Service d’ordre : compte-rendu et perspectives

Publié le 4 juillet 2011 - par - 620 vues
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Le rassemblement du 18 juin s’est très bien passé du point de vue du service d’ordre. Aucun incident à signaler. Notre dispositif était optimal, dissuasif et capable de faire face à tous les excités. Il y a des raisons d’être satisfait. Mais ce serait une grave erreur de s’en tenir à un constat aussi superficiel.

Le service d’ordre fut assuré, pour l’essentiel, par des sympathisants et non par des adhérents de Résistance républicaine. Les appels à mobilisation lancé sur Riposte Laïque n’ont eu que peu d’écho : moins de dix volontaires y ont répondu. Moins de dix personnes sur des centaines ! Voilà la véritable mesure de votre résistance aujourd’hui !

Deux façons d’aborder ce sujet s’opposent : celle de Pierre et Christine qui, d’un naturel affable et optimiste, enrobent les choses par crainte de vous effrayer ; et la mienne, directe, car je n’ai ni le tempérament ni le luxe, en tant que responsable, de me payer de mots. Etant à la manœuvre, il me semble que la mienne doit prévaloir, d’autant plus que la leur a montré ses faiblesses et que nous n’avons ni le droit d’être faibles ni l’éternité pour devenir forts. Je veux croire qu’un Français aime la franchise et a le sens du devoir.

Je rappellerai tout d’abord les deux fonctions du service d’ordre. La première est une question de sécurité et, plus largement, d’ordre, comme son nom l’indique, la seconde, de relations publiques.

Par sa seule présence, il incite les perturbateurs potentiels isolés ou en petits groupes à rester à distance ou à se faire discrets s’ils traversent ou assistent en curieux à la manifestation. Il peut avoir à filtrer les entrées (comme lors des Assises), mais, dans tous les cas, il garde un œil sur les individus suspects et sort quiconque fait de l’esclandre. Enfin, le service d’ordre est la première ligne de défense face à des contre-manifestants nombreux et enragés ; il les maintient à distance, les disperse en chargeant ou les affronte s’ils viennent au contact. Ce dernier cas de figure est cependant extrêmement rare car les force de l’ordre sont généralement présentes et s’interposent. Il n’y a donc aucun risque à faire partie du service d’ordre et aucune raison d’hésiter à se porter volontaire. Ce qui, d’ailleurs, prouve que sa fonction essentielle est autre.

Le service d’ordre est la première chose visible d’une manifestation, donc le premier critère de jugement de cette manifestation. Les idées et les sentiments qu’il inspire en bloc font préjuger de la valeur individuelle des manifestants et du sérieux du mouvement. L’image de la manifestation proprement dite peut aussi dépendre de l’efficacité du service d’ordre. Une manifestation perturbée et des manifestant humiliés par des contre-manifestants, faute de service d’ordre à la hauteur, donne une bien piètre image d’un mouvement, ce qui décourage ceux qui en font partie et n’incite personne à le rejoindre. Ne pas se préoccuper de l’organisation du service d’ordre est une erreur qui peut s’avérer fatale.

Plus un service d’ordre est discipliné, uniforme, étoffé et efficace, plus il en impose, plus il donne à croire que les adhérents du mouvement en question sont des guerriers, plus il dissuade les opposants de s’y frotter, moins il a à faire. Un mouvement avec un service d’ordre impeccable et imposant suscite le respect à défaut d’adhésion. Un mouvement sans service d’ordre, exposé à tous les outrages, ne pèse rien : c’est grande gueule et petits bras. (Qui a dit Sarkozy ?)

Cependant, un mouvement ne peut donner de lui une image positive à travers son service d’ordre que si ce service d’ordre est constitué d’adhérents. La presse peut être dupe sur ce point. Du moins les adhérents du mouvement ne doivent-ils pas se tromper sur leur propre valeur si leur sécurité est garantie par d’autres qu’eux-mêmes et s’ils escomptent que cela durera toujours. Certes ! mieux vaut disposer d’un service d’ordre composé d’« extérieurs » que d’être à poil. Mais des « extérieurs » peuvent prêter le flanc à une critique qui déteint sur le mouvement, comme susciter des éloges que le mouvement ne mérite pas. Par ailleurs, des « extérieurs » peuvent être occupés ailleurs ou ne plus venir par lassitude. Ce genre de sécurité illusoire provoque la dépendance du mouvement et l’apathie de ses adhérents. C’est l’état dans lequel se trouve Résistance républicaine. Il faut en sortir… et vite.

A l’avenir, l’appel aux volontaires pour le service d’ordre devra être lancé longtemps avant l’événement, mis et maintenu en évidence jusqu’au jour J, afin que nul ne puisse passer à côté et que chacun se manifeste. En théorie, une organisation qui se dit « résistante » doit fournir au moins autant de volontaires que d’adhérents. Tout adhérent doit se considérer comme membre potentiel du service d’ordre et se signaler lorsque le S.O. mobilise. Un résistant conscient n’est pas un simple spectateur ; il doit prendre part à l’action pour mériter son titre. Sans quoi, la résistance est un mot pompeux ; les résistants sont des guignols ; le combat est perdu d’avance malgré les fanfaronnades.

Maintenant, une manifestation a aussi besoin d’un public. Ce n’est pas à l’organisation organisatrice de le fournir ; son rôle, à elle, est d’organiser et d’encadrer l’événement. Tout son personnel doit être mobilisé à cette fin. Ce n’est qu’une fois cette fin atteinte que les volontaires superflus du service d’ordre peuvent être libérés de leurs obligations pour assister à l’événement, quitte à être rappelés en cas de nécessité.

En conséquence, le service d’ordre est constitué de trois cercles. Le plus large comprend tous les adhérents de l’organisation, en l’occurrence Résistance républicaine, qui tous doivent être volontaires par nature. Le second, plus étroit, comprend les volontaires occasionnels pour un service actif. Enfin, au cœur du cercle, la colonne vertébrale du S.O., les volontaires habituels, en permanence sur la brèche. Tous les adhérents font donc partie en théorie du R.S.O. (Renfort Service d’Ordre) ; tous ceux qui répondent à l’appel du S.O. pour en faire partie lors d’une manifestation donnée forment le S.O.A. (Service d’Ordre Actif) ; tous ceux qui désirent constituer le Service d’Ordre Permanent font partie du S.O.P..

Les volontaires du S.O.P. n’attendent pas les manifestations pour se réunir et s’organiser : ils se préparent, ils apprennent, ils s’entraînent, ils se rodent, ils sont toujours prêts. Il ne s’agit pas de faire d’eux individuellement des champions de karaté (même s’il est bon de disposer de quelques solides) : leur force est dans la cohésion, la technique, la confiance en eux et l’expérience. Les volontaires du S.O.A., qui rallient le service d’ordre à l’occasion, prennent exemple sur eux et se forment sur le tas. Quant aux volontaires du R.S.O. dont la participation au S.O. n’est finalement qu’hypothétique, quoiqu’ils soient toujours les bienvenus, leur rôle est avant tout moral : en se signalant, ils indiquent qu’ils se sentent concernés par le service d’ordre, qu’ils soutiennent ceux qui s’y dévouent et que, dans le pire des cas, le S.O. peut compter sur eux. Sans ce message, les volontaires du S.O. se sentent délaissés, utilisés, et finissent par se demander si ceux qu’ils protègent valent la peine d’être protégés.

J’appelle donc tous les adhérents et sympathisants de Riposte Laïque et de Résistance républicaine à se manifester sans attendre (resistancerepublicaine@yahoo.fr ) et à opter pour l’une ou l’autre de ces catégories (RSO, SOA ou SOP) afin que nous puissions commencer à organiser un vrai service d’ordre, un service d’ordre compétent, notre service d’ordre. J’invite toutes les sections locales à prendre elles aussi ce sujet à bras le corps et à adopter cet état d’esprit, c’est-à-dire à organiser leur service d’ordre toute affaire cessante et à enrôler tous leurs membres si besoin est.

Que cet appel ne tombe pas dans l’oreille de sourds, ou les sourds pourraient bien se retrouver un jour Gros-Jean comme devant.

Jeunes, vieux, grands, petits, gros, maigres, hommes, femmes, peu importe, tout citoyen est soldat quand la patrie est en danger.

De Munich à Montoire !

Philippe Landeux

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