Si un chauffard écrasait des musulmans, ils nous joueraient Charleston ou Graz ?

Publié le 23 juin 2015 - par - 1 640 vues

Ri7askolovitch-fourestTrois cas.

Le premier. Mercredi 17 juin, à Charleston, aux Etats-Unis, Dylann Roof, un homme blanc de 21 ans, tue neuf Noirs dans une « église » née au temps de l’esclavage.

« Vous avez violé des femmes, et vous prenez le contrôle du pays. Je dois faire ce que j’ai à faire», aurait-il dit à ceux qu’il allait abattre. Il aurait ensuite lancé aux policiers qui l’interrogeaient qu’il voulait « déclarer une guerre raciale ».

Sur Internet, on le voit photographié avec le drapeau confédéré, celui des Sudistes durant la guerre de Sécession. Sur son profil Facebook, Dylann Roof (déjà s’appeler Dylan avec deux « n » !) apparaît vêtu d’un blouson sur lequel sont accrochés l’ancien drapeau de l’Afrique du Sud (un peu moins « gay » que l’actuel) et celui de la Rhodésie (devenue Zimbabwe dirigé par le très démocrate Robert Mugabe).

« Des photos à glacer le sang », pleurent les journaleux.

Roof dont le visage respire l’intelligence (pas du tout l’allure d’un déséquilibré avec sa moue de débile, son air bas du toit) est aussitôt estampillé raciste, suprémaciste blanc, terroriste. Son portrait est affiché par toutes les télés. Pas de débilité profonde en vue. Les journaux comme Libé et Le Monde sont à la fête.

Le deuxième cas, samedi 20 juin, à Graz, en Autriche, un homme de 26 ans fonce dans la foule au volant d’un 4×4 Daewoo Rexton. Trois morts dont un enfant de quatre ans, trente-quatre blessés dont dix dans un état grave.

Selon des témoins, le véhicule s’est engouffré à plus de 100 km/h dans la Herrengasse, une des principales artères piétonnières et commerçantes de la deuxième ville d’Autriche, fauchant les passants. Le « chauffard », écrivent les journaleux, aurait ensuite quitté son véhicule pour attaquer les piétons avec un couteau. Le directeur de la police régionale, Josef Klamminger, a tout de suite exclu « une piste terroriste ». 

Le gouverneur a évoqué l’acte d’un « déséquilibré mental ». Selon les premiers éléments de l’enquête, l’individu présente des symptômes de « psychose ». Le président de la République autrichienne, Heinz Fischer, s’est dit « profondément choqué » par « l’accident ».

Le champ lexical (comme on dit en cours de français) est intéressant : chauffard, déséquilibré mental, psychose, accident.

Libé et Le Monde ne se sont pas éternisés sur cette nouvelle. Dix lignes dans le journal de révérences. Sans spécifier que l’Autrichien est un Bosniaque musulman et donc, bien sûr, sans faire le rapprochement avec les propos d’Abou Mohammed al-Adnani, membre de l’Etat islamique qui demande aux croyants en Allah de frapper les incroyants à la tête avec une pierre, de les égorger avec un couteau, de les écraser avec des voitures…

Troisième cas.

Demain, un 4×4 de la marque Great Wall fond sur des adorateurs d’Allah et de son prophète en prière sur toute la largeur de la rue Jean-Jaurès à Montfermeil.

Après être descendu de son véhicule, le conducteur âgé de 25 ans insulte des femmes en niqab en les traitant de « Belphégor ».

Trois morts et quinze blessés.

Qu’écrire ? Que dire sur les chaînes d’informations ?

Charleston ou Graz ?

Acte raciste, islamophobe ? Ou chauffard, accident, déséquilibre mental ?

Les journaleux ne se posent pas longtemps la question.

Sur les chaînes d’infos, ils soulignent que la marque chinoise Great Wall du 4×4 utilisé par le « terroriste » ne doit rien au hasard. « Great Wall » signifie « Grande Muraille » que l’on peut aussi traduire par « Grand Mur » et ils font aussitôt le rapprochement avec le dernier livre publié par Riposte laïque, ce nid de laïcards islamophobes, « 2023, le Mur ».

Ils jettent que le tueur islamophobe a attendu le mois de ramadan pour commettre son forfait qui « glace le sang », mais que surtout il n’a pas choisi un Renault Kadjar parce que celui-ci, aurait-il confié à des amis, faisait trop « produit du métissage tant prôné par les islamistes culturels de la rue de Valois », comme l’a écrit Richard Millet sur son blog. Les journaleux n’oublient pas de signaler que l’homme avait presque certainement participé à « La manif pour tous ».

Le Président de la République s’adresse aussitôt au pays pour remercier « nos compatriotes musulmans qui ont su garder leur calme ». Madame Taubira, MM. Valls et Cazeneuve montent au créneau pour s’en prendre aux Français de souche qui n’existent pas. Dans la foulée, les journaleux interviewent tout ce qui porte une burka. Bourbakeur pleurniche et demande davantage de mosquées pour que plus un seul vrai croyant ne soit obligé de prier dans la rue.

Traitement merdiatique plutôt que traitement médiatique.

Ce n’est une surprise pour personne.

Marcus Graven

 

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