Sentiments divers après la fin des prières musulmanes illégales à Barbès

Publié le 26 septembre 2011 - par - 2 038 vues
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Au spectacle de la haine bavante, éructante et plutôt exorbitée des doux poètes salafistes tenus de quitter leur sanctuaire du 18e arrondissement pour les rivages consentis du boulevard Ney, on est pris entre divers sentiments.

Il y a d’abord la satisfaction de savoir le bitume parisien rendu à ses usagers ordinaires, lesquels ont, pour nombre d’entre eux, dû ravaler pendant des mois, voire des années, l’envie de voir la maréchaussée dégager les abords et les entrées de leurs habitations. Nul doute que leur acceptation du fait occupant fut la conséquence directe d’une peur de représailles au cas où ils auraient élevé la voix. Quand on n’est plus chez soi, on prend garde à ne pas froisser le nouveau propriétaire. 

Vient ensuite la certitude malgré tout rassurante que, si elle s’en donne les moyens, la République peut à tout moment faire respecter sa Loi, celle-ci étant, faut-il le rappeler, fille de la décision populaire qui lui donne les moyens de se penser, de s’écrire et de se faire entendre de tous; même si, dans le cas présent, le dégagement des voies urbaines s’est fait au prix d’une négociation menée à la va-vite et acceptée bilatéralement par des gens capables de calcul, à sept ou huit mois d’une échéance électorale majeure. Pyrrhus rôde au-dessus de marécage-là.

Puis se fait sentir la colère. Car enfin, les gueules de cauchemar ouvertes sur l’imprécation, la menace, la perspective guerrière et la promesse des tueries, c’est nous qui les nourrissons avec la garantie du Droit, de l’expression libre, de la retraite et des congés payés. C’est nous qui, par cette sorte de respect des libertés touchant là à la dépression suicidaire, autorisons qu’elles nous crachent à la figure le venin des barbaries prochaines. Nous qui, pensant que tout cela peut encore s’arranger entre gens civilisés, opposons à la vindicte mortifère des nouveaux fascistes le squelette décharné de notre sens civique. Nous qui, constatant leur fureur d’être ainsi privés du terreau hebdomadaire dans lequel ils semaient leur chienlit, estimons que ces allumés finiront bien par s’éteindre, d’eux-mêmes. Sublime erreur, qui, pour l’instant, recule simplement de quelques pas l’accomplissement d’une défaite souhaitée par tant et tant de gens.

« Nous sommes Français! » clament les spadassins dont l’arsenal entreposé dans les caves de nos cités attend d’être utilisé contre nous, et ce n’est pas moi qui le dis mais bien ceux dont le rêve désormais publiquement avoué est de nous aligner contre des murs pour nous gommer de leur espace. Dans n’importe quel pays du monde, n’importe quel père de famille dont les enfants seraient ainsi promis au pire s’armerait et, ayant érigé en principe premier sa volonté de les voir survivre, se préparerait au combat. Au lieu de quoi, passé la terrible épreuve ayant consisté à montrer sa bonne volonté, le pouvoir, transpirant et somme toute soulagé que la tractation se soit globalement bien déroulée, s’est replié dans l’instant vers ses bases, remettant à plus tard la mise au pas de ses ennemis les plus farouches.

L’occasion était pourtant belle de réduire au silence quelques assassins programmés de la République. Ailleurs dans notre pays, des citoyens courageux ont entrepris de répondre, par la voie juridique, à ces attaques dont le moins que l’on puisse en dire est qu’elles ne s’embarrassent guère de fioritures. On nique la France, on piétine et on brûle ses Codes, on souille son drapeau, on déshonore sa mémoire, on envisage d’égorger ses citoyens juifs, tout cela sous le regard ravi et avec le concours actif d’une phalange négationniste pour qui notre Histoire est à jeter d’urgence à la poubelle et le peuple qui lui correspond bon à être remplacé dans les mêmes délais. La réaction naît, petite lumière au bout du tunnel. Soutenons-là, de toutes nos forces!

De la bouche délicatement close de nos dirigeants, en revanche, pas un mot sur les anathèmes des fous de Dieu. Sous la plume courbe et veule de nos communicants majeurs, pas une ligne. Silence dans les rangs. On a quand même fait déjà beaucoup, déplacer l’illégal de la rue parisienne vers les confins de la ville, sans incident, vous vous rendez compte? C’est ça que la presse a relevé : sans incident! C’est à dire que les hors-la-loi ont eu l’exquise manière de ne pas tout casser dans le quartier. Ni même de protester massivement. Alors, ces quelques têtes chaudes salafistes… franchement. On les a en photo, voilà qui suffit bien, non?

Je crains que cela ne suffise pas. Et j’engage les désinvoltes, les frivoles, les bobos, les oublieux et les soulagés-en-profondeur à suivre de près les agissements de ceux de leurs compatriotes dont l’extrême jouissance, égale en intensité à leur haine d’aujourd’hui, serait de les voir un jour pendus à des grues de chantier .

 

Alain Dubos  

 

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