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Les socialistes immigrationnistes sont les enfants de Rousseau

Rousseau, philosophe patriotique genevois, auteur du Contrat Social
Rousseau, philosophe patriotique genevois, auteur du Contrat Social

«Ami du genre humain, ennemi de ses propres enfants ». Cette phrase si caractéristique de la mentalité occidentale actuelle est tirée d’un texte  intitulé Lettre à un membre de l’Assemblée Nationale sur la Révolution française et Rousseau. L’ auteur de cet écrit  est le philosophe et homme politique irlandais Edmund Burke (1729-1797).

Sans entrer dans les détails d’une pensée  profonde (malheureusement parfois contaminée par ce fléau qu’est l’antisémitisme), Burke, père du conservatisme, est un auteur à lire ou à relire tant son œuvre paraît actuelle et éclairante.

C’est donc de Rousseau qu’il s’agit lorsque Burke dit : «Ami du genre humain, ennemi de ses propres enfants .»

Comme l’a  écrit Burke en 1791 : « C’est en prenant […] Rousseau pour l’instituteur dans L’Éthique de la vanité, que l’on entreprit en France la régénération de la constitution morale du genre humain […]. Si vos maîtres ont recommandé un système d’éducation faux et théâtral, c’est parce que leur système de gouvernement est de la même nature […]. Comme les relations des pères et des enfants forment la première base des éléments de la morale commune et naturelle, ils érigent des statues à un homme ( J.J Rousseau) qui fait parade d’une sensibilité exquise et générale, mais qui en qualité de père s’est montré barbare et féroce, et qui a joint à la bassesse de l’esprit la dureté du cœur. Ami du genre humain, ennemi de ses propres enfants .»

Nous sommes aujourd’hui au coeur d’une idéologie néo-rousseauiste dans laquelle les États (occidentaux) ne protègent plus leurs citoyens, leurs « propres enfants », mais l’autre, quel qu’il soit et quoi qu’il fasse. Cet amour inconditionnel d’ autrui menant au sacrifice de ses propres enfants m’apparaît être la version moderne du culte offert au Moloch par les Ammonites, et que la Bible hébraïque dénonce avec vigueur.

Rousseau a aussi fait des émules avec l’idée (ou le mythe) du «bon sauvage». Ce «concept » qui est en fait plus exactement attribué originellement à Montaigne (bien qu’existant même avant lui) , n’en demeure pas moins un élément essentiel de l’héritage de la pensée de Rousseau quoi qu’on en dise (même s’ il est vrai que ce dernier n’ utilisa pas ce terme et que l’état de nature était plus pour lui une construction théorique).

En 1766, Voltaire, furieux contre ce «chiant-pot-la-perruque » (lettre à Mme du Deffand), s’attaque  à cette «tête sans cervelle » de Rousseau. Il écrit dans Lettre au docteur Pansophe : « Judicieux admirateur de la bêtise et de la brutalité des sauvages (…) Vous parlez docteur Pansophe, de la vertu des sauvages : il me semble pourtant qu’ils sont magis extra vitia quam cum virtutibus . Leur vertu est négative, elle consiste à n’avoir ni bons cuisiniers, ni bons musiciens, ni beaux meubles, ni luxe, etc. La vertu, voyez-vous , suppose des lumières [et] des réflexions .»

Nous vivons donc dans une époque néo-rousseauiste dans laquelle existe une admiration inconditionnée pour le «bon sauvage » : retour nostalgique au primitivisme.

Il existe donc une puissante tension dans la civilisation occidentale entre son attirance vers la modernité et la peur de cette même modernité quand cette dernière brouille certains repères.

Rousseau, justement, rejette le progrès et  stigmatise l’attirance pour les villes, l’industrie et même les arts qui condamneraient le «cultivateur à une vie de misère ». Étrangement, Rousseau et Burke se rejoignent sur l’idée d’ une opposition au progressisme . (1)

Dans Malaise dans la Culture (ou dans la civilisation, selon la traduction), Freud explique, avec son génie habituel, que « la culture est édifiée sur du renoncement pulsionnel », et qu’elle « présuppose précisément la non-satisfaction (répression, refoulement et quoi d’autre encore ?) de puissantes pulsions ».

Freud dit aussi que « beauté, propreté et ordre occupent manifestement une position particulière parmi les exigences de la culture. »

Les migrants venant d’ Afrique, du Moyen-Orient et d’ Asie du Sud sont devenus pour bon nombre d’ occidentaux  les modèles du «bon sauvage» que la culture, au sens freudien, n’a pas encore inhibée d’ un point de vue pulsionnel. Ces migrants souillant et vandalisant les trains et les lieux dans lesquels ils sont accueillis et – paroxysme ! –  agressant sexuellement les femmes européennes représentent aux yeux de leurs défenseurs la nostalgie d’ un monde pré-culturel ( pré-civilisationnel) .

La révolte contre la culture occidentale qui prône le renoncement pulsionnel individuel au profit d’une société évoluée (le remplacement de la puissance de l’individu par celle de la communauté est le pas décisif vers la culture, écrit Freud) est à nos yeux le ressort majeur de  l’intérêt croissant des occidentaux pour l’islam qui n’a pas fondamentalement évolué depuis sa création au VIIème siècle et dont les mœurs sont des plus primitives.

Il est intéressant de noter que l’un des monuments de la modernité  artistique se trouve être le mythique tableau de Picasso, Les Demoiselles d’Avignon (1907). Or, et c’est un paradoxe que nous devons relever avec force, cette œuvre phare et même fondatrice de l’art moderne  (tel qu’on entend ce terme dans l’histoire de l’art) , n’aurait pas existé sans l’ intérêt du co-fondateur du cubisme pour le primitivisme des arts africains que Picasso aimait tant observer au Musée d’Ethnographie du Trocadéro à Paris.

Paradoxe : l’un des symboles de la modernité en Europe est donc composée d’une influence primitive majeure !

Il existe donc une tension en Occident entre la volonté d’ un retour au primitivisme (dont l’écologisme est un rejeton évident), c’est à dire à une société pré-culturelle représentée par l’exotique «bon sauvage », et le progrès économique de type capitaliste voué aux gémonies par les adeptes du «don» et du «troc» tels que sont les altermondialistes et, par exemple,  les influents penseurs du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (MAUSS).

D’ailleurs est-ce un hasard si c’est de jungle que nous parlons quand nous évoquons les squatteurs de Calais ?

Frédéric Sroussi  

(1) Progrès technologiques et progrès sociétaux ne vont pas toujours de pair et une analyse plus détaillée du concept de «progrès » serait indispensable à une meilleure compréhension de notre société .