Si j’étais maire, j’interdirais Dieudonné, par éthique, et non pour plaire à Valls

Publié le 10 janvier 2014 - par - 1 410 vues
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L’affaire Dieudonné fait beaucoup de bruit, occupe les débats, les plateaux, les émissions de radio, les unes des medias officiels et même celle des sites de réinformation.

Beaucoup de bruit pour rien ? C’est ce que semble dire Nicolas Gardères, avocat cultivant les paradoxes puisqu’à la fois de gauche et avocat de Serge Ayoub dont Manuel Valls a dissous les associations après la mort de l’antifa Meric.

Non, pas pour rien. Les thèses de Dieudonné et de Soral sont préoccupantes en effet et les spectacles de Dieudonné ne sont pas comparables à n’importe quel autre spectacle. Dieudonné est peut-être un clown, il a peut-être du talent (et on peut supposer qu’il n’en est pas totalement dépourvu puisqu’il remporte un certain succès, malgré la triste époque qui fait une reine d’une Nabila) ; cependant il s’agit non seulement d’un artiste engagé mais d’un homme qui a un réel projet politique, comme il l‘explique clairement depuis quelques années aux journalistes : lutter contre “le sionisme”   et faire émerger l’islam…

Il s’agit donc bien d’un projet totalitaire, de conquête, qui rejoint le projet de Tarik Ramadan : “les musulmans ont vocation à changer la société”… Et que Valls l’attaque pour d’autres raisons ne change rien à l’affaire.

Changer la société, changer le monde… Des mots qui font rêver, sauf quand ceux qui nous promettent des lendemains qui chantent sont les prosélytes de systèmes totalitaires.  Nazisme, communisme, islam… les Pinochet du monde entier ont fait leur preuve. Aucune réussite. Nulle part. C’est simple. Partout la mort des libertés. Partout la mort tout court. Partout la violence et la tristesse, la prison, la torture ou la tête baissée et la délation presque obligatoire.  Et on ne parlera pas du sort des femmes en islam, cerise sur le gâteau.

Alors non, monsieur Gardères, le discours du clown Dieudonné  n’est pas anecdotique, n’est pas un simple jeu de scène. La preuve, son succès. Et ceux qui assurent son succès ne sont pas majoritairement ces salauds de Français moyens qu’on dénonce entre bobos sur les plateaux de télé. Les Français ne sont pas racistes, leur histoire le prouve amplement. Et si certains sentent qu’ils le deviennent malgré eux c’est parce qu’il y a en face d’eux haine, mépris, et volonté de les voir disparaître ou s’humilier. Et Dieudonné participe à ce changement de peuple qui est voulu par nos élites et par le livre saint de l’islam.

Or Dieudonné sape peu à peu, spectacle après spectacle, le bon sens bien de chez nous de ceux qui auraient encore pu résister et qui ont le malheur de se trouver à ses spectacles par hasard, par curiosité… Dieudonné attise la haine de l’autre, le “sioniste” le rendant responsable de tous les maux. De là à dire, d’ailleurs, que ça pourrait arranger un gouvernement en déroute, ravi au fond de voir revenir les vieux boucs émissaires de tous les maux, qui dédouane quelque partl es incapables qui nous gouvernent, il n’y a qu’un pas que je suis tentée de franchir. Ce qui expliquerait l’insistance de Valls, destinée, sans doute, à aller plus loin en interdisant, ensuite, également l’islamophobie. Mais c’est là une autre histoire dont nous reparlerons. Revenons à notre mouton, Dieudonné, l’homme de l’Iran et du Hamas…

Dieudonné est dangereux pour le vivre ensemble, pour la préservation de notre modèle républicain et laïque. Alors, si j’étais maire, je ferais tout pour empêcher que se tiennent ses spectacles dans ma ville, non pas au nom de lois anti-racistes absurdes et monstrueuses qu’il faut absolument abolir, non pas pour plaire à un sinistre de l’Intérieur qui défend l’islam à cor et à cris et à ce titre a perdu toute légitimité à dénoncer l’antisémitisme, mais au nom de l’éthique et de la sauvegarde du modèle français.

On laisse Hitler écrire mein Kampf mais on ne l’aide pas à le vendre ni à en faire la promotion. On ne l’aide pas à financer la construction des camps de concentration. Telle est la limite de la liberté d’expression que néglige Nicolas Gardères. “En toutes choses la juste mesure.”.. vieil adage qui a fait ses preuves.

Je serais maire, je ferais donc le maximum pour que Dieudonné n’ait pas de salle, au nom de l’éthique, tout simplement. Parce que je voudrais pouvoir me regarder chaque jour dans la glace et que je ne voudrais pas être complice, d’une façon ou d’une autre, d’une telle saloperie. En mettant à sa disposition une salle municipale j’utiliserais le bien commun pour pervertir le socle du  bien commun, la République ? Ce serait non. J’accepterais que se déroule sur le territoire où j’ai à assurer la police, fût-ce dans une salle privée, une pantalonnade destinée à islamiser dans leur tête les spectateurs ? Non. Cent fois non. Et, à l’heure où les maires parviennent à contourner la loi de 1905 pour faire payer par le contribuable terrains et mosquées rebaptisés édifices culturels, sans parler des subventions douteuses, je ne vois pas comment on pourrait empêcher un maire de dire non quand il le décide, au risque de subir un procès.

Et si Nicolas Gardères a bien vu et compris que, après Dieudonné, Valls s’attaquera sans doute à l’islamophobie, cela ne change rien à mon raisonnement.

Depuis le 6 mai 2012 les différents membres du gouvernement Hollande-Ayrault dénoncent l’islamophobie. Il est clair qu’ils vont tout faire pour l’interdire et ils le feront, avec ou sans Dieudonné.

Nous nous battons quant à nous contre un système dangereux, clairement identifié comme tel, mais pas contre des hommes. Nulle incitation à la haine, juste le culte du débat, afin que le peuple ouvre les yeux et refuse ce qu’on lui impose dans lui demander son avis. Et parce que nous ne sommes pas des clowns nous ne déguisons pas nos propos, nous n’attirons pas le chaland sous de faux prétextes, nous ne prétendons pas le faire rire… Seuls nous lisent ceux qui se posent des questions, ceux qui sont interpellés par la réalité.  chacun a donc la liberté de nous lire, d’être ou pas d’accord avec nous, de débattre… et il n’y a aucune incitation à la haine sur nos sites ! Il n ‘y a donc aucune raison de revenir au délit de blasphème et de nous interdire la liberté d’expression. Par contre, Dieudonné, lui, et c’est très pervers, attire au milieu d’haineux anti-sémites des curieux, ou des benets, c’est selon, qui ont envie de rire et qui, au travers du rire, s’approprient les idées calamiteuses de Dieudonné. Qui puent la haine de l’autre.

Or, ces propos sont tenus par les imams, par le maitre à penser de l’UOIF, Qaradawi, sans que cela gêne Valls en quoi que ce soit… ce qui prouve bien que l’antisémitisme n’est pas son problème, mais juste un prétexte pour faire diversion et amener d’autres interdictions qui lui tiennent  à coeur, celles des islamophobes, entre autres.

Nous ne mangerons pas de ce pain-là. Nous ne défendrons pas Dieudonné au nom d’une liberté d’expression aussi frelatée que l’est le concept de laicité ouverte. Nous ne défendrons surtout pas Dieudonné pour éviter que, à notre tour, nous soyons dans le collimateur de Valls.

Non seulement nous y sommes déjà, mais il serait suicidaire d’accepter. Parce qu’il ne s’agit pas de la même chose et qu’il n’est pas pensable d’accepter l’un pour permettre à l’autre d’exister, ce serait une lâcheté et une trahison sans nom.

Comment ? Moi, qui ai la tête haute, qui lutte contre une doctrine et non contre des hommes, je défendrais l’indéfendable de peur d’être à mon tour poursuivie ?  Impensable. Nous nous battons contre l’islam, seuls contre tous. Nous continuerons. Mais nous ne donnerons pas notre âme au diable pour pouvoir continuer à le faire dans la légalité. Nous sommes au-dessus de ça et prêts à tout, de toutes manières.

Christine Tasin

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