Soyez homme : lisez Laurent Obertone

Publié le 4 février 2015 - par - 215 vues
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obertonebigbrotherAmis de Riposte laïque et autres médias mal-pensants, si vous n’avez pas encore lu La France Big Brother, de Laurent Obertone, précipitez-vous pour l’acquérir. Je ne connais personne qui, ayant ouvert le livre, ne l’ait englouti d’une traite et recommandé aussitôt à son entourage.

Depuis des années, les médias nous bassinent avec des sociologues et des politologues issus de think tanks décérébrés dans le genre Terra Nova, de Sciences-Po reformatée Descoings, d’instituts de sondage bidons (« Yannick Noah, personnalité préférée des Français !»), de journaux aux mains de ploutocrates ou/et se gavant de subventions publiques Pédants, tranchants, se référant à leurs prébendes comme à des cautions intellectuelles, ces imposteurs n’ont jamais réussi à nous expliquer pourquoi la France est malade, affaiblie, bilieuse, et pourquoi tant de Français balancent entre le désespoir et la colère. Ils nous servent tous la même ragougnasse cuisinée par une même caste dirigeante dont ils sont les passe-plats. Plus personne ne leur prête la moindre attention. Mais on n’entend et on ne voit qu’eux et il nous est demandé de « faire avec ».

Et voici qu’un journaliste de trente ans nous livre un diagnostic particulièrement pointu sur les maux dont nous souffrons et nous expose leurs causes et leurs évolutions possibles avec intelligence et rigueur. Un travail si pertinent que, à peine paru, la caste des dominants l’a condamné à mort : par le silence médiatique (le même verdict avait frappé le précédent livre d’Obertone, La France Orange mécanique. Il s’est tout de même vendu, grâce à Internet et au bouche à oreille, à 200 000 exemplaires.)

Big Brother, le personnage de 1984, de George Orwell, tenait l’humanité  asservie, la surveillait à tout instant et la contrôlait. C’était une utopie. La France d’aujourd’hui est en train de réaliser cette utopie.

Big Brother, chez nous, aujourd’hui, c’est une bande, un gang de financiers, politiciens, hauts fonctionnaires, journalistes, intellectuels, associatifs, soudés par la jouissance de privilèges qu’ils se sont attribués au détriment du peuple. Le système fonctionne sur quelques idées simples, mais déclinées dans tous les secteurs de la vie humaine. Il s’agit de transformer l’homme naturel, pourvu d’instinct, de sensibilité, de conscience, de libre arbitre, en un animal domestique, soucieux seulement de complaire à son maître. Les recettes de base sont celles qui, à la fin du paléolithique, ont été appliquées pour fabriquer le chien à partir du loup. On s’assure de la bienveillance du sujet en lui procurant nourriture et confort, puis, usant de la récompense et de la punition, on lui demande de faire ce que veut son maître. Peu à peu, l’animal devient totalement dépendant ; il ne conçoit de vie que dans la dépendance. D’ailleurs il se sait incapable d’assumer les risques du loup dans la nature. Tout compte fait, il est très satisfait d’être devenu un chien.

Dans la période de dressage qui est encore la nôtre avant la mutation définitive, Big Brother utilise une large panoplie de moyens, comme déstabiliser le sujet en niant le réel, affirmer une chose et son contraire, inverser les valeurs les mieux établies (« le laid est le beau, puisque le maître le dit »)… Si le malheureux dominé ose contredire le maître, la punition arrive – et sous de multiples formes. Par exemple, il est injurié, rabaissé, culpabilisé (« Il critique l’islam. Donc il est raciste. Il devrait avoir honte ! »). Peu à peu, son instinct s’étiolera jusqu’à disparaître, il perdra la claire notion de ses repères : la nation, la famille, sa culture, tout ce qui faisait sa force et sa fierté, tout ce qui le protégeait des prédateurs ; il reniera celui qu’il a été et sera prêt à combattre ceux qui furent ses frères.

Obertone décortique le système avec une précision d’horloger suisse. Il ne nous épargne rien, et j’avoue que, parfois, je me suis senti accablé au spectacle de tant de désolation. Heureusement, l’usage que l’auteur fait de notre belle langue française m’a toujours emporté et m’a redonné du tonus : justesse des mots, élégance des phrases, du rythme, des trouvailles, bref un style. Car l’auteur, irréfutable analyste comme je l’ai dit, est aussi un magnifique écrivain. Certaines pages, sur l’art contemporain, le féminisme…, sont du nanan, tout comme les portraits de quelques grands serviteurs de Big Brother : François Hollande, BHL, Edwy Plenel…

J’attends avec impatience les tomes 2 et 3 que l’éditeur nous annonce. Le dernier doit paraître en janvier 2017. Jusque là, je me fixe de répéter comme des mantras le conseil donné par un des derniers rebelles recensé par l’auteur : « Cesse d’être foule et sois homme » et cet autre, tiré de la préface que l’excellent criminologue Xavier Raufer a rédigée pour ce grand, ce très grand livre : « Soyez implacable ».

René Marchand

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