Si vous avez envie d’étrangler votre percepteur…

Publié le 20 février 2014 - par - 1 380 vues
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Si un jour vous deviez étrangler votre percepteur, votre avocat pourrait plaider la légitime défense pour vous éviter 30 ans à bronzer façon zèbre derrière des barreaux. L’idée est intéressante, vous avez simplement riposté avec une arme non disproportionnée puisque en l’occurrence la même. Mais je crains que ce système de défense soit faillible, aussi je vous propose une alternative qui va dans le sens du vivre ensemble et en particulier avec des fous.

Je tiens à préciser que je n’ai pas fait d’études de droit puisque j’en ai de moins en moins, que ce n’est pas l’avenir mais plutôt une espèce en voie de disparition. J’adopterai donc le concept « Folie » à grand coup de pulsions incontrôlées, d’enfance malheureuse et tutti-quanti. Dans ce cas, non content d’avoir étranglé mon percepteur mais aussi son ministre, je ne risque rien, pas de prison, pas même une amende puisque le percepteur dont il est question ici est parti rejoindre sa dernière demeure en embarquant mon compte en banque, je suis donc insolvable.

Que je vous explique : A Alençon, les avocats, dont le bâtonnier, ayant marre de se faire taper dessus demandent des parloirs vitrés avec hygiaphone dans les prisons parce qu’il y aurait quelques incontrôlables pulsionnels qui ne maîtrisent pas la force de leurs coups de poing. Ce à quoi répondent avec béatitude des avocats de Paris, je cite: Un acte de séparation serait méconnaitre les droits des personnes détenues et, parce qu’il est voulu par le Bâtonnier lui-même, il signifierait que les avocats admettent la violation des droits de celles-ci et ne les reconnaissent plus comme titulaires de ces droits.

Les avocats partagent et cultivent l’idée intempestive selon laquelle un être humain ne doit pas être défini par une qualité aussi incertaine que la dangerosité.

Défendre, c’est accompagner, ce qui implique de se tenir côte-à-côte.

Aujourd’hui, en notre qualité d’avocats intervenant régulièrement dans tous les établissements pénitentiaires de France, dont pour certains d’entre nous à Condé-sur-Sarthe, nous contestons la demande du Bâtonnier des avocats du barreau d’Alençon.

Nous ne pouvons concevoir de rencontrer nos clients dans un parloir sécurisé, derrière un hygiaphone, faisant porter une présomption de dangerosité sur toutes les personnes détenues, alors que des problématiques bien plus larges (conception architecturale d’établissements comme Condé-sur-Sarthe, longueur infinie des peines, personnes présentant des troubles psychiatriques dont la place ne peut être en détention…) devraient se trouver au cœur des préoccupations de tous les avocats et plus largement des citoyens ». Signé Réseau d’Avocats en Droit Pénitentiaire : Source

Donc si fou vous êtes, le constat est limpide, votre place n’est pas en prison et votre dangerosité n’est pas un critère. Non, votre place sera chez vous à regarder en HD les obsèques d’un ministre enterré sous 2000 milliards de dette mais vous aurez tout de même la servitude d’aller voir un psy tous les mois. Il suffira de le décapiter pour être tranquille comme ce fut le cas  ICI 

Si vous êtes néanmoins confiné dans une unité psychiatrique, vous aurez tout loisir de décapiter votre infirmière et votre aide-soignante et disposer leurs têtes de façon artistique sur l’écran de télé. Méthode radicale pour prouver que vous êtes fou récidiviste et que par conséquent votre place n’est pas en détention. Je n’invente rien, c’est ICI 

Hé oui ! Youpi, c’est un non lieu, donc acquitté, Yes !

Alors puisque la dangerosité n’est pas un critère, je suggère au réseau d’avocats parisiens en droit pénitentiaire de faire un stage ne serait-ce que d’une heure dans la cage d’un lion, d’en revenir si c’est possible et de présenter des excuses au bâtonnier d’Alençon.

Oh là ! 13H50 déjà ! J’allais oublier mon RDV avec mon percepteur. J’ai déjà des pulsions … C’est fou ça.

Philippe Legrand

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