Si j’étais noire, j’aurais honte des propos de Patrick Lozes (Cran)

Publié le 21 février 2011 - par - 532 vues
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« Quel bon pays est la France, à tous les escrocs, les aventuriers et les fripons ! » s’exclamait – déjà  – le duc de Saint-Simon, dans ses Mémoires de 1829. Que dirait-il aujourd’hui, devant l’accession fulgurante d’un Sopo, d’une Diallo et, par-dessus tout, d’un Patrick Lozès ?

Le piston, les réussites financières, professionnelles et politiques imméritées ont toujours existé. Mais le talent de notre siècle est de les avoir savamment déguisés en croisade du Bien. C’est ainsi que depuis bientôt quarante ans, des associations, leurs membres et fondateurs, vivent de la tonte du contribuable et en profitent pour le noyer sous des accusations gratuites et des discours absurdes, injustifiés ou révoltants (cochez les trois cases).

Patrick Lozès appartient à cette sainte Inquisition. Nous pourrions avoir quelque indulgence pour lui, s’il était un peu distrayant dans sa haine (façon Houria Bouteldja) ou dans son hypocrisie (façon Mouloud Aounit). Mais il fait si bien péter les scores de la bêtise, de l’ignorance et de l’obscurantisme, que l’on ne peut plus que se taire, muré dans un silence navré, devant chacune de ses prises de positions. Il nous régale ainsi régulièrement de communiqués tous plus absurdes les uns que les autres. Savoir que c’est ce genre de gougnafier qui donne des leçons à un Eric Zemmour nous prouve l’ampleur de l’abîme intellectuel dans lequel nous baignons depuis des années.

Il a ainsi eu l’outrecuidance d’expliquer que l’homme Noir était entré dans l’Histoire… en s’appuyant sur le film Le Roi Lion. Voilà donc un dessin animé, où l’on serait bien en peine de trouver le moindre homme, noir ou blanc, où les singes côtoient les éléphants et les hyènes, et dont tout le monde connaît la chansonnette « Hakuna Matata », qui est censé nous prouver la puissance, l’éclat, de l’entrée de l’homme Noir dans l’histoire. Patrick Lozès aurait pu citer Cheikh Hamidou Kane, auteur de L’Aventure ambigüe, ou Léopold Sedar Senghor. Non, il a cité le Roi Lion.

Je serais noire, je me couvrirais de cendre après de tels propos, et j’attendrais Patrick Lozès devant chez lui, pour lui expliquer très démocratiquement combien il fait honte à tous les hommes en général, et aux Noirs en particulier.

Il se faisait discret, depuis quelque temps. Il faut dire, à sa décharge, que son copain Sopo mobilisait tout l’espace médiatique disponible (notamment en roulant des épaules, à défaut d’argumenter, lors du procès de Zemmour). Le Français moyen ne respirait pas, non, il changeait juste de monoxyde de carbone. Passant de la peste au choléra, on n’était pas bien sûr d’aller mieux, en revanche on souffrait toujours autant. Le choléra, trop occupé à arpenter la XVIIème chambre correctionnelle, laissa le champ libre à la peste : Patrick Lozès en remit une couche. Et s’interrogea avec angoisse sur les termes d’ « islam de France ».

Patrick Lozès ne comprend pas que l’islam puisse poser problème à une société composée de gens simples, qui apprécient l’idée de la liberté de conscience, de l’égalité hommes-femmes, d’une vie libre et adulte. De gens lamentablement habitués à voir des clochers, des femmes marcher tête nue dans la rue, des médecins hommes soigner leur fille, des rues où l’on circule normalement, etc etc etc. Alors Patrick Lozès s’indigne, et demande : « Pourquoi n’exige-t-on pas un « christianisme de France » ?

Pourquoi ? Pourquoi, en effet, ou plutôt comment un cancre dépourvu de toute culture, de toute capacité de réflexion, de toute faculté d’analyse personnelle, peut-il aujourd’hui, dans notre pays, être considéré comme une personnalité incontournable, et sortir les pires énormités, sans que jamais personne ne le mette face à ses propres contradictions ?

Que la France porte en elle les gênes du christianisme, nul ne songerait à le contester, que l’on soit athée ou bouddhiste. Des clochers de nos villes, à notre littérature, en passant par l’esprit de la plupart de nos lois, toute l’histoire de France, que cela plaise ou nous, est imprégnée de christianisme. Et si aujourd’hui l’islam nous pose problème, c’est bien parce que l’héritage culturel – et donc, entre autres, chrétien – de la France, est à l’opposé absolu d’un islam prônant le châtiment de la femme, la polygamie, la takhya, la dhimmitude, et autres joyeusetés.

Il faudrait expliquer à Monsieur Lozès pourquoi un organisme rejette un corps étranger, par exemple, lui rappeler l’anecdote de la patiente qui souffrait de la paire de pinces laissée dans son abdomen par un chirurgien. Gageons que Patrick Lozès serait capable de nous prouver par A+B que l’on peut tout à fait s’accommoder d’une lame de 15 dans l’œsophage ; il suffit d’être un peu gentil avec la lame de 15, de l’accepter dans son enrichissante différence de lame de 15, voire de lui proposer plus de place, de la faire déménager de l’œsophage au cœur, par exemple. Il n’est plus à une énormité près. Après tout, n’a-t-il pas fondé le CRAN ?

Nul ne semble d’ailleurs être choqué par le fait que dans ce pays – qui n’est censé reconnaître de communauté que si elle nationale – on puisse fonder un CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France). Essayez un peu de fonder un CRAB (conseil représentatif des associations blanches de France), et votre vie deviendra un enfer. Car Lozès est obnubilé par sa couleur de peau, mais entend que cette obsession soit sans partage. Les titres de ses deux ouvrages (Nous, les Noirs de France et Les Noirs de France sont-ils des Français à part entière ?) donnent l’ampleur de sa bêtise. Là aussi, écrivez Nous, les Blancs de France, et attendez la réaction de l’ami Lozès. Car quand il pollue les plateaux télé, les antennes radio et les colonnes des journaux de ses diatribes antiracistes, c’est de la défense « des Français de la diversité » (on ne rit pas). Quand Marine Le Pen estime que le CRAN fait la promotion du communautarisme, le CRAN l’accuse de défendre « la communauté blanche de France ».

Et alors, puisque Lozès dirige lui-même une officine qui défend la communauté noire de France ? Cela signifierait-il que l’on peut défendre les Noirs au motif qu’ils sont noirs, et pas les Blancs au motif qu’ils sont blancs ? J’aurais personnellement bien du mal à défendre très sérieusement, et sans m’étouffer de rire, les Blancs de France parce qu’ils sont Blancs. Cela m’obligerait à soutenir Dominique Wolton, Patrick Klugmann ou Olivier Besancenot : ben dame : c’est qu’ils sont Blancs ! Tout Blancs !

Lozès, lui, n’a cure de ce genre de considérations. Il en est resté, intellectuellement, au niveau du Roi Lion, et à des raisonnements du type : « Toi Noir. Moi Noir. Donc Moi Noir être ami toi parce que Noir ».

Soyons donc généreux, et donnons-lui encore quelques années : dans trente ans, avec un peu de chance, on ne saura pas très bien ce qui relèvera de la bêtise ou de la sénilité.

Antigone

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