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Sortir du groupe sectaire d’une République totalitaire et défendons Ségolène Royal

L’agression de Ségolène royal pour ses propos doutant des événements en Ukraine est exemplaire d’un groupe sectaire au pouvoir. Nous assistons à une véritable dérive psychiatrique de notre société où les groupes humains sont malmenés par des élites qui visent leur asservissement, voire leur destruction sous l’emprise de théories eugénistes et nihilistes. Décryptons les stratégies de nos adversaires pour mieux les désamorcer. Il existe trois stratégies cumulatives à la constitution d’un groupe sectaire et nous devons nous employer à repérer comment les combattre efficacement.

Le groupe persécuteur

Nous y sommes et la très récente réaction d’une violence inouïe contre les doutes de Ségolène Royal concernant la réalité de certaines informations en Ukraine montre que le groupe se comporte en persécuteur violent. Il s’agit de faire taire immédiatement toute remise en cause du récit officiel et des thèses de la secte. Personne ne peut discuter, s’interroger et encore moins contester. La violence s’exerce donc quotidiennement pour enrégimenter le groupe et le soumettre au matraquage. Chaque personne qui introduit le début d’un doute doit être abattue. Voyez. Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. « Les crimes de guerre sont documentés, le nier est une insulte aux assassinés, aux violées, aux torturés ! Dire le contraire est de la propagande ! ». Le collectif Stand With Ukraine déposera plainte lundi contre Ségolène Royal annonce BFMTV.com : « La plainte est en train d’être rédigée, elle va être déposée lundi », a indiqué Aline Le Bail-Kremer, co-fondatrice du collectif. L’eurodéputé Raphaël Glucksmann dit : «Naufrage total». L’eurodéputé Nathalie Loiseau dit : « Je ne savais pas qu’on pouvait se vautrer aussi profondément dans l’immonde ». « Son négationnisme est révoltant ». Insulte, plainte, persécution, menace même, mais aucune réponse sur le fond évidemment.

L’impact est bien réel. Cette pratique obtient la passivité, la soumission et le renoncement à s’exprimer. Le climat est très anxiogène et paranoïaque avec la peur d’être dénoncé et jeté à la vindicte populaire. S’élever devient héroïque. Ces groupes sont dangereux pour leurs membres parce qu’ils conduisent à des comportements dépressifs et suicidaires. Les membres sont bien psychiquement persécutés. Ils ne prennent plus d’initiative, n’émettent plus d’avis. La vie en RDA, où chacun devait dénoncer les membres de sa famille si nécessaire, avait permis d’observer une société triste, désabusée sans espoir avec des taux de suicide élevé. Nous constatons la même chose comme le signale à juste titre Marie-Estelle Dupont sur les suicides des adolescents déprimés, ne pouvant plus vivre tout simplement. Certes, les tyrans-gourous de ces groupes règnent, mais ces collectifs s’effondrent progressivement dans l’inaction et le renoncement à faire et à être. Le désastre de l’Allemagne de l’Est nous guette.

L’expérience politique et sociale montre que la résistance est le moyen de renversement de cette persécution. Il faut des courageux, mais il faut aussi de la ruse pour diffuser, s’informer, se rassurer, se reconstruire ensemble dans la discrétion. La Pologne de Jaruzelski et la résistance de Solidarnosc sont des preuves d’espoirs. Au passage, résister à la persécution, c’est aussi s’appuyer, pour ceux qui le peuvent, sur une profondeur philosophique ou religieuse, un tempérament personnel et une joie de vivre à entretenir malgré l’adversité. Il faut soutenir les plus faibles et leur venir en aide. Les temps sont violents.

Dès que quelqu’un sort la tête, il faut le féliciter, le soutenir, l’encourager et nous avons aujourd’hui les moyens d’agir par les réseaux sociaux en particulier. Ségolène Royal mérite un soutien appuyé, un encouragement, un remerciement et des arguments pour rappeler les manipulations grossières des autres guerres et coup d’État fomentés par les Américains par exemple. Quelques souvenirs pour les amnésiques : la propagande de guerre dont elle parle est une réalité historique : l’opération AJAX de renversement du régime iranien en 1953 par la CIA et le MI16. Le soutien de la CIA au renversement d’Allende confirmé dans les années 2000, après une demande du Congrès. Le coup d’État au Guatemala orchestré en 1954 par la CIA et le géant agroalimentaire (UFC) United Fruit Company pour défendre ses intérêts. Et la manipulation des médias, n’ y revenons pas, nous les citions dans un récent article : massacre de Timisoara, maternité de Koweit City, etc. La recherche historique est indubitable sur ces histoires.

Le groupe manipulateur

Il s’agit sans cesse de créer des injonctions paradoxales qui paralysent les membres du groupe qui ne savent plus quoi faire. C’est la fameuse histoire de la maman offrant deux cravates à son fils. Celui-ci met la cravate jaune et laisse la rouge. Sa mère lui reproche immédiatement. Tu n’aimes pas la rouge, mon fils. Le fils est coupable dans tous les cas, quoi qu’il fasse. Il est enfermé dans la critique. Les propagandistes de la guerre en Ukraine ou de la crise sanitaire ont usé et abusé de la manipulation par la double contrainte.

Le but est bien d’asservir et de contrôler. Soutenir la guerre en Ukraine est un devoir démocratique alors que la démocratie européenne c’est la valeur de paix sur le continent. Et ne pas soutenir la guerre, c’est être un traître à la cause démocratique et être un soutien du diabolique Poutine. Dans les deux cas, l’injonction paradoxale détruit la cohérence de son jugement. La manipulation par injonction se signale toujours par un effet de distorsion, voire de dissociation mentale. Je me retrouve à soutenir la thèse contraire à mes convictions, à cause de mes convictions. Folie. Les spécialistes de la double contrainte indiquent bien que l’insinuation de ces antagonismes répétés entraînent une véritable pulsion autodestructrice. Je ne peux jamais faire plaisir à maman puisque je ne porte jamais ce qu’elle voudrait. Je ne suis pas digne d’elle, peut-être ne m’aime-t-elle plus, etc. Bref, la manipulation produit une mésestime de soi destructrice qui met chacun dans le groupe en grand danger là encore.

Pour s’en libérer, il faut renvoyer aux auteurs leurs propres contradictions, comme dans un miroir. Il faut contester la secte et ses leaders, leurs responsabilités et ne rien subir. C’est bien vous qui voulez la paix, donc pourquoi vouloir la guerre, expliquez-vous. C’est bien vous qui vouliez ruiner les Russes, or, comme l’explique avec humour F. Lenglet sur RMC (François Lenglet détruit la doxa occidentale sur le soi-disant effondrement économique de la Russie! – YouTube), ils s’enrichissent comme jamais et nous nous ruinons. Expliquez vos décisions, assumez vos responsabilités.  Il n’y pas plus d’électricité, mais c’est bien vous qui avez décidé de fermer les centrales comme le rappelle avec justesse le président d’EDF. Il faut briser l’autorité des leaders de la secte.

La véritable stratégie, mettre sans cesse l’interlocuteur face à ses contradictions. Vous dîtes noir et blanc, vous annoncez cela et il se produit l’inverse. Donc, sans polémique, simplement, citer l’autre, reprendre calmement ses propos, lui présenter et prendre les autres à témoin. Et dans nos échanges au sein des groupes dans lesquels nous discutons, rester factuel sur les propos, sans caricature ni jugement pour confronter nos amis influençables à la réalité des injonctions paradoxales qu’ils subissent.

Le groupe fusionnel ou massifié

Nous avons tous besoin d’estime et de reconnaissance. Tu as bien fait, je t’aime bien. C’était une bonne idée. La reconnaissance est une source de satisfaction et de motivation. Certains groupes jouent d’une stratégie de reconnaissance permanente avec cette pensée positive qui interdit à sa manière de sortir du rang. En effet, les raisons de la reconnaissance sont guidées par les préceptes de la secte et de ses leaders. En creux, l’absence de reconnaissance est une vexation, une sanction, une punition qui humilie et perturbe psychiquement celui qui est progressivement marginalisé, faute de se soumettre à ce qui lui permettrait d’obtenir la reconnaissance du groupe. Sous couvert d’une pratique positive, il s’agit d’exclure immédiatement toute dérive et écart à la fusion des pratiques massifiées au sein du groupe.

Dans les sociétés très collectivistes, cette pratique fusionnelle élimine les conduites personnelles et les initiatives. Elles produisent elles aussi un effet de défiance, de méfiance, de crainte de ne pas se conformer. Elles intimident et culpabilisent car le premier qui déroge est accusé de saborder le collectif, de jouer contre et il devient rapidement le bouc-émissaire, celui qui mérite de subir la violence du groupe contre cette brebis galeuse et contestataire.

Éviter la dérive des groupes fusionnels, c’est tout simplement interroger chacun sur les motifs de la reconnaissance. Pourquoi ne pas accepter que, c’est une bonne idée d’essayer cela. Face à une directive très restrictive des libertés d’agir au quotidien, il faut légitimer les libertés et surtout ne pas tomber dans le piège de leur opposition à la vie du groupe. Chacun peut avoir un moment personnel, des temps indépendants, des lectures libres, bref, la vie de chacun ne s’oppose pas à son affection pour le groupe. Nous vivons aujourd’hui une tentative d’emprise sur notre quotidien dont il faut librement se départir. Là encore, ne pas dire Je, mais suggérer à l’autre qu’il peut exercer des libertés. Tu peux, nous pouvons, c’est bien normal de, etc.

Toujours parler des autres, ne jamais parler des faits

Ces stratégies manipulatrices consistent à  éviter les faits et l’examen du réel pour sans cesse juger les personnes. Les propos contre Ségolène Royal en sont une preuve éclatante. Rien ne répond sur le fond. Tout est procès de la personne. Nous cumulons bien les pratiques d’un groupe persécuteur, manipulateur et fusionnel. Pourtant, les interrogations de Ségolène Royal sont légitimes. Ses réactions démontrent que le narratif ne supporte pas l’enquête. Donc, justement, enquêtons, posons des questions. Avez-vous les preuves que ? Pouvez-vous montrer que ? Soyons des détectives emmerdants comme ce bon vieil inspecteur Colombo de la série TV. Mais il faudrait sans doute aussi agir sur les fils de discussion des grands médias en posant toutes les questions dérangeantes, en exigeant que les journalistes de ces médias apportent des preuves, des faits documentés, vérifiés comme la déontologie de leur métier l’exige. Entrer en résistance, c’est peut-être là aussi trouver des modes d’action interpellatifs en agissant chez eux. Ce ne sont que quelques suggestions, et je sais que beaucoup s’y emploient déjà. Agissons.

Pierre-Antoine Pontoizeau