Si les sans dents trouvent le pain trop dur, qu’ils mangent donc de la brioche !

hollandesansdentsCe matin, une voiture vide s’est arrêtée devant le perron de l’Élysée et François Hollande en est descendu.

Le fantôme du Palais, insignifiant jusqu’à la transparence, idéalement inconsistant, tout entier composé de matière noire, dépourvue de masse pour n’avoir pas croisé son indispensable boson de Higgs, cet ectoplasme-là, nous en étions certains, était destiné à disparaître de nos mémoires aussi vite qu’il y était entré. Sitôt franchies les grilles du Château, à l’expiration de son bail, nous gagions qu’il allait se disperser dans le vent comme une rumeur, comme un brouhaha, comme un désordre dans la nuit. La première averse qui suivrait son départ, salutaire, bienfaisante, viendrait nettoyer le gravier des dernières traces luisantes de son passage et c’en serait fini de cette erreur de l’Histoire, de cette méprise de la Providence.

Une fois arrachée la page surnuméraire de notre roman national, la France reprendrait son chemin sans un regard en arrière.

Eh bien, nous nous trompions ! Le poussah poussif du Faubourg-Saint-Honoré va finalement entrer dans l’Histoire ; pas dans la grande, bien sûr, dans la petite, dans la minuscule Histoire, dans cette Histoire de France pour les nuls dont il va devenir le mètre étalon, l‘unité de référence, la synthèse et le symbole. Il espérait peut-être le Panthéon pour y passer son au-delà : il finira sous cloche au pavillon de Breteuil à Sèvres !

Il aura suffi d’un mot, venant il est vrai couronner une œuvre déjà riche, comme le loukoum sur la pièce montée, d’un seul mot pour qu’il rejoigne Marie-Antoinette dans la mémoire collective : « Si les sans-dents trouvent le pain trop dur, aurait pu dire l’Autrichienne, qu’ils mangent donc de la brioche ! »

L’injure faite aux pauvres et à leur denture imparfaite prend un relief particulier dans la bouche d’un homme qui s’est nourri, depuis quarante ans, à tous les râteliers de la République.

Et dire qu’il voulait être un second Mitterrand ! Il s’était vraiment donné du mal pourtant, visionnant des dizaines d’heures de ses discours, le copiant, le plagiant, le singeant sans vergogne jusque dans les inflexions de sa voix et la scansion de ses discours.

Il n’aura même pas été, au bout du compte, le Salieri de ce Mozart de la politique ! Il restera dans les mémoires comme le Salieri de Salieri, l’ombre de son ombre, l’ombre de sa main, l’ombre de son labrador…

Il faudrait bâtir une nouvelle nécropole, manière d’anti-Panthéon, comme un double négatif pour l’édification des futurs aspirants à la gloire nationale, afin d’y accueillir les cendres de tous ces acteurs incongrus de l’Histoire de France qui n’y sont entrés que du pied gauche, par accident, en trébuchant, en bafouillant, au prix de mille ridicules et d’une médiocrité insigne. Nous y retrouverions sans doute Marie-Antoinette, déjà citée, pour sa saillie boulangère, le gendarme Merda et son coup de pistolet de l’âne, Paul Deschanel, le président en pyjama, Félix Faure qui voulait être César et qui mourut Pompée, le procureur Pinard, requérant sans relâche contre Flaubert, Baudelaire, Eugène Sue (excusez du peu !), et qui aujourd’hui poursuivrait sans doute, pour atteintes répétées aux bonnes mœurs et à la morale coraniques, les nouveaux résistants qui tentent de faire barrage, de la plume et du verbe, au déferlement mortifère de l’islamoperie conquérante et qui seront, demain, les nouveaux Compagnons de la Libération de la France.

J’en oublie, bien sûr, mais le caveau est vaste pour être virtuel et il peut en recevoir bien d’autres, au premier rang desquels l’actuel, le modèle, le patron de tous ces balbutiés de l’Histoire, leur somme et leur synthèse, celui contre lequel les Français garderont éternellement une dent, l’Embué de la République, le cardinal de Ruisselieu, l’homme aux semelles de pluie

On se souviendra de Mitterrand comme du président qui aimait les livres (et les femmes) ; on se rappellera Hollande comme celui qui méprisait le peuple (et les femmes).

Pendant que Philippe Bilger le défend avec fougue, évoquant un sarcasme privé sans conséquence (vices privés et vertus publiques…), François le Petit nous parle de sa relation intime, particulière, avec les plus pauvres, les plus humbles, les plus démunis. Mais nous n’en doutions pas ! Les riches, les puissants, les seigneurs (les saigneurs ?) et les maîtres ont toujours eu une relation d’une grande intensité avec les serfs, les vilains, la plèbe… Ils jettent la viande sous cellophane, indigne de leurs augustes mâchoires, et les pauvres la ramassent et s’en font un festin ; ils votent les lois de finances et les pauvres paient les impôts ; ils dirigent l’économie du pays et les pauvres vont à la mine en chantant : «  Merci patron, merci patron, quel plaisir de travailler pour vous, on est heureux comme des fous ! » ; ils digèrent à l’Assemblée ou pantouflent dans les ministères et le peuple des sans-dents a le droit de choisir, entre les deux ou trois candidats agréés par le régime, celui qui viendra laper la luxueuse gamelle de la République.

Je comprends que les riches aiment les pauvres ! Que deviendraient-ils sans eux ? Rares, Monsieur, très rares, comme les hommes sans les femmes, comme les élus sans les électeurs, comme les patrons sans les ouvriers ! Et qui, alors, pour payer leurs implants, leurs mets délicats, leurs coûteuses maîtresses ?

Le renard aussi a toujours eu une relation intime, privilégiée, charnelle… avec les occupantes du poulailler, et il ne laissera personne, sachez-le, remettre en cause le lien étroit qui les unit !

Ce que vous demandent les humbles, petit président, c’est le simple respect que vous leur devez, c’est au moins la reconnaissance du ventre, ce sont les égards dus au Peuple, seul légitime souverain d’un pays démocratique.

Que pouvez-vous faire, aujourd’hui, pour lui manifester enfin un tardif respect ? Une chose, une seule : partez ! Partez tout de suite, sans réfléchir, sans vous retourner ! Nous n’en pouvons plus de vous, nous ne vous supportons plus. Vous êtes en train de mettre à bas ce qu’il restait de notre pauvre pays après quarante années de destruction massive de tout ce qui faisait sa singularité, son identité profonde, ce génie particulier qui avait su, en d’autres temps, éclairer le monde.

Abdiquez, Monsieur, maintenant, sans conditions, pas même en faveur de votre fils Thomas, ce militant zélé de la théorie du genre qui n’existe pas. Cela ne rachètera rien, bien sûr, il est trop tard, mais au moins aurez-vous accompli, une fois dans votre existence, un acte authentiquement désintéressé. Grâce à cela, un soupçon d’élégance aura quand même passé dans votre vie…

Vous vous rendrez à Fontainebleau, bien sûr, pour vos adieux à tous les enturbannés du moment que vous avez si fidèlement servis, les cheikhs, les émirs, les rois de l’or noir qui rotent leurs pétrodollars dans tous les palaces de la Terre.

Là, sur la scène du théâtre Cheikh Khalifa Bin Zayed al Nahyane (!) de notre palais national, vous pourrez leur déclarer, la gorge nouée par l’émotion : « Puisque je ne peux pas lécher chacune de vos babouches, permettez-moi au moins d’embrasser votre drapeau ! » et vous irez serrer contre votre poitrine les oriflammes si chères à votre cœur du Qatar et des Émirats et, pourquoi pas, la bannière de l’État Islamique déjà à nos portes. Alors, les membres de l’assistance, tous nobles fils d’Allah et des hydrocarbures, ne manqueront pas de s’écrier en chœur : « Vive l’ampleur ! »

Ce sera beau comme l’antique, vous verrez, émouvant comme un rap de Diam’s, un point d’orgue, que dis-je, une consécration, l’acmé d’une prodigieuse carrière au service de… vous-même !

Mais surtout, ne vous avisez pas de revenir ! Vous partez directement pour Sainte-Hélène sans passer par l’île d’Elbe ; pour vous, pas de Cent-Jours : vous avez déjà fait vivre à la France tant d’avatars de Waterloo… sans jamais un seul 18 juin ! N’allez pas, petit président, vous prendre pour le petit caporal !

« Adieu, Monsieur le président,

Nous ne vous regretterons jamais,

Nous vous chassons de nos pensées,

Adieu, Monsieur le Président… »

Partez, François Hollande, partez vite, avant qu’il ne soit trop tard !

Raphaël Delahaut

Salut à vous, Cyrano, et à tous les Cadets de Gascogne !

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