S’il avait été moins stupide, Mélenchon serait à Matignon

melucheavoteJean-Luc Mélenchon est aujourd’hui un homme seul. Méprisé par le Parti socialiste, qui a rejeté son bras droit Corbière sur Paris, trahi par les communistes, qui ont préféré aller à la soupe à Paris et dans la moitié des grandes villes, il voit d’autre part, suprême affront, Hénin-Beaumont, où il s’est pris la veste de sa vie, en 2012, passer au premier tour des municipales dans l’escarcelle du Front national et de l’enfant du pays, Steeve Briois. Autrement dit, lui qui se dit le défenseur des travailleurs voit le monde du travail voter massivement pour le FN, qu’il continue à présenter comme un parti fasciste ! Et comme, avec le sens de l’amalgame qui le caractérise, il considère que Valls est proche du FN, il en tire les conclusions.

vallsdegagePourtant, le président de Parti de Gauche, qui a attendu 2008 pour quitter, après 31 ans de bons et loyaux services, le Parti socialiste, a eu son heure de gloire, lors de la présidentielle de 2012, attirant des foules nombreuses (de bobos et de fonctionnaires) dans ses meetings et manifestations. Mais qu’a-t-il fait de ses 11 % ? Il les a livrés à Hollande, dès le soir du premier tour, sans la moindre négociation ! Et c’est le PCF, qui serait resté à 1,5 % sans son talent, qui a raflé la mise, puisqu’aucun député Parti de gauche n’a été élu, alors que les communistes ont eu 15 députés ! Quel fiasco ! Est-ce que les conseillers de Mélenchon, les gauchistes Corbière et Delapierre, comprennent quelque chose à la stratégie ?

Mais c’est surtout au lendemain du référendum que Mélenchon a raté le cap, toujours à cause de ses stupides conseillers politiques. Il avait été l’homme de la campagne contre le non au TCE. Formidable tribun, il avait été décisif dans le basculement de pans entiers du parti socialiste, et le camouflet infligé à sa direction.

Or, là encore, qu’a-t-il fait ? Au congrès du PS qui a suivi, il s’est rallié à Fabius et a signé une synthèse où tout le monde s’est embrassé sur la bouche ! Première faute ! Mais surtout, il a été incapable, de peur de passer pour un facho, de demander la sortie de la France de l’Union européenne, ce qui était le seule réponse politique possible au raz-de-marée qui venait de se produire. Deuxième faute !

Encore plus grave, pour court-circuiter la montée de Besancenot, il a gauchi son discours, et a abandonné toute approche républicaine. Il a sombré dans l’écolo-socialisme, s’est mis à faire de l’anti-FN primaire, à réclamer la régularisation des clandestins, à s’opposer à toute expulsion d’immigrés en situation irrégulière, et à défendre l’islam.

Faut-il rappeler à Delapierre et à Corbière, responsables de cette trahison républicaine, qu’historiquement, le mouvement ouvrier a toujours défendu d’abord les ouvriers français, et combattu l’immigration, voulue par le patronat pour faire pression contre les ouvriers français et étrangers déjà présents. Faut-il lui rappeler les orientations de la CGT en 1922, des socialistes en 1931, les centaines de milliers de Polonais renvoyés dans leur pays, parce qu’il n’y avait plus de travail, et les propos de Marchais en 1981, demandant l’arrêt de l’immigration ?

Qu’a-t-il fait, lui qui se prétend laïque et républicain, contre l’islamisation des entreprises, les repas halal dans les cantines, les demandes d’accommodements raisonnables au nom de l’islam ? Rien, il s’est contenté d’insulter ceux qui essayaient d’y résister. Quand a-t-il eu un mot pour les travailleurs pauvres, et les retraités modestes, victimes au quotidien de ce que les bobos appellent les incivilités, et qui sont, dans les faits, de véritables agressions contre leur qualité de vie ? Jamais !

Le Front national était à la ramasse en 2007, lors des présidentielles. Il est intéressant de noter qu’il a commencé à remonter quand Marine Le Pen a adopté un discours laïque, républicain, ajouté aux propos habituels de son courant sur l’immigration et l’insécurité. La présidente du FN a su se ranger du côté des laïques, en protestant contre les prières musulmanes illégales et la progression du halal, quand Mélenchon défendait le cléricalisme musulman et réservait ses coups aux catholiques.

S’il avait su allier la question sociale, où il peut être excellent, avec la question républicaine et laïque, nul doute que c’est le Parti de Gauche, ce jour, et non le FN, qui serait à la tête d’une quinzaine de mairies, dont celle de Hénin-Beaumont et d’Hayange. On peut même penser que, fort de ce rapport de forces, offrant une véritable alternative de gauche au Parti socialiste européiste, exigeant la sortie de l’Union européenne, il aurait pu être appelé à Matignon.

Au lieu de cela, il ne lui reste que le Parlement européen, pour encore quelques semaines, et ensuite plus rien ! Et en plus, comme Georges Marchais trente ans plus tôt, il a commencé à être considéré comme un clown qui fait rire les gens, et est tombé dans le travers de la grossièreté, de la brutalité et du ridicule.

Valls, qui représente l’extrême droite libéral du Parti socialiste, est élu à Matignon, et c’est le Front national qui apparaît comme la seule alternative à l’UMPS, à qui Méluche continue de servir de voiture ballet.

A la place du camarade Mélenchon, je me poserais des questions, et je virerais des conseillers aussi nuls que Delapierre et le couple Corbière-Garrido. Mais n’est-il pas déjà trop tard ? Le train passe rarement deux fois, et le moins qu’on puisse dire est que Méluche, qui va avoir 63 ans, a raté le bon wagon !

Joël Locin

 

 

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