Sociologie électorale actuelle pour les présidentielles de 2012

Publié le 25 juillet 2011 - par - 1 281 vues
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Les sondages pour l’élection présidentielle de 2012 se suivent et se ressemblent plus ou moins. Evidemment, ils arrivent bien trop tôt pour donner un pronostic de victoire de tel ou telle. Néanmoins, ils sont riches d’enseignements sur la sociologie du corps électoral et de sa composition suivant les candidats.

Je prendrai comme exemple le dernier sondage présidentiel de l’Ifop, pour France-Soir (1). Je choisis cet exemple parce que c’est l’Ifop qui, parmi les différents sondeurs, nous donne des résultats extrêmement détaillés selon de nombreux critères de catégories de populations. L’essentiel n’est pas de classer les futurs candidats hypothétiques, mais de savoir quels sont actuellement leurs socles électoraux.

Les résultats complets du sondage sont consultables sur le site de l’Ifop : http://www.ifop.com/media/poll/1577-1-study_file.pdf

L’Ifop teste trois hypothèses pour le ou la candidate socialiste au premier tour : François Hollande (28%), Martine Aubry (25%) et Ségolène Royal (16%). Pour ne pas multiplier les tableaux et les chiffres, nous travailleront sur les moyennes de ces trois hypothèses.

Ecartons de l’étude les 6 candidats aux résultats très faibles, ceux qui feraient moins de 1% au premier tour. En effet, leurs scores sont trop faibles pour que la ventilation par catégorie soit significative. De plus ils se répartissent à peu près équitablement entre la droite et la gauche (2).

Il reste donc 8 candidats significatifs :
– Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) : 4,7%
– le candidat du Parti socialiste : 23,0% (c’est Ségolène Royal qui fait baisser la moyenne…)
– Eva Joly (Europe-écologie-les-Verts) : 7,8%
– François Bayrou (Mouvement démocrate) : 7,7%
– Dominique de Villepin (République solidaire) : 2,5% (c’est limite pour être ventilé…)
– Jean-Louis Borloo (Parti radical) : 8,0 %
– Nicolas Sarkozy (UMP) : 23,8%
– Marine Le Pen (FN) : 20,2%

Bien sûr, il ne s’agit pas de donner le tiercé pour le 22 avril 2011, puisque tout ça va bouger dans les mois à venir. Le principal sujet de notre étude n’est pas de savoir qui sera au second tour ; c’est de savoir qui vote pour qui. Et c’est là où les tableaux très détaillés de l’Ifop sont précieux, mais hélas fastidieux à lire et à interpréter. On est donc tenté de faire des graphiques pour cerner le profil de l’électeur de tel ou tel candidat. Cependant, il convient de comparer chaque ventilation d’un candidat à son score « moyen », afin de normaliser les tableaux. Ainsi, par exemple, si Marine Le Pen représente 43 à 44% du vote « ouvrier » et Jean-Luc Mélenchon 1 à 3% chez ces mêmes ouvriers, il faut « normaliser » ces chiffres par rapport à leurs scores moyens respectifs de 20,2% et 4,7%.

Donc après toute ces « normalisations », voici ce que peut donner le profil type des électeurs de chaque candidat sous forme de graphiques, bien plus parlants qu’une série de chiffres (3) :

Roger Heurtebise

(1) Sondage effectué du 19 au 21 juillet 2011 sur un échantillon de 948 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

(2) Il s’agit de :
– Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) : moins de 0,5%
– Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) : moins de 0,5%
– Jean-Pierre Chevènement (Mouvement républicain et citoyen) : 0,8%
– Frédéric Nihous (Chasse, pêche, nature et traditions) : moins de 0,5%
– Christine Boutin (Parti chrétien-démocrate) : 0,5%
– Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) : moins de 0,5%

(3) Pour chaque candidat, on n’a retenu que les 10 critères dont le score dépasse ou égale le score moyen du candidat. On a enlevé les critères « politiques » (proximité et votes précédents) qui feront l’objet d’une autre étude… très intéressante ! Et on a classé les critères dans l’ordre décroissant de leurs scores. On peut par exemple dire que Jean-Luc Mélenchon séduit surtout les retraités, Eva Joly les professions libérales et cadres supérieurs, Marine Le Pen les ouvriers, etc.

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