Sommes-nous devenus une humanité surnuméraire ?

Publié le 15 janvier 2021 - par - 2 commentaires - 671 vues
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Suite au conseil d’un ami après la parution de mon article https://ripostelaique.com/pour-une-litterature-deratisee.html , je viens de terminer L’homme surnuméraire de Patrice Jean.

Dans ce roman, que l’on peut ranger tout près de Houellebecq et Roth dans sa bibliothèque, nous suivons non pas un mais deux hommes surnuméraires.

Le premier, Serge Le Chenadec, agent immobilier ventripotent, homme de la calvitie et de la platitude quotidienne, est laissé sur le bord de la route de l’existence par sa femme et ses deux enfants. Les adolescents sont cons comme la plupart des gamins de ce siècle, téléphone portable, jeux vidéo et courbe de leur popularité au collège. Claire, l’épouse va voir ailleurs, dans le milieu intellectuel des profs de fac beaux parleurs et baiseurs. Le Chenadec est un mari coincé entre deux époques, celle du patriarcat et celle du mec moderne et sympa qui fait la bouffe et la vaisselle. Il est le pauvre  type que sa famille n’admire plus, l’imbécile qui ramène le fric à la maison. Une aide-soignante, entr’aperçue durant les années lycée et revue chez ses parents, apparaît peu à peu comme la meilleure sortie de secours de cette vie sans amour et sans complicité.

Un autre roman est enchâssé dans l’histoire de Serge. Celui du second homme surnuméraire, Clément, un beau mec dont l’unique objectif est de figurer aux côtés de Lise Guillemet, la copine qui l’entretient. Elle lit L’homme surnuméraire de Patrice Horlaville, roman qui conte l’histoire désolante de… Serge Le Chenadec. Professeur de français, elle côtoie l’élite autoproclamée des savants en littérature dont le pédantisme – citer Bourdieu et Badiou – n’a qu’un seul but : mettre dans leur lit des jeunes filles, admiratrices naïves des grands hommes.

Parmi ceux-ci, Corvec, un universitaire à l’égo surdimensionné (comme toute la faune des sciences qui se prétendent humaines). Après l’intrusion de Corvec et son épouse dans l’existence de Clément et Lise, la vie amoureuse de ceux-ci se détériore. Les premières phrases dont « un couple ne se remet jamais » sont prononcées. Copain d’un éditeur, Corvec trouve un emploi à Clément, façon pour lui de faire admirer son plumage à Lise.

Clément qui n’envisageait ses jours que dans l’oisiveté – balade dans Paris, fantasme d’écriture d’un roman, lectures et films pornos – se sent obligé d’accepter. Il devient celui qui suture dans la collection Littérature humaniste, les passages supprimés par de hautes consciences morales et intellectuelles, toujours de gauche. Les lignes, les paragraphes, les pages obstinément homophobes, racistes, antisémites, grossophobes, islamophobes dans les œuvres du passé sont éliminés avec le sentiment d’élever l’humanité vers des hauteurs célestes. Dans la maison d’édition, on appelle cela “céliner”, du nom de l’auteur du Voyage au bout de la nuit. A l’arrivée, le roman de Louis-Ferdinand ne fait d’ailleurs plus que 20 pages au lieu de 600.

En 2017, date de parution du roman, Patrice Jean pensait “l’homme surnuméraire” en « surplus inutile que le capitalisme n’absorbait plus dans son déploiement mondialisé » et en vieux mâles blancs qui gâchent le paysage des féministes, des crétins arrogants, des élites progressistes belles parleuses et –  le cas Olivier Duhamel vient de nous le rappeler – moralement douteuses. Le roman se termine d’ailleurs par une partouze où les gens de la gauche intellectuelle s’en donne à “cul” joie. Dans ce dernier chapitre, les deux histoires se rencontrent : pendant que Clément gamahuche une jeune femme, Serge Le Chenadec les contemple un instant avant de fuir cette ennuyeuse partie de bites.

En 2021, les individus surnuméraires – ces hommes en trop – sans aucune valeur dans le monde du Great Reset, de confinement en confinement, de couvre-feu en couvre-feu, se sont multipliés. Comme Serge Le Chenadec, ils sont des classiques – pas des postmodernes – dans l’esprit des médias, des politicards, des universitaires. Autant dire, des hommes à négliger.

La “Davoscratie” a créé une humanité surnuméraire dont elle ne sait pas encore comment se débarrasser. Elle y réfléchit. Elle a déjà réussi à la soumettre, seringue à la main, chômage à la clé, verrouillage numérique universel, délation encouragée, suicide conseillé.

Étiqueter L’homme surnuméraire “coup de cœur” comme aiment le faire certains libraires, c’est lui faire injure. Il est bien plus que cela.

C’est un roman que tout Français lucide doit avoir lu. Ce qui l’interdit aux lecteurs de gauche, ces bonnes consciences risquent l’infarctus si elles le gardent trop longtemps entre les mains.

Patrice Jean est sans illusion sur la condition humaine contemporaine. Et c’est en cela qu’il nous fortifie dans notre combat contre le politiquement correct, la bien-pensance, les salopards qui nous gouvernent.

Rappelons-leur, avec un des personnages du roman, que les politicards sont des femmes de ménage que nous payons pour faire la poussière dans la cité, pas pour nous emmerder perpétuellement comme Macron et sa clique le font si bien.

Marcus Graven

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Notifiez de
zéphyrin

merci marcus…vous l’avez bien vendu. mon libraire va me le commander.

chouan

chouan
idem !

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