Si on revotait maintenant, Hollande serait balayé dès le premier tour

Deux récents sondages nous apprennent que si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, Marine Le Pen se maintiendrait au second tour quel que soit le candidat UMP en lice, François Hollande étant balayé sans ménagement dès le premier tour. Ces résultats, que la presse bien pensante passe pratiquement sous silence, bien qu’ils soient annonciateurs d’un nouveau 21 avril pour le PS, appellent deux remarques.

D’une part, on comprend mieux la déclaration de François Hollande, qui dit ne pas vouloir se représenter si le chômage ne baisse pas d’ici 2017. Inutile en effet d’ajouter l’humiliation à son échec programmé ! Mais d’autre part, ces deux sondages confirment la solidité du vote FN après douze années de gestion calamiteuse, de droite comme de gauche, qui nous ont conduits dans le mur. Le constat est accablant : une dette abyssale dont les seuls intérêts engloutissent chaque année 2,5% de notre PIB, un chômage à ses plus hauts niveaux historiques, une insupportable soumission de nos élus à l’impérialisme bruxellois qui méprise les peuples, une insécurité galopante qui transforme nos banlieues en bande  de Gaza et une immigration incontrôlée qui se traduit maintenant par une éclosion généralisée de bidonvilles, y compris dans Paris. Un immense bond en arrière alors que nous avions éradiqué la misère à la fin des trente glorieuses.

Ajoutons à cela un profond malaise identitaire que nos élites hypocrites refusent de regarder en face et on comprend aisément pourquoi Marine Le Pen ne cesse de siphonner l’électorat de tout l’éventail politique, au grand dam d’un Mélenchon qui n’a toujours rien compris à ce qui se passe. La formidable ascension de Marine Le Pen est bien entendu le fruit de son travail de dédiabolisation du FN et de son courage face aux ayatollahs de la pensée unique, mais c’est aussi le résultat d’un incroyable aveuglement de toute la classe politique, incapable de comprendre le désarroi des Français qui ne reconnaissent plus leur pays, lequel subit à la fois les diktats de Bruxelles et une montée des communautarismes sans précédent. Entre l’indécent triomphalisme d’un Nicolas Sarkozy, qui pavoisait au lendemain des élections de 2007 en croyant naïvement avoir éradiqué le FN, et les éternels mensonges de la gauche soixante huitarde, qui persiste à nous vanter les mérites d’une société multiculturelle malgré l’échec flagrant de l’intégration, la classe politique n’a fait que s’enfoncer au fil des ans dans la négation des réalités et s’est totalement discréditée aux yeux des électeurs, dont les deux tiers jugent qu’il y a beaucoup trop d’immigrés en France.

On voit mal en effet, comment une immigration de déshérités non qualifiés pourrait encore être une chance pour la France, alors que nous sommes ruinés et que de plus en plus de jeunes ne se sentent pas français et rejettent nos valeurs. Nul n’est devin et personne ne saurait dire quel sera l’avenir politique de Marine Le Pen. Mais ceux qui lui font un procès en incompétence oublient une réalité incontournable, c’est que celle ci n’est aucunement responsable de la situation désastreuse que connaît notre pays puisqu’elle n’a jamais gouverné. Et nous verrons lors des élections européennes, scrutin équitable où la cuisine électorale est impossible, quel est le véritable poids du FN dans la France de 2014.

Jacques Guillemain

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