise de le dire. » Et ce, tout en reconnaissant sa force de travail.

Mais Robert Ménard va plus loin : « Le discours de Marine Le Pen depuis des années ne nous mènera jamais au pouvoir. » Nous, ce sont évidemment les patriotes qui, après les fiascos de la présidentielle et des législatives, sont en droit de s’interroger sur la légitimité de la présidente du Front national pour mener la France charnelle au pouvoir.

Car Robert Ménard, comme nombre d’entre nous, ne se leurre pas. Pour lui, Florian Philippot « formulait ce qu’elle pense », ce qui n’augure rien de bon pour l’avenir. L’intéressée, ce matin sur BFMTV, affirmait encore qu’il n’y aurait pas de changement de ligne malgré le départ du numéro 2, concédant toutefois que la souveraineté monétaire ne serait plus un préalable.

La présidente du Front national en appelait, elle aussi, à une union des patriotes, ce qu’avait fait R. Ménard au printemps 2016, avec un succès mitigé puisque Marion Maréchal- Le Pen en était partie plutôt mécontente : « Il y a une erreur politique majeure et historique de Robert Ménard de partir dans des mouvements dont on sait qu’ils sont voués à l’échec électoral […] Il faut que ces gens-là se rendent compte que le FN est incontournable », déclarait-elle alors à l’AFP. On sait aujourd’hui ce qu’il en est : l’échec électoral c’est peut-être le nom même du Front national ainsi que celui de Le Pen qui nous l’inflige.

« On a besoin d’un parti de bon sens », affirme le maire de Béziers, « qui a envie d’avoir des partenaires », et non plus obéir à une vision hégémonique défendue par Florian Philippot, lequel ne souffrait aucune contradiction, faut-il ajouter. L’erreur est peut-être humaine mais persévérer est diabolique.

  1. Ménard fait d’ailleurs un parallèle entre le FN et le PC d’autrefois : des scores importants mais qui n’ont jamais mené au pouvoir. Il a, quant à lui, une vision politique nettement plus œcuménique, ce qui devient une nécessité pour espérer un jour peser sur les destinées du pays. Il ose, par exemple, dire qu’il y a « plein de choses sur lesquelles je suis d’accord avec Macron ». Et si je me défie de l’égocentrique pervers de l’Élysée, reconnaître des qualités à son adversaire, c’est une preuve de maturité qui manque au Front national, où l’on cède parfois à des comportements infantiles, comme le débat de l’entre-deux tours de la présidentielle l’a cruellement démontré, avec « une agressivité qui n’avait pas lieu d’être » de la part de la candidate frontiste (dixit R. Ménard). Et je ne parle pas de certains militants qui frôlent l’hystérie, notamment sur les réseaux sociaux, dès qu’on écorne leur idole !

Enfin, pour faire taire certains fanatiques laïcards qui voient dans le maire de Béziers un catho borné et extrémiste, ce dernier met précisément en garde contre l’image de la droite catho-réac.

Maintenant que Florian Philippot est parti, une question me brûle les lèvres : Marine Le Pen va-t-elle continuer à gratifier la réinfosphère, à quelques rares exceptions près, de son mépris ou aurons-nous le droit à un peu de reconnaissance de sa part ?

C’est dit !

Charles Demassieux