S’étonner du score de Marine Le Pen, c’est refuser de voir ce que devient la France

Publié le 30 avril 2012 - par - 1 222 vues
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Suite aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle, ce n’est pas le score obtenu par Marine Le Pen qui pose problème, mais bien les réactions qu’un tel score n’a pas manqué de susciter dans le monde des bienpensants.

Je ne parlerai pas de ceux qui, comme Bernard-Henri Lévy, veulent nous faire croire que nous assistons au retour des heures les plus sombres de notre Histoire : la sottise ne mérite pas une ligne.

Par contre, je parlerai de ceux qui ne cessent de s’étonner de l’importance de ce score, car c’est cet étonnement qui m’étonne : comment se peut-il que les experts en politique et autres chefs ou représentants de partis soient surpris à ce point ? Où vivent-ils pour n’avoir rien vu venir ? Que disaient-ils avant l’élection qu’ils ne puissent plus dire après ? Qu’auraient-ils déclaré si Marine Le Pen avait obtenu 25 % des voix, ou, pire, si elle avait éliminé l’un des deux candidats sortants ?

On sait cependant ce qu’ils auraient fait : ils auraient appelé à manifester, au nom même de la démocratie, contre le résultat d’un vote démocratique ! On aurait donc vu l’UMP et le PS dans la rue, Front de gauche,  extrême gauche et Verts compris, crier n slogans en faveur de l’union nationale, pour peu qu’en soient exclus ceux qui leur apparaissent comme détestables : l’union des Français, oui, à condition que les Français votent correctement !

Or, s’il est vrai que Marine Le Pen représente le contraire de la démocratie, pourquoi les personnalités des partis susnommés n’ont-elles point milité pour que la loi nous garde d’un pareil danger ? N’en n’ont-elles pas eu le temps ? Ont-elles considéré que le mouvement dirigé par Marine Le Pen n’est qu’un accident négligeable de la vie politique française, autrement dit que seuls des scores faibles justifieraient qu’on le tolère ?

De deux choses l’une : ou bien Marine Le Pen est la fin de la démocratie, et il est temps de mettre fin à son action ; ou bien Marine Le Pen participe de plein droit à la vie démocratique de notre pays, et son résultat au premier tour de l’élection présidentielle doit être analysé comme n’importe quel autre résultat.

Au premier tour, en effet, la majorité des votes sont des votes d’adhésion, sans quoi les «petits candidats» n’obtiendraient aucune voix. Les 6 400 000 Français qui ont voté pour Marine Le Pen l’ont donc fait parce qu’ils sont d’accord avec telle ou telle de ses idées, voire avec l’intégralité de son programme. Et cette adhésion est d’autant plus facile à comprendre que les départements où Marine Le Pen dépasse les 20% appartiennent de moins en moins à la France laïque et républicaine. Or, les Français qui vivent dans ces départements entendent rester laïques et républicains. D’où leur vote !

Et pourtant, personne n’ose le reconnaître, et encore moins préciser que les Français seront de plus en plus nombreux à voter ainsi, c’est-à-dire à s’opposer légalement aux Français qui, en France, ne respectent pas les valeurs de la France.

Mais comme cette opposition, désormais patente, ne peut être passée sous silence, pas plus que ne peut l’être la raison qui la légitime, une nouvelle expression est entrain de faire florès dans la bouche de nos bienpensants soucieux de ne point stigmatiser toute une partie de la population. Cette expression, c’est : «mode de vie». Les Français  entendent conserver leur «mode de vie». Ah bon ? Leur «mode de vie» serait-il menacé par un autre «mode de vie» ? Et que pourrait bien être ce nouveau «mode de vie», s’il n’est ni laïque ni républicain ?

Que la gauche arrive aux affaires, qu’elle mette en place ses mesures pro-islam, et demain Marine Le Pen aura un boulevard devant elle, un «grand boulevard» ?.

La gauche sait-elle seulement que les Français aiment «flâner sur les grands boulevards» ?

Maurice Vidal

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