Selon vous, le bac pour tous est-il un jeu à caractère ludique ?

Bac pro 2022 : les élèves en PLS ont été placés devant l’ambiguïté de la question : « Selon vous, le jeu est-il toujours ludique ? » Ce n’était pas l’épreuve de philosophie du Bac 2022 mais l’épreuve de français.

Beaucoup de ceux qui ont passé l’épreuve du Bac pro ont avoué ne pas savoir ce que veut dire : « le jeu est-il toujours ludique ? » Beaucoup n’ont pas su quoi répondre. Pourquoi ? Parce qu’ils ne comprenaient pas le sens de l’ambiguïté tautologique de la question. Le mot ludique vient du latin « ludus » qui signifie « jeu« .

Le dictionnaire Larousse définit ainsi le mot ludique : « Qui relève du jeu« .

Et ça, apparemment, ne faisait que souligner l’ambiguïté de la question.

La stratégie du jeu maître-élève a fait que ce bac de français était tout sauf ludique.

Cette épreuve de français a marqué les esprits des lycéens avec l’histoire honteuse de ce bac pour tous : « Expliquez ce que veut dire « jouer vraiment » avec les candidats, pour l’Éducation Nationale Socialiste !

Comment évolue la stratégie de ce bac pour tous au fur et à mesure qu’on remonte les notes ?

Le mot « ludique » était-il trop difficile pour des lycéens français ? En France, les lycéens sont en train de passer le fameux « bac » pour tous. L’une des questions demandait aux participants d’écrire 40 lignes sur le jeu de l’ambiguïté de la question : « Selon vous, le jeu est-il toujours ludique ? » En clair, le fameux « bac » pour tous est « ce qui relève du jeu, de l’amusement ou du divertissement » pour l’Éducation Nationale Socialiste !

Bac 2022 : l’harmonisation des notes, symbole de la constante fuite en avant du monument national ! (Caroline Beyer, lefigaro.fr) En 2020, le bac a été délivré sur la base des notes obtenues pendant l’année et le taux de réussite a atteint 95 % ! Les résultats des élèves sont harmonisés à la hausse. Un énième bidouillage de l’Éducation Nationale Socialiste ! Un bac dont les notes ont été systématiquement remontées fait que le taux de réussite atteint des sommets et ne peut plus rien signifier. Il se passe la même chose chaque année !

Un bac dont les notes sont systématiquement remontées confirme la baisse dramatique du niveau. (Madeleine Bazin de Jessey, lefigaro.fr) Cet épisode est en réalité symptomatique de la réduction accélérée du vocabulaire de nos élèves et de la baisse dramatique de maîtrise de la langue française chez les jeunes générations, tous niveaux confondus. L’absence de lecture et la complicité de l’Éducation nationale sont les principales responsables de cet effondrement de la maîtrise du français. C’est là le véritable problème.

Le seul sujet sur lequel on peut légitimement débattre, c’est que cet épisode est symptomatique de la réduction accélérée du vocabulaire de nos élèves et la baisse dramatique de maîtrise de la langue française chez les jeunes générations, tous niveaux confondus. Rien ne résoudra réellement le problème de la langue, hormis la lecture régulière. Car le véritable drame, c’est que les jeunes ne lisent plus. Et c’est pourquoi la philosophie échappe à la majorité des lycéens. Ce sont ces citoyens à la logique défaillante et aux capacités de compréhension langagière limitées qui seront amenés à voter et à décider de la destinée de notre pays…

L’urgence est de donner au maximum d’élèves le goût de la lecture. Or nous les en éloignons trop souvent dans notre désir de leur faire lire précocement des classiques beaucoup trop abscons pour eux.

Ou dans notre zèle universitaire au lieu de les aider à apprécier la beauté et la pertinence d’un texte. Or, une fois qu’un enfant est dégoûté de la lecture, le drame est irrattrapable. Il conviendrait d’accepter qu’ils soient introduits aux lettres par une littérature jeunesse plus accessible, plutôt que de leur faire lire trop tôt des grands classiques dont ils peuvent apprécier des extraits en classe, mais qu’ils auront tout le temps de lire en version intégrale plus tard. Et ils ne les comprendront et ne les apprécieront que mieux !

Telles sont les raisons qui expliquent que nos élèves ne fréquentent plus les livres, qu’ils ne savent plus parler correctement, que leurs phrases sont totalement déstructurées, parfois à peine françaises, et que leur vocabulaire se réduit comme peau de chagrin. Alors que faire de ce baccalauréat pour tous ?

Soit nous prenons acte de cette baisse de niveau et adaptons les épreuves en conséquence. Dans ce cas, adieu la dissertation, adieu les termes un tant soit peu exigeants, adieu ludique et comparses. Et tant pis pour la préservation de la langue et de sa richesse. Soit, à l’inverse, nous refusons de nous résigner et nous prenons le problème à bras-le-corps pour redresser le niveau des élèves en langue française.

L’Éducation Nationale Socialiste continue de s’accrocher à une posture bâtarde et mensongère : les épreuves et les programmes demeurent exigeants et la baisse de niveau des élèves, faute d’être résolue, est soigneusement dissimulée par des bataillons de professeurs réquisitionnés pour attribuer aux futurs bacheliers des notes gonflées, que l’Éducation Nationale Socialiste gonfle plus encore dans leur dos, a posteriori, si l’indulgence n’a pas été suffisante, en attribuant parfois jusqu’à trois points supplémentaires…

Le but, c’est qu’ils soient toujours plus de 90% à obtenir le bac pour tous. Et que la joie demeure. Que demandera-t-on donc aux correcteurs de l’épreuve de français ? De mettre la moyenne aux copies hors sujet qui auraient composé une réflexion pertinente ? Probablement. Qu’on n’aille pas s’étonner des démissions et pénuries de recrutement chez les enseignants. Il faut tout de même avoir le cœur bien accroché pour ne pas baisser les bras face à ce mensonge généralisé qui est une insulte au métier de professeur, face à cette vaste mascarade dont nos élèves sont les premières victimes. Et il faut avoir la vocation décidément chevillée au corps face aux lacunes abyssales et grandissantes qu’on nous demande de résorber, alors qu’il est trop tard. Nos élèves méritent mieux que ces mensonges. Ils méritent justice et vérité. Donnons-leur un baccalauréat et des évaluations dignes de ce nom. Mais donnons-leur les moyens d’y faire face et d’en être fiers.

Pas d’étude, pas de constat. Voilà qui est clair. Pourquoi pas l’écriture inclusive ?

Thierry Michaud-Nérard

Avec Éric Zemmour : Nous devons reprendre le contrôle de notre pays

 

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3 Commentaires

  1. La fille d’un ami, il y a trois ans, a eu son bac avec mention. Or, lorsqu’elle rédige un texte, outre une orthographe des plus fantaisistes et très personnalisée, celui-ci est, au mieux confus, au pire incompréhensible. Quand à son discours, il est tout aussi confus, ponctué de « wesh », de « trop ceci » ou « trop cela » etc. Son absence de vocabulaire est tant pathétique que tragique. Elle est française et pourtant ne sait pas ce qu’est un viticulteur, ou la différence entre un charcutier et un boucher, par contre elle sait ce qu’est le hadj ou le ramadan…

  2. j’étais professeur à mayotte sous sarkozy, les professeurs corrigeaient le bac mais aucun n’était de jury , seuls les fonctionnaires du vice rectorat étaient convoqués pour garantir les 75% de réussite ! aujourd’hui dix ans après, c’est 90 ou 95% … la flambée des prix , la flambée des reçus !

  3. La notion de jeu suppose un aléa : admis ou reçu gagné ou perdu,vainqueur ou vaincu.
    L’aléa ayant disparu, remplacé par un automatisme d.admission,il faut le qualifier : contrat de transport avec obligation renforcée de résultat . Cest un contrat à durée indéterminée ,fonction du cursus choisi et la volonté des familles. Reste à définir la destination.c’est précisément sur cette question que resurgit l’aléa, mais il ne concerne plus le contrat qui n’a pour but que d.assurer le transport de la maternelle (mat sup) à la porte de sortie du lycée.
    Pour la suite à donner,l.Uni (union nationale Inter universitaire) usait en1969 de la formule suivante « l.examen pour tous est un passeport pour nulle part ». Avec la multiplication des effectifs par 3 ,ce pronostic s.est réalisé.

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