Solidarité et mutualisation sont inflationnistes par nature

Publié le 5 décembre 2017 - par - 6 commentaires - 360 vues
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Dans la vie normale, l’individu paie ce qu’il achète et il est libre de choisir ou de ne pas choisir. Mais ça, c’est la vie normale. La civilisation et, en particulier, le système français d’assurance sociale de 1945, conçu par de Gaulle pour amadouer les Communistes, a inventé la solidarité obligatoire, et le moyen de l’assurer, la mutualisation. Le principe est simple : on cotise et on est remboursé par la caisse auprès de laquelle on a cotisé. Seulement, si on maîtrise sa dépense dans la vie normale, on ne maîtrise plus sa cotisation dans la vie mutualisée. C’est donc la porte ouverte à tous les dérapages. Un exemple pour m’expliquer plus clairement. On choisit sa voiture, selon ses goûts et ses moyens, ce qui va, disons, de la Twingo à la Rolls. Mais pour les dépenses de santé, on cotise et le système de santé fait ce qui lui parait le mieux. Et le mieux, c’est forcément la Rolls. Le cotisant ne s’en aperçoit pas. Quels que soient les soins qu’il reçoit, sa cotisation est la même. Il va donc demander une Rolls. Et le système va la lui fournir car il aime mieux vendre des Rolls que des Twingo. Mais, dans ce système, chaque Français paie les Rolls que demandent tous les autres Français, au lieu de la simple Twingo. Donc il paie cent fois plus que si tout le monde roulait en Twingo.  Je ne schématise pas tellement…

Je suppose que le lecteur ne voit toujours pas où je veux en venir. En fait, cela m’est inspiré par une polémique qui court sur les réseaux sociaux à propos d’Alain Minc. Alain Minc trouve anormal qu’un service très pointu d’un grand hôpital ait consacré, en 15 jours, 100.000 Euros de soins pour prolonger, de quelques mois probablement, la vie de son père, qui a 102 ans, dont la vie n’est que souffrance et qui ne peut plus rien faire d’intéressant. Quel fils indigne, ce Minc ! Et l’article qui tourne sur les réseaux sociaux s’intitule, assez bêtement car il s‘agit plutôt de morale que d‘intelligence, « Un connard de plus ». Je ne suis pas particulièrement fan d’Alain Minc, mais je sais que pour se permettre de le traiter de connard, il faut déjà se lever de bonne heure. Et en l’occurrence, j’estime qu’il met le doigt sur un vrai problème… pour ne pas dire qu’il a tout simplement raison. Mais il va contre l’air du temps et ça, c’est mal vu !

Alors, si la société française avait consacré ces 100.000 Euros à former un jeune ? Je veux dire de préférence à un vrai métier, utile et productif. Je vais passer pour un cœur de pierre, mais je crois que notre société y aurait gagné…

Evidemment, ces quelques lignes m’ont été inspirées par notre système de santé. Mais on peut en dire autant, voire pire, de tout ce système de financements croisés, notamment celui qui préside au financement des investissements de nos collectivités, territoriales ou étatiques. En pratique, rien ne se fait sans la participation de beaucoup d’autres, qu’il s’agisse de la commune, des multiples organismes superposés de communautés de communes que la loi NOTRe a fait fleurir partout, des syndicats intercommunaux de X ou Y, des départements, des régions, de l’Etat, etc.  Je passe rapidement sur deux inconvénients sans incidence fiscale : la contribution à une soumission généralisée des élus locaux (mieux vaut élire un maire qui sera bien avec le conseiller départemental, qui lui-même devrait de préférence être bien avec la majorité départementale, la « communauté du pays X ou Y », le député, la région, et toute la chaîne des subventions ), et le temps perdu en palabres ( l’adage « Quand tout le monde s’occupe de tout, personne ne s’occupe de rien » résume assez bien la situation). Mais pour ce qui est des finances locales, les entreprises qui fournissent les équipements mutualisés se délectent de cette situation. Car elles savent qu’elles peuvent facturer énormément plus que ce qu’un acheteur individualisé et responsable accepterait de payer. Mais cet acheteur individualisé, qui n’existe pas et qui croit faire une bonne affaire en ne payant qu’une partie de ce qu’il achète, paiera aussi pour des équipements qui ne le concernent pas. Alors, si on en revenait un peu plus à la responsabilité ?

Eric Lhullier  

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Notifiez de
800

J’ai connu des assurés sociaux qui allaient passer une visite mensuelle, parce qu’ils y avaient droit, alors que c’était parfaitement inutile et qu’une visite annuelle aurait suffi.

Excellentissime !
La Mutualisation ? les Autres paient pour moi ! Même si je cotise, je suis assuré !
Pas responsable !
La Coopération ? On paie tous ensemble pour un but commun !
Responsables !

a minc, ce gars qui donne des leçons à tous mais qui a mis en faillite toutes les entreprises qu’il a dirigé;

Admettons. Mais sur le point précis dont il est question dans l’article, il a raison.

Absolument

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