Sommet de la Zone euro: un accord en trompe l’oeil…

Publié le 25 juillet 2011 - par - 588 vues
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Nos élites bien pensantes se sont réunies jeudi 21 juillet 2011 une nouvelle fois à Bruxelles  pour tenter de sauver la Grèce d’un défaut de paiement  alors qu’en réalité la plupart des Etats de la zone euro se trouvent dans une situation financière catastrophique  sur le plan de leurs finances publiques.

Les dirigeants de la zone euro nous ont concocté une usine à gaz en nous faisant croire que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) devrait permettre aux pays en quasi faillite telles que la Grèce, le Portugal, L’Espagne, L’Irlande, de les aider à pouvoir  rembourser les prêts qui leur ont été consentis.

En réalité ce plan diabolique aura des répercussions sur les économies des pays en quasi faillite que l’on va contraindre à réduire leurs dépenses courantes et à instaurer des plans d’austérité qui risquent de conduire vers la récession au lieu de relancer la croissance indispensable pour faire rentrer des recettes fiscales et réduire leur dette publique et leur déficit public.

Le Fonds européen de stabilité financière est garanti par le budget de la commission européenne, c’est à dire in fine par tous les Etats de l’UE (pas uniquement ceux de l’Eurozone).

Ce fonds aura pour rôle d’intervenir financièrement auprès des pays de la zone euro en difficulté et de prévenir au mieux la dégradation financière d’un Etat.

Ce fonds pourra emprunter sur les marchés avec la garantie des Etats. Cela parait totalement surréaliste quant on sait que la plupart des Etats de la zone euro rencontrent des déficits abyssaux  qui ne semblent pas prêts de se résorber étant donné le faible taux de croissance qui prévaut dans les pays européens.

Les pays de la zone euro devront s’endetter encore plus pour doter le FESF de moyens financiers pour tenter de juguler la crise de la dette qui paralyse leurs économies respectives.

Etat d’endettement des pays de la zone euro :

Le champion d’Europe de la dette, en valeur, est…  l’Allemagne. Avec une dette publique qui s’élève à 2079 milliards d’euros, soit 83,2% de son PIB, l’économie la plus performante de la zone euro détrône l’Italie et devient le troisième pays le plus endetté du monde. Plombée par les plans de relance à l’économie votés en 2010 et par l’aide accordée aux pays en crise de la zone euro (qui représente 6 milliards d’euros pour la Grèce sur l’exercice 2010),  la dette publique allemande a bondi de près de 10 points de PIB par rapport à 2009.

Le podium des pays les plus endettés en valeur est complété par l’Italie, avec 1843 milliards d’euros de dette, et la France, avec 1591 milliards d’euros. Derrière, l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique et la Grèce complètent le tableau.

Mais ces chiffres prennent une autre dimension lorsqu’on les met en relation avec le PIB national. Ainsi, les statistiques d’Eurostat publiées ce mardi indiquent que quatorze Etats membres ont affiché un ratio de dette publique supérieur à 60% du PIB en 2010, le plafond maximum autorisé par l’Union européenne.

La dette publique de la Grèce, qui a bénéficié de l’aide de l’UE pour éviter la faillite et enchaîne les mesures d’austérité, s’envole à 142,8% du PIB, soit une progression de 15 points en un an. L’Italie est le seul autre pays de la zone euro dont la dette dépasse 100% du PIB (119%). La dette de la Belgique, engloutie dans une crise politique qui la prive de gouvernement depuis un an, représente 96,8% du PIB, et pourrait atteindre les 100% dès juillet. Suivent le Portugal (93%), l’Allemagne (83,2%) et la France (81,7%).

Tirée par ces mauvais élèves, la dette publique de la zone euro s’élève à 85,1% du PIB global, contre 79,3% il y a un an.

Voici le détail de ce plan de sauvetage de la Grèce qui ne parait pas très crédible si l’on se réfère à l’état d’endettement des pays de la zone euro :

Montant. Le montant de l’aide pour la Grèce est en discussion, mais un chiffre de 71 milliards d’euros de prêts nouveaux est évoqué. En tout, une aide de109 milliards d’euros de prêts qui viendront en comptant l’aide du Fonds monétaire international.

Prêts assouplis pour les pays en difficulté. La zone Euro compte allonger de 7 ans et demi à 15 ans au minimum la durée de ses prêts aux pays en difficulté comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal, et réduire le taux d’intérêt qu’elle leur demande de 4,5% à 3,5%.

Une contribution des créanciers privés. Les créanciers privés de la Grèce (banques, assurances, fonds de pension…) vont eux aussi participer à l’effort. Leur contribution n’est pas encore chiffrée, mais ils auront le choix entre se faire racheter leurs créances à un prix moindre ou échanger les obligations grecques contre d’autres titres à plus longue durée, jusqu’à 30 ans pour rééchelonner la dette. Les créanciers ne pourront donc pas retrouver une partie des sommes qui leur sont dues. 49,6 milliards d’euros devraient donc provenir du secteur privé. Mais à plus long terme, Nicolas Sarkozy a déclaré jeudi soir qu’ « au total, l’effort sera de 135 milliards d’euros » pour les seuls créanciers privés de la Grèce.

Ce que ne dit pas Monsieur Sarkozy c’est que le plan de «sauvetage» de la Grèce  augmentera la dette de la France de 15 milliards d’euros.

Pour autant, c’est le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui va verser ces sommes à Athènes. Pour cela, il va émettre des obligations notées AAA sur les marchés financiers.

Ce sont donc les investisseurs traditionnels, à savoir les banques et les assureurs, voire les Etats comme la Chine ou le Japon, qui vont en réalité prêter de l’argent à la Grèce. Cependant, si les titres émis par le FESF bénéficient de la meilleure notation possible, c’est parce qu’ils sont garantis par l’Allemagne, la France et autres pays de l’Euroland. En clair: si la Grèce fait défaut sur ces prêts, les pays engagés dans le FESF devront rembourser les créanciers.

Pour avoir une idée ce que représente les engagements des créanciers privés qui portent déjà dans leur bilan des dettes souveraines, il est important de se reporter au tableau ci-dessous pour comprendre qu’une nouvelle crise systémique du système bancaire n’est pas exclu si après la Grèce, un autre pays de la zone euro se retrouvait en défaut de paiement.

Un défaut de paiement certain. Si les créanciers privés ne récupèrent pas la totalité des sommes initialement dues, les agences de notation devraient donc considérer qu’il s’agit d’un défaut de paiement sélectif, ou partiel, de la Grèce. Ce qui veut clairement dire que les dirigeants européens reconnaissent qu’il est fort probable que la Grèce soit en défaut de paiement au final, tout en prévenant d’une situation « exceptionnelle » qui ne serait pas autorisée pour les autres pays en difficultés à l’avenir (Irlande et Portugal notamment).

D’après Nicolas Dupont Aignan « Le premier mensonge est de faire croire que l’euro n’a pas de responsabilité dans la crise de la dette. Elle proviendrait d’un excès de dépenses lié à la légèreté des dirigeants et des peuples. Il suffirait donc d’imposer l’austérité pour en sortir. C’est loin d’être aussi simple ! Si les gouvernants grecs ont manqué de sérieux, n’oublions pas que les Espagnols et les Irlandais étaient cités en exemple par la Commission européenne pour leur budget en équilibre.

En fait, c’est l’application d’un taux d’intérêt unique à des économies aux taux d’inflation différents qui a suscité des bulles d’endettement en Espagne, ou en Grèce. La crise de la dette provient aussi des déficits extérieurs des pays du Sud et de la France qui n’ont pas supporté la force de l’euro cher. Les exportations diminuent, les importations augmentent, les déficits extérieurs explosent, les entreprises délocalisent. En mai, la France a ainsi un déficit commercial de 7 milliards d’euros, égal à celui d’une année en 2004 ! C’est pire ailleurs. Au même moment, l’excédent commercial allemand augmente toujours. C’est ce qui arrive quand on impose une monnaie unique à des économies différentes. Les plus compétitives concentrent encore plus les richesses, les moins compétitives s’appauvrissent. »

Pour Marine Le Pen  « Le nouveau plan d’aide à la Grèce est une bonne nouvelle pour les marchés financiers, mais une très mauvaise nouvelle pour les contribuables français. Il sera extrêmement coûteux pour nos finances publiques. Il signe l’entêtement de la Caste dirigeante à vouloir sauver à tout prix un euro devenu synonyme d’endettement, chômage, et précarité. Il marque le mépris de la Caste pour la démocratie : les décisions sont prises dans le dos des peuples alors que c’est leur argent qu’on dépense.

Nicolas Sarkozy et la Caste ont effet décidé de jeter 109 nouveaux milliards d’euros d’argent public dans le trou sans fond de la dette grecque. 109 milliards qui ne régleront aucun problème, comme tous les autres milliards déjà versés.

109 milliards qui ne sauveront pas une zone euro déjà en faillite. 109 milliards qui viendront en partie alourdir la dette publique de la France, qui manqueront aux plus vulnérables d’entre nous, et qui demain se transformeront en hausse d’impôts pour les ménages français. »

Pour le mouvement ATTAC : «  La Banque centrale européenne, jusqu’à présent seule à pouvoir décharger les banques de ces créances douteuses, exigeait que l’Union européenne prenne le relais: elle a eu satisfaction. C’est donc une nouvelle étape de la socialisation des pertes, que les banques européennes auraient théoriquement dû prendre en charge pour avoir prêté de façon inconsidérée à des pays surendettés. Une socialisation par anticipation, à la différence de celle de 2008-2009 : brillante manière de tirer les leçons de la crise financière, puisqu’aujourd’hui les États déchargent les banques de leurs pertes avant même qu’elles ne soient réalisées !

Certes, l’accord européen prévoit une « participation volontaire » des banques privées sous la forme d’un renouvellement des prêts, d’un rééchelonnement (allongement de la durée du prêt) ou d’un rachat. Mais les spéculateurs ne s’y sont pas trompés : ce défaut sélectif et volontaire ne coûtera pas cher aux banques, dont les actions ont spectaculairement grimpé jeudi à Paris, Londres, Milan, Francfort, etc. Les pyromanes saluent ainsi le plan anti-incendie de la zone euro. »

D’après Jacques Sapir, il parait inévitable que se pose dans les mois qui viennent un éclatement de la zone euro, car les pays de la zone euro ne résisteront pas aux ajustements budgétaires qui leur sont imposés pour sauver l’Euro.

Jacques Sapir  a rédigé un document de travail en avril 2011 intitulé «  S’il faut sortir de l’Euro  » (1) dans lequel, il envisage que la France en prenne l’initiative. Je vous invite à prendre connaissance de ce rapport qui doit être connu du grand public, car il remet en cause les principes de la pensée unique et il nous offre une alternative au chaos annoncé si nous continuons à laisser nos dirigeants nous appauvrir et nous faire payer la facture de la crise d’un système capitaliste à bout de souffle.

En conclusion ce plan de sauvetage de la Grèce est de l’enfumage. C’est en définitive l’épargnant et ou le contribuable européen qui supportera l’essentiel des sacrifices, sans que cela apporte une once de croissance et permette de sortir la Grèce d’une faillite probable.

Pour donner un ordre de grandeur à ceux de vous Français qui ont de l’assurance vie, l’affaire grecque va diminuer le rendement de 1%, passant de 3,5% à 2,5% (sans compter la baisse de la valeur faciale, cf. point 2). Comme on va remettre le couvert avec l’Irlande et le Portugal, ça passe en gros à 0,5%. Et quand on va s’attaquer à l’Italie et à l’Espagne, vous pourrez dire adieu à vos économies pour votre retraite ou vos enfants.

Je terminerai par cette citation qui résume assez bien la situation de crise que nous vivons actuellement :

« Face à la crise financière qui, partie des Etats-Unis en août 2007, contamine la planète et l’économie entière, les détenteurs de gros patrimoines se tournent vers… l’Etat. Pour qu’il injecte des liquidités et éponge les dettes, et qu’il garantisse la pérennité des banques comme l’anglaise Northern Rock. Mais dès qu’il s’agit de réparer les dégâts sociaux, l’Etat-providence disparaît. Comme au XIXe siècle, les « barons voleurs », grâce à leurs appuis politiques, s’en sortent bien. » Howard Zinn – Au temps des « barons voleurs » Juin-Juillet 2008.

 

 

Fabrice LETAILLEUR

 

Voir son blog

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

 

 

 

 

(1) http://horizons.typepad.fr/files/sil-faut-vraiment-sortir-de-leuro-1.pdf

 

 

 

 

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