Si la révolte gronde, la révolution n’est pas loin

Publié le 10 janvier 2019 - par - 13 commentaires - 1 394 vues
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Si en Janvier 2018 le gouvernement n’a plus comme seul argument que l’envoi des CRS et des gendarmes contre les Gilets jaunes, c’est à désespérer de la démocratie et de la pertinence de notre président.

Si après les premières manifestations des GJ le gouvernement a du céder du terrain et accorder quelques compensations aux exigences de la rue… pourquoi ces dirigeants, si bien informés, si bien instruits, n’ont-ils pas vu venir ce vent de révolte?  Pourquoi n’ont-ils pas su agir de façon préventive ?

Si en octobre 2018, date de la naissance de ce mouvement spontané, national et apolitique, le gouvernement avait pris la mesure de l’ampleur de  ce mécontentement, il aurait pu prendre les devants et couper court aux  revendications. Hélas, la superbe, l’arrogance, la morgue de nos élites, omniscientes, les conduisirent inéluctablement dans un tunnel, sans plus de visibilité.

Il semblerait que le mouvement des Gilets jaunes n’aurait pas pris une telle ampleur si nos dirigeants (peu éclairés) avaient non seulement  anticipé, mais corrigé leurs décisions provoquant un prurit social, avant de se transformer en éruption généralisée.

Certes, il est aisé de proposer des solutions préventives une fois le mal installé. Convenons que les prescriptions des remèdes relèvent aujourd’hui des formules éculées des « ya qu’à-faut qu’on » mais que les diagnostics des princes qui nous gouvernent ont été inexistants.

Si, fin 2017, après la nomination d’un nouveau président et  après ses nombreux souhaits et promesses portant sur une refonte totale de notre pays,  des dispositions avaient été prises :

  • Réformes concernant  l’État :

À commencer par les présidents et leur retraite (4, dont il faudrait supprimer ou restreindre les émoluments, ainsi que leurs privilèges exorbitants.)

Revoir à la baisse le nombre de députés et sénateurs

Revoir à la baisse les rémunérations des députés et sénateurs (et corriger les vices et les défauts de ces mandats, non-cumul des mandats, retraites exceptionnelles, absences lors des sessions parlementaires…)

Revoir à la baisse les gains des ministres, des conseillers, des secrétaires d’État et autres mentors qui constituent une caste de favorisés.

Réexaminer les privilèges injustifiés de toutes ces personnalités précitées

Restreindre le train de vie de l’Élysée (voitures, avions, repas somptueux, et déplacements d’un président et d’une cour sans limite.)

Supprimer le Conseil économique et social (dont les fonctions, les rapports et conclusions n’ont que peu d’utilité…)

Revoir et raboter le nombre des observatoires (constituant des planques pour quelques favorisés, et dont les rapports ne servent à rien)

Redonner au Conseil d’État et à la Cour des comptes un pouvoir de contrôle et de sanction à l’encontre du gouvernement

Toutes ces dispositions entraîneraient une réduction notable des frais de gestion de l’État, un allégement des tâches, une simplification des circuits administratifs…

Une simple comparaison des structures étatiques allemandes et françaises donne un éclairage marquant en faveur de nos voisins allemands.

Une transformation complète de notre organisation administrative est à l’ordre du jour depuis plus de 20 ans.

Le mille-feuille administratif français relève d’un conte d’Ubu : État + Régions + Départements + Intercommunalités + Communes + Conseil européen.

Ce qui fait au bout du compte que la France a UN élu pour 120 Hab… Nous sommes les champions du monde de la stratification administrative.

Tout ceci peut paraître dérisoire, voire négligeable. Mais ce train de vie « royal ou impérial » dure et perdure en France malgré les révolutions et  témoigne de notre superbe, de notre orgueil, dont aiment se parer nos élus.

–  Les réformes sociales viendraient contrebalancer le niveau de vie de nos élites. Revalorisation des salaires, et du Smic, ainsi que des petites retraites.

Depuis des années, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de frapper durement la classe moyenne (pas assez riche, pas assez pauvre)

La classe moyenne française est la plus taxée et alors qu’elle représente la majorité du corps électoral. Encore un paradoxe gaulois…

Les rectifications, ajustements et révisions touchant aux différents régimes de retraite tardent à venir, et au vu des atermoiements, tergiversations et hésitations gouvernementales, on peut craindre un report  des réformes aux calendes grecques.

Réformes portant sur nos dotations dont il est difficile d’évaluer le montant et les bénéficiaires.  C’est une maladie bien française que cette propension à distribuer ou allouer dons, faveurs, aides, compensations, indemnités, dédommagements… représentant sans doute une tentative de correction des inégalités sous forme d’aumônes. Plutôt que de réformer ou de rectifier  des déséquilibres, des disparités, nos dirigeants ont recours aux oboles.

Les réformistes humanitaires devraient se soucier un peu plus du sort de nos pauvres, de nos vieux, de nos handicapés plutôt que de jouer les Samaritains.

L’exode de population en quête d’Eldorado a entraîné une avalanche de mesures, d’aides, d’allocations, constituant non seulement une accélération d’une immigration massive, mais, de surcroît un déséquilibre, une inégalité de traitement avec la population française. (CMU, AME, ATA, RSI).

Être charitable soit, mais pas au détriment de nos concitoyens.

 

Aujourd’hui notre gouvernement, confronté à la fronde des Gilets jaunes, à la violence de certains casseurs, à la hargne d’autres pourfendeurs de la République, n’a de cesse d’affirmer « tenir son cap ».
Tant il est louable d’avoir une stratégie et de s’y maintenir, il est aussi pernicieux de ne pas tenir compte des doléances, des inégalités, et des promesses.

Si, au départ des premières manifestations de rue, nos élites, nos « princes qui nous gouvernent » avaient (un tant soit peu) pris en compte ce que nous évoquions sur les réformes à venir, et si nos princes avaient donné l’exemple d’une révision de leur statut, de leurs émoluments, de leurs privilèges… on n’en serait pas là.

Mais avec des si… on peut rêver au lieu de se lamenter.

Reste à examiner le point de vue des Gilets jaunes.

Mouvement commencé dans la liesse et qui aujourd’hui s’étiole.

Le plus important, le plus grave est que ce mouvement, né d’une revendication pertinente et fondée (le blocage des taxes  à venir sur l’essence et diesel) se noie maintenant dans des exigences, des réclamations, des demandes de plus en plus folles. Sans porte-parole, sans cohésion, sans un cahier de doléances bien ficelé, ce mouvement décline en nombre de participants et en crédibilité. Les séances de casse, de dégradation, ont profondément choqué l’opinion, comme les attaques délibérées des forces de l’ordre.

Que va-t-il ressortir de tout ce bouillonnement ?

Une recrudescence de la violence ? Une fermeté accrue de l’État ? Des mesures d’apaisement par l’agrément de certaines réclamations ?

Quoi qu’il en soit, notre président a failli et son horizon paraît bien sombre.

Quant au projet fumeux de referendum d’initiative citoyen, ou d’une commission nationale, ce ne sont que  des subterfuges pour apaiser les courroux, (un enfumage de plus) et qui ne peuvent déboucher que sur un fiasco, un grand flop. D’autant plus que le gouvernement, dans sa grande perspicacité, veut éviter les sujets brûlants (immigration, statut des élus…)

Il ne reste plus au peuple que de faire joujou avec des thèmes anodins.     

 

Yves Rectenwald

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DUFAITREZ

Pour parler économie, la question est celle du partage de la Valeur ajoutée.
La création d’un capitalisme populaire.
D’un retour au régalien strict.
Mais qui comprendra ?

DUFAITREZ

Evident ! Personne ! MDR ! Et pourtant…

senechal

Il y a comme un gros problème!.
Lorsqu’il y a revendication d’une corporation, très souvent une manifestation suffit pour faire comprendre au gouvernement.
Aujourd’hui nous en sommes à la veille du neuvième rassemblement et le gouvernement n’a toujours rien compris!, il y a comme un souci.
Non seulement il est sourd aux revendications, mais de surcroit, il rajoute de l’huile sur le feu et s’enfonce dans la provocation, c’est a se demander si l’on a pas a faire à des fous!.
Que cherche ce gouvernement?.
Cela me parait être d’une gravité exceptionnelle.

Fit

Vous avez oublié la revendication principale: la répartition et la redistribution des fruits de la croissance, car contrairement à ce que l’on veut nous faire croire cette croissance est bien là et particulièrement depuis ces dix dernières années pendant lesquelles les bénéfices du cac40 ont explosé et les profits des actionnaires ont été multipliés par 6. Toutes ces richesses créées sont le fruit du travail de ceux qui sont dans la rue aujourd’hui avec un gilet jaune. Ce qu’ils demandent avant tout c’est une part plus importante du gâteau qui est bouffé à 90% par une minorité de privilégiés oisifs… lire la suite

lafronde

le mouvement revendicatif des « gilets jaunes » fut à l’origine une révolte contre la surtaxe. Et c’est cela qui à mon avis le rend sympathique : la lutte contre l’Etat prédateur fiscal. Toutes autres sont les revendication classiques de « justice fiscale » ou de redistribution sociale, car alors on ne revendique plus de conserver son gain, mais de l’arrondir au dépens du contribuable. A ce jeu les français sont tous perdant depuis 1974 ! Le Socialisme de Redistribution (via le fisc et l’Etat-Providence) ne marche guère mieux que le défunt Socialisme de Production. Le 1er met au cœur du système le politicien-redistributeur.… lire la suite

Fit

Oui vous avez raison, d’ailleurs je vais de ce pas contacter leetchi pour organiser une cagnotte pour bernard arnault, le pauvre.

Jill

Ne parlons pas de révolution,nous en avons une trop triste expérience ;mais la révolte
nécessaire peut être suffisante si elle est bien conduite .

Aux enfants de Clovis

Révolution ??? Que Dieu vous entende…

François Desvignes

Il faut garder deux chiffres en tête qui sont les deux causes du mvt des GJ :

– le pays légal « surcoûte »100 milliards€ pour son entretien
– le pays allogène « surcoûte » 100 milliards€ pour son entretien.

Ces 200 milliards sont prélevés sur l’impôt latosensu que SEUL le pays reel (jaune) paye.

Soit un cout indu pour chaque actif en France (jaune) de 10 000€/an

Si votre conjoint et vous êtres actifs, votre revenu annuel devrait donc être supérieur de 20 000€/an

De quoi entretenir papy mamy et les enfants décemment.

Voilà, voilà.

marie louise chatel

Au lieu de tout cela, ils augmentent encore les fonctionnaires du fisc qui se servent déjà copieusement! et pourquoi voulez vous qu’ils votent leur disparition, leurs restrictions ? car ce sont eux qui votent. Alors la seule solution est de foutre tout ce joli monde dehors et créer une nouvelle politique.

Stratix

la France a donné l’an dernier 15 milliards € à l’Afrique L’immigration nous coûte plus de 100 milliards € / an la fonction publique devrait fonctionner avec 150milliards € de moins ( cf rapports IFRAP et comparatif avec l’Allemagne) Il y a donc des gisements énormes pour donner plus à ceux qui le méritent et moins aux parasites et autres assistés. Si les gilets jaunes souhaitent que l’état prenne aux autres pour leur donner plus à eux : ce ne fera qu’aggraver les problèmes ( plus de dette= problème pour plus tard, plus de chômage etc…). Ce qu’il faut remettre… lire la suite